Evert-Navratilova, le livre d'une rivalité

Chris Evert, Navratilova, deux championnes de tennis incomparables. La belle histoire de leur rivalité et de leur complicité est racontée dans un livre.
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Excellente initiative de la part de Johnette Howard d’avoir retracé le parcours de ces deux légendes du tennis: Chris Evert et Martina Navratilova. Le livre de cette journaliste est extrêmement détaillé et ponctué d’anecdotes croustillantes sur les dessous du tennis féminin de l’époque. Les différentes facettes de ces deux joueuses si différentes sur tous les plans (personnalité, physique, tactique de jeu) sont joliment décrites. Leur terrible rivalité, entremêlée en même temps d’une forte complicité, est sûrement une des plus belles de l’histoire du tennis et cela vaut la peine de se plonger dans cet ouvrage pour en découvrir les arcanes.

Un changement chez Navratilova

Au début, c’est Chris Evert qui domine totalement, ne laissant aucune chance à Navratilova. Jusqu’au jour où cette dernière, aidée de la basketteuse Lieberman, commencera à s’endurcir et à considérer Evert avec de nouveaux yeux. L’arrivée de la transexuelle Renée Richards, qui deviendra son entraîneur, continuera le travail. En plus d’un travail psychologique et physique, elle lui consolidera son fond de court et lui ajoutera un revers lifté. Viendront également s’ajouter un diététicien et des spécialistes de médecines douces. À ce moment là, Navratilova détiendra une force irrésistible détruisant complètement la mécanique d’Evert. À tel point que cette dernière en arrivera à perdre 13 matches d’affilée. "J’étais tellement nouée, avouera Evert, qu’au moment des points décisifs, j’étais une loque." Début 1984, Navratilova, aidée des conseils de l'ancien joueur Mike Estep, sera tellement forte que certains amis d’Evert l’inciteront à abandonner. Mais Evert tiendra bon et ne cèdera pas, aimant trop jouer et se mettre sur les rangs. Et quel prix il lui faudra payer pour revenir..

La rage de vaincre de Chris Evert

Elle finira, après bien des difficultés, par écouter les conseils de Ralston et de Lloyd et se décidera à attaquer beaucoup plus. Cette tactique se révèlera payante puisque c’est ainsi qu’elle parviendra à venir à bout de sa rivale. "Il était temps que tu me battes", lui lancera Navratilova et toutes deux éclateront de rire. Evert, alors âgée de 30 ans, jouait le tennis le plus accompli de sa carrière. En 1985, après sa victoire à l’US Open, elle reprendra la place de n°1 mondiale après plus de trois ans. Sa carrière s’arrêtera en 1989 après 80 matches et 60 finales contre Navratilova, le score tournant à l’avantage de sa rivale: 43 victoires.

Il restera de ces finales exceptionnelles de Grand Chlem l’image d’une Evert pleine de grâce et de féminité et d’une Navratilova nantie d’une grande puissance et si adroite à la volée.

Féminité d'un côté et homosexualité de l'autre

Côté vie privée, Navratilova, d’origine tchèque, une fois passée à l’Ouest, se retrouvera sans aucune famille et voyagera souvent avec une ménagerie de chiens et de chats. Six, pense t- on côté record. Pendant un certain temps, elle devra assumer avec courage le fait d’être seule car reconnue comme homosexuelle. Quant à Evert, elle aura une vie de femme épanouie. Et sa féminité restera à jamais dans les annales. Elle avouera d’ailleurs elle-même avoir poussé ce trait à l’extrême. "C’était probablement par compensation. Je pensais toujours que les femmes athlètes étaient bizarres et à l’époque je me détestais. Je me disais que je n’étais probablement pas une vraie femme."

Les Rivales de Johnette Howard - Éditions Buchet/Chastel

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