Yi Jing et tarots: de l'art divinatoire à la découverte de soi

Souvent consultés en état de doutes et de crises, ces deux outils ouvrent, si l'on y est prêt, le chemin vers la connaissance de soi.

Le Yi Jing et les tarots sont deux outils qualifiés d'art divinatoire, et dont l'objet n'est pourtant pas de prédire l'avenir mais d'aider à prendre des décisions.

Yi Jing et Tarots: deux supports différents pour un usage commun

A certains moments de notre vie, nous nous posons tous des questions fondamentales sur l'orientation que nous souhaitons y donner, que ce soit sur le plan professionnel, social, ou intime.

Ceux qui connaissent le tarot ou le yi jing font alors souvent appel à des consultants pour les aider à y voir plus clair et à prendre leur décision. De là à assimiler ces arts à de la divination, il n’y a qu’un pas, que certains consultants franchissent d’ailleurs. Pourtant, ces deux outils sont puissants et précieux, non pas tant par ce qu’ils nous disent de faire, mais par ce qu’ils nous apprennent sur nous-même.

La lecture de tarots: la projection de son état intérieur

Il ne s’agit pas du jeu de tarot, bien-sûr, mais du mal nommé «tarot divinatoire», le plus connu étant le tarot de Marseille. Bien souvent, et selon les tarologues, les tirages se font avec les 22 arcanes majeures, pour la simple raison qu’elles contiennent les quatre dimensions des arcanes mineures (denier, bâton, épée et coupe) et sont donc très riches.

Le tarot a plusieurs avantages: tout d’abord, les tirages qu’on peut employer sont variés et permettent donc de répondre de façon visuelle à tout type de question: on peut utiliser un tirage du choix lorsqu’on hésite entre deux options, un tirage en croix , un tirage à trois cartes, voire pour les plus expérimentés des tarologues, des portraits qui utilisent les 22 arcanes.

Ensuite, les cartes sont parlantes pour tous; il est intéressant que celui qui consulte puisse exprimer ce qu’une carte évoque pour lui. Pour certains, un personnage sera bienveillant, pour un autre sournois, pour un troisième, distrait… Un tirage est personnel, unique et donne une photo d’une situation à un instant précis; il n’appartient qu’à soi, c’est donc en soi-même qu’on trouve les clés de lecture. Il est une invitation à l’introspection, à la réflexion et donne des éclairages plus larges et plus profonds sur sa problématique.

Le tarot de Marseille de Jodorowsky , par exemple, permet d’aller très loin puisqu’il met en lumière l’aspect généalogique de la personne; il peut parfois lever des blocages profonds sur des scenarii répétitifs de sa vie, en zoomant sur ses relations avec son père, sa mère, ses frères et sœurs.

Pour autant, le tarot n’a pas vocation à dicter une conduite, et le tarologue doit toujours veiller à ne pas prendre le pouvoir sur ses clients, en incitant à choisir une voie plutôt qu’une autre. Le tarot est un outil de responsabilisation et lorsqu’on l’interroge, mieux vaut ne pas s’en remettre à lui comme à un gourou. Ce n’est pas son but.

Les tirages de Yi Jing: la lecture de son environnement énergétique

Le Yi Jing est un outil chinois. On ne lit pas de cartes, mais on jette des pièces pour faire apparaître un hexagramme, riche d’enseignements sur le sujet abordé et sur soi-même. Il s’agit bien de la même chose que le tarot mais avec un regard et un langage taoïstes, qui intègrent donc des notions de Qi , et où les aspects temporels et spatiaux sont très présents.

«Vous êtes-vous posés la bonne question?». Le Yi Jing a cette capacité entêtante et agaçante de nous renvoyer sur le vrai problème: je veux changer de travail. Oui, mais pourquoi? Parce qu’il ne me plaît pas. Oui, mais pourquoi? A force de pourquoi, on découvre des raisons tout autres que celles évoquées au départ en conscience.

Alors qu’avec le tarot, la question peut être assez libre et vaste, voire à caractère divinatoire («vais-je trouver du travail?», «vais-je rencontrer quelqu’un?»), le choix de la question en Yi Jing est déterminant si l’on veut une réponse pertinente. Le consultant Yi Jing doit donc prendre le temps de bien cerner la question derrière la question. Par exemple, si une personne veut changer de région, il est utile de lui faire prendre conscience que partir pour trouver une meilleure qualité de vie, pour fuir son milieu actuel ou pour suivre quelqu’un sont trois démarches très différentes, et le désir profond n’est pas le même non plus.

Parfois le désir d’obtenir quelque chose est une attitude tournée vers un but, qui une fois atteint, peut laisser la personne vide et insatisfaite. Ce désir est une quête de remplir son existence et ne nourrit pas. Avant d’y mettre toute son énergie, la vision taoïste conseille de voir ce qui peut satisfaire profondément la personne et comment y parvenir. Cette démarche est particulièrement utile dans notre société actuelle où l’on cherche à l’extérieur de quoi se satisfaire intérieurement et où l’on est sans cesse sollicité par une abondance de choix qui brouille notre capacité de discernement sur nos envies réelles.

Dans tous les cas, Yi Jing et tarots ont une démarche d’introspection similaire et ont l’objectif de nous inciter à trouver en nous non pas forcément les bonnes réponses mais avant tout les bonnes questions. Une fois que la question est juste, 90% du problème est résolu.

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