La garçonnière de Billy Wilder

Un film plein de messages qui met en valeur tout le talent de Jack Lemmon et de sa partenaire Shirley Mac Laine.

Un Jack Lemmon épatant

Quel don du burlesque chez Jack Lemmon qui joue de son faciès avec brio et qui joue parfaitement la comédie auprès de ses voisins. Sachant bien faire l'innocent, Il interprète Bud Baxter l'un des milliers d'employés de Consolidated life une grande firme d'assurances à New York. Coincé au sein d'un système plein d'arrivisme, de compromission, et plutôt gentil garçon, il prête son appartement à ses collègues. Ceux-ci se sont tous donné le mot et recoivent leurs maîtresses ne se gênant pas pour abuser. Si bien que Bud Baxter se retrouve souvent à la porte de son appartement. Jusqu'au jour où le soir de Noël, il retrouve dans son lit la jolie et douce Fran Kubelik ( Shirley Mac Laine )la demoiselle d'ascenseur pour qui il a le béguin. Celle-ci que de nombreux hommes convoitent couche avec le chef du personnel nommé Sheldrake ( Fred Mac Murray ) et a tenté de se suicider par desespoir d'amour. Une belle idylle entre ces deux êtres habités par la solitude finira par naître ..

Une critique acerbe du monde de l'entreprise américain

Ce film évoque le monde de l'entreprise américain des années 60 et Billy Wilder montre ici une vision sarcastique des rapports hiérarchiques. Il n'y a qu'à voir entres autres ces nombreux employés assimilés à des pions rivés à leur machine au sein d'une salle énorme. Un milieu bien impersonnel que nous révèle ici ce grand cinéaste. Tout ceci est mis en scène à l'aide d'un vaudeville léger et habile mêlant humour et ton badin. C'est tout à fait inattendu et amusant par exemple de voir Jack Lemmon se servir d'un tamis de raquette de tennis pour passer ses pâtes.. Quant à Shirley Mac Laine elle est également pleine de naturel et donne à son interprétation un côté pathétique. . Un bon film mêlant astucieusement la comédie et le drame et qui se termine de manière optimiste. Le fait de s'oublier dans un amour sincère est bien mis en valeur. La fin qui laisse filtrer de belles valeurs notamment le renoncement à une belle carrière par des moyens vils fait un peu oublier ce monde du travail où l'égoïsme est roi..Plusieurs oscars ont honoré ce film et c'est bien mérité..

En salle à partir du 11 juillet en version restaurée..

Agnès Figueras-Lenattier

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