Contre Toi, le deuxième long métrage de Lola Doillon

Après son premier film "Et toi, t'es sur qui ?", sorti en 2007, Lola Doillon, fille du réalisateur Jacques Doillon, remet le couvert avec Contre Toi en 2011
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Contre Toi, n'est autre qu'un huit clos construit autour du syndrome de Stockholm. Les protagonistes : Kristin Scott Thomas dans le rôle d'une obstétricienne et Poi Marmaï dans celui d'un veuf rongé par le désespoir. Un scénario qui semble d'emblée très intéressant et qui est amené par des acteurs de qualité.

Contre Toi ou tout contre toi

Le syndrome de Stockholm, est ce que l'on désigne comme étant l'étrange sympathie voire même empathie qu'un otage peut éprouver pour son ravisseur. Parfois même, un sentiment amoureux plus que confus peut faire surface. Il se crée un certain attachement, presque indéfinissable et surtout dérangeant entre les deux sujets. Contre Toi, décrit à sa manière et à travers un huis clos, la troublante relation qui survient entre une obstétricienne et son ravisseur qui la rend prisonnière, chez lui, dans une pièce aveugle.

Dés les premières séquences, le film se rembobine. Que s'est-il passé ? Qu'est-il arrivé à cette femme et pourquoi ? Anna se fait kidnapper par le mari d'une de ses patientes, décédée lors d'une intervention chirurgicale. Il la tient pour seule responsable et coupable de la mort de sa femme et n'a qu'une idée en tête face à son désarroi : se venger et lui faire payer ce malheur .

Victime et bourreau s'affrontent au fil des images et la réalisatrice cherche à mettre en avant une ambivalence dans les regards et les comportements de ces derniers. Mais pas assez nerveuse et sensuelle, la mise en scène demeure plate et insipide. Le film se précipite dans des peurs, des sentiments et des désirs déraisonnables.

Le désenchantement

On retrouve l'état de solitude de deux êtres égarés qui se rejoignent par la force d'un évènement commun, mais vécu de manière différente. Ces deux individus sont perdus et indécis mais il manque clairement quelque chose pour que la salle s'embrase et que le feu nous gagne.

Une fois qu'Anna réussit à s'enfuir, inévitablement ce bel homme ténébreux en colère lui manque. Elle ne parvient pas à reprendre sa vie et la confusion des sentiments s'en mêle, laissant place à une ambiguité bien perturbante. Le trouble des sentiments est palpable mais vraiment pas assez pour troubler le spectateur à son tour. Plongé dans l'intériorité d'un homme et d'une femme pris entre peur et compassion, la déception est fatale parce qu'on s'attend à plus, beaucoup plus. Le phénomène d'attraction-répulsion aurait pu gagner en profondeur et en intensité. Presque, on se dirait que le ravisseur n'est pas crédible et que le film perd toute saveur, si toutefois elle en avait effleurée.

Aucun effet de surprise, une platitude qui laisse indifférent, une attente trop forte, parce qu'avec un tel scénario et une Kristin Scott Thomas, on s'attend à une atmosphère tendue et extrême qui ne vient jamais. C'est dur, mais on s'ennuie.

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