Le retour de la Belgique sur la carte du football

Emblème du Royaume et d'unité, l'équipe Belge de football renoue avec ses valeurs, et avec un mot qui avait disparu de son vocabulaire: la gagne.
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Avec la disparition inquiétante des Diables rouges de la scène footballistique internationale et le penchant suicidaire de ses clubs, on se demandait presque si la Belgique n’allait pas être rayée de la carte du football.

A l’image de la grave crise politico-identitaire qui a secoué le pays pendant dix huit mois, la situation de la sélection nationale semble s’être stabilisée. Car ces dernières années, les Diables rouges, ont traversé une série d'échecs sans précédent.

De culture foot

En Belgique, le football est une affaire culturelle, qui s’élève au-delà des clivages communautaires, et des crises successives qui tourmentent traditionnellement le pays. En ces temps politiques contrariés, le football reste un domaine dans lequel les vélléités séparatistes n’ont aucune prise. Symbole d’unité par excellence, les Diables rouges ont toujours fait consensus. Mais la culture de l’échec cultivée depuis le début des années 2000 avec un Euro à domicile raté et la désillusion lors du mondial 2002, a considérablement changé la perception de l‘équipe. Et sa légitimité autrefois inaltérable en a pris un coup.

La tentation est alors grande pour les supporteurs de se réfugier dans la nostalgie des exploits passés. Comme le temps doit leur sembler long depuis l‘épopée du mondial mexicain et sa génération de joueurs exceptionnels: Scifo, Ceulemans, Clasens.  Vingt- six ans après avoir accroché la quatrième place de la compétition, les ombres de " la génération 86 " planent toujours au-dessus du footb all belge.

Depuis le mondial 2002 et son élimination hasardeuse et brutale en huitième de finale face au Brésil, avec un but refusé de l’excellent Marc Wilmots, -et pourtant tout à fait valable-, plus aucune trace de la Belgique n’a été détectée dans les grandes compétitions internationales.

La valse des entraîneurs

En revanche, si la présence de la Belgique à la Coupe du monde ou à l’Euro fait cruellement défaut, les Diables rouges peuvent toutefois se targuer de leur participation au tournoi des chaises musicales. Entre 2002 et 2012, pas moins de cinq entraîneurs se sont succédés au chevet de l’équipe: Anthuenis, Vandereycken, Vercauteren, Leekens, mais ce sera un échec dans les campagnes de qualification.

En octobre 2009, le technicien néerlandais Dick Advocaat met les pieds dans le plat pays. Mais sa venue suscite un espoir aussi court que la tentative de formation d’un gouvernement d’Yves Leterme. Six mois plus tard Advocaat rejoint l’équipe nationale de Russie, trahissant au passage les ambitions de l’Union belge, et des supporteurs.

La Renaissance, la période des Temps moderne signé Marc Wilmots

En mars 2012, l’arrivée d’un des joueurs les plus capés du football belge, Marc Wilmots sonne le glas de dix années de faux espoirs, de crises et d’échecs en tout genre, et signe le retour en grâce de la Belgique sur le front du football mondial. La sélection renoue enfin avec le succès dans la course à la qualification de la Coupe du monde 2014.

Avec un match nul et trois victoires, dont un succès significatif en Serbie, la Belgique est en tête d’un groupe difficile composé de l’Ecosse, la Croatie, le Pays de Galles et la Serbie.

Par son expérience et son aura, Marc Wilmots semble avoir redonné la motivation et la confiance nécessaire à ses joueurs pour retrouver la voie du succès. Cette réussite s’explique également par cette nouvelle génération de joueurs qui a émergé lors du tournoi olympique de football à Pékin en 2008. Fers de lance de cette génération prometteuse, les joueurs tels que Eden Hazard, Marouane Fellaini, Vincent Kompany ou Christian Benteke sont aujourd’hui devenus les gages de crédibilité et de respectabilité dont la Belgique avait tant besoin.

Vous n’aurez pas la Wallonie ni Eden Hazard

Avec le renouveau de son football et de ses Diables rouges, ciment d'une unité fragile, la fin de la Belgique n’aura donc pas lieu. Il faudra donc encore attendre avant que la Wallonie ne rejoigne la France et nous fasse grâce de sa production de footballeurs exceptionnels.

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