La morphopsychologie

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La morphopsychologie

C’est le docteur Louis Corman dans son ouvrage paru en 1937 » La morphopsychologie » qui en définit les contours. Il a pu promouvoir la morphopsychologie grâce à sa connaissance de la loi biologique fondamentale découverte par le médecin lyonnais Claude Sigaud : la loi de dilatation rétraction. Le point de départ de cette théorie a été la distinction très familière des personnes grosses et maigres. En effet, Claude Sigaud a observé que les maladies n’évoluent pas de la même manière chez les gros et les maigres. Il en a alors conclu que ces morphologies corporelles opposées correspondent à des processus différents de défense contre les agressions du monde exterieur. Ainsi les gros qu’il appelle « dilatés » sont des hyposensibles aux réactions de défense médiocres. A l’inverse, les maigres « les rétractés » sont des hypersensibles aux réactions de défense vives qui les entraînent à refuser par la rétraction les éléments du milieu ressentis comme nocifs. Mais Claude Sigaud ne s’est intéressé qu’à la morphologie corporelle. Or Louis Corman qui pratiquait la physiognomonie planétaire, a eu comme sentiment que l’opposition « dilaté, rétracté » coincïdait très exactement avec l’opposition de Jupiter et Saturne. Il en a déduit que cette opposition correspondait à l’antagonisme de deux instincts primordiaux : l’instinct d’expansion et l’instinct de conservation. Et c’est à partie de cette constatation qu’est née la morphopsychologie fondée comme science. Celle-ci n’est pas statique mais dynamique. « On doit au contraire dit Louis Corman considérer toute forme comme étant en mouvement comme le résultat d’une poussée vitale qui issue des profondeurs s’affronte aux forces de l’environnement tantôt s’associant à celles-ci , tantôt s’y heurtant et les combattant. Le morphopsychologue est lui-même engagé dans ce mouvement vital qu’il étudie : il en éprouve l’action en lui-même et il ne peut l’apprécier chez les autres qu’en fonction de la manière dont il le ressent. On appelle intuition ce mode particulier de compréhension qui joue un rôle capital en morphopsychologie ».

L’influence de l’hérédité se manifeste dès la naissance d’une manière différente selon les individus. L’influence du milieu est également importante pour le développement en expansion ou en rétractation. Il existe des différences importantes entre l’homme et la femme. Le type morphologique de la femme est plus proche de la dilatation et celui de l’homme plus proche de la rétraction. Mais tout homme outre sa composante masculine dominante a une composante féminine et toute femme possède avec sa composante féminine dominante une composante masculine. La bisexualité est particulièrement fréquente à l’adolescence. Mais bien des transformations peuvent se produire et il ne faut pas conclure trop vite. C’est ainsi que l’on voit des adolescents très marqués de féminité acquérir ensuite une forte virilité et inversement.

Chez un homme, la composante féminine donne au caractère plus de sensibilité, une affectivité plus tendre, une compréhension plus intuitive. Chez la femme, la composante virile donne plus de combativité, un dynamisme plus ardent, et une certaine ambition, celle de s’accomplir dans une vie plus indépendante. On constate cela dans certaines professions notamment chez les comédiens. Chez les actrices par exemple ce sont des signes de virilité tels qu’un mandibule très tonique avec des angles bien marqués. Chez les acteurs notamment de westerns, on peut remarquer que la structure et l’expression de leur regard sont très souvent plus féminines que masculines. La composante féminine de l’homme se situe le

Plus souvent dans l’étage cérébral (yeux de Jean Gabin et d’Einstein) alors que la composante masculine se situe le plus fréquemment dans l’étage instinctif. Il est très fréquent que les artistes de sexe masculin aient dans leur visage des traits typiquement féminins. A noter que suivant une règle presque constante, un homme très marqué par une composante féminine est attiré par une femme ayant elle une composante virile. D’autre part il a été dit souvent que presque tous les hommes de génie ont une composante féminine bien marquée et de même pour les femmes ayant exercé une influence importante.

L’étude du visage doit être méthodique, et comporter l’étude du cadre du visage, de ses récepteurs sensoriels, de son modelé et de sa mimique expressive. Le cadre ou grand visage est un bâti osseux matelassé par deux muscles importants le temporal et le masseter et exprime la puissance de l’expansion vitale. Lorsque le cadre est étroit, amenuisé, indiquant de faibles réserves avec des récepteurs très développés, on parle de type réagissant. Lorsque le cadre est large avec d’abondantes réserves et de petits récepteurs on parle de type concentré car le défaut de réaction laisse le temps de se concentrer. On trouve rarement le type concentré dans la petite enfance. Les récepteurs sensoriels dont la réunion constitue ce qu’on appelle « le petit visage »sont spécialisés dans ce qu’on appelle les sens (sens visuel, olfactif, gustatif). Ils ont pour fonction principal d’assurer le mouvement et le contrôle des échanges. Le modelé est la surface de contour du visage au sens où l’entendent peintres et sculpteurs. Il est révélateur du mode de relation de l’organisme avec son environnement. Le modelé rond indique une large ouverture et une facile adaptation, le plat indique une fermeture au milieu par rétraction de défense. Entre ces extrêmes, les modelés ondulé et rétracté-bossué sont significatifs d’un équilibre entre les forces d’expansion et de conservation.

Les conclusions que l’on peut tirer de l’étude des visages se situe sur deux plans : le plan des structures fixes (surtout le bâti du grand visage) et le plan des structures mobiles (les récepteurs) avec en position intermédiaire le modelé qui peut varier d’une période de la vie à une autre. Laisse décomposer dans le sens transversal en deux hémifaces (une droite, une gauche) et dans le sens vertical en trois étages superposés. L’étude différenciée de ces trois étages fournit des indications précises sur le plan instinctif, affectif (étage moyen) et cérébral ( étage supérieur). Il est nécessaire aussi de tenir compte de la notion de tonicité qui est le degré d’activité des fonctions vitales. On passe progressivement de l’atonie du nouveau-né à la tonicité. La tonicité se distingue par deux signes essentiels : le premier est la structure ferme du modelé. Au fur et à mesure que la croissance se poursuit, le visage acquiert plus de fermeté dans ses contours. Le second réside dans le rapport des diamètres de hauteur et de largeur.

Psychologiquement, les sujets toniques se montrent de grands actifs et ne sont jamais fatigués. A l’inverse, les sujets atones préfèrent le repos à l’activité . Le degré de tonicité a aussi une influence importante sur l’exercice de l’intelligence. Une bonne tonicité engendre la capacité d’insérer ses idées dans l’action, de les réaliser. Au contraire,. l’atonie est peu favorable aux réalisations. La bonne valeur est souvent au milieu. Il existe une évolution suivant l’âge avec un passage progressif de la dilatation atone à la dilatation tonique et à la rétraction latérale dans la jeunesse.

Les types de prédominance dilatés et rétractés ont un équilibre précaire mais la plupart des hommes et des femmes sont des alliages de dilatation et de rétraction, des types mixtes. En tout cas, les grands hommes, ceux qui ont marqué de par leur originalité créatrice appartiennent tous à ces types mixtes. En eux, les antagonismes des tendances sont souvent poussés très loin. La personnalité type du dilaté : La différenciation la plus importante est fondée sur la tonicité : elle conduit à opposer les dilatés toniques et les dilatés atones. Chez eux tout trahit la dominante expansive (posture, gestes, voix). Ils ne peuvent retenir leurs émotions et devoir se taire est contraire à leur nature. Très gourmands, ils possèdent une forte sensualité. Leur instinct d’agressivité est peu développé. Sans intention méchante, ils se montrent souvent grossiers et sans-gêne. Hommes de famille, ils se marient de bonne heure. On dit souvent d’eux « Loin des yeux, loin du cœur ».. Ce sont des bricoleurs adroits de leus mains. Leur savoir s’étale volontiers sur de nombreux sujets, au contraire des rétractés qui préfèrent se concentrer sur un seul sujet.

Les rétractés ? Selon le degré de rétraction on peut distinguer trois variétés principales de rétractés toniques : les rétractés latéraux, les rétractés de front et les rétractés amenuisés. Elle est fréquente chez les sportifs. Leur cadre est plus irrégulier que celui des dilatés. L’expression du visage au lieu d’être détendue et souriante comme chez les dilatés est sérieuse, tendue, voire crispée. L’humeur est d’ordinaire triste, et la joie de vivre habituelle aux dilatés fait ici défaut. Les enfants rétractés résistent mieux aux maladies graves, aux épidémies que les dilatés. Ils s’épanouissent dans l’intimité, alors qu’en public ils portent un masque qui les dissimule. Souvent sur la défensive, ils ne savent pas comment se tenir. Gauches et maladroits, ils ne savent que faire de leurs mains. La pudeur, la retenue font souvent obstacle à la libre expression du désir. Difficiles dans leur choix en amitié comme en amour, ils n’ont qu’un petit nombre d’amis et ne se plaisent qu’en petits groupes. Ils ne percoivent et ne retiennent que ce qui les intéresse..

Louis Corman raconte qu’en tant que psychiatre, il a pu grâce à cette connaissance pénétrer la psychologie des malades mentaux et les facteurs constitutionnels de leur inadaptation. Il a pu également approfondir sa connaissance des enfants. Aujourd’hui, de nombreuses personnes du milieu médical (médecins, kiné, infirmières, orthophonistes ) l’utilisent. C’est aussi un bon moyen de mieux se connaître, et de mieux communiquer avec les autres..

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