Cinq Cubains prisonniers politiques aux Etats-Unis

Cinq ressortissants cubains sont actuellement détenus pour espionnage aux Etats-Unis. Ils ne cessent depuis 12 ans de clamer leur innocence.

Cinq cubains, Gerardo Hernandez Nordelo, Ramon Labanino Salazar, Antonio Guerrero Rodriguez, Fernando Gonzalez Llort et René Gonzalez Schwerert, sont emprisonnés depuis 12 ans aux Etats-Unis.

Des juristes américains, ainsi que 10 prix Nobel, dont Gunter Grass et Rigoberta Manchu, des centaines d’intellectuels de par le monde, des parlementaires anglais, le dramaturge Harold Pinter, soutiennent ou ont soutenu ces cinq cubains.

La cour suprême de justice des Etats-Unis a refusé de réviser le procès qui les avait envoyés en prison.

Actuellement des demandes, issues de divers pays, arrivent à la Maison Blanche, pour demander au président Obama leur libération sans délai. Sans résultat...

Du terrorisme anti-castriste à l'espionnage anti-yankee

Le 12 septembre 1998, le FBI avait arrêté les cinq cubains.

Ces cinq hommes avaient été envoyés aux Etats-Unis pour essayer de découvrir les auteurs d’expéditions terroristes vers Cuba, menées par des groupes para-militaires d’exilés anti-castristes à Miami, lieu de regroupement de bon nombre d’exilés cubains.

Ces attentats avaient fait près de 2000 morts et des dommages très importants sur des installations touristiques, des aéroports cubains.

Luis Posada Carriles et Orlando Bosch, coupables du sabotage d’un avion civil en plein vol qui fit 73 morts, sont, à ce jour, toujours impunis.

Dès juin 1998, la sécurité cubaine avait transmis aux Etats-Unis, pour qu’ils agissent, un dossier exhaustif sur les activités terroristes menées contre Cuba depuis le sol américain.

Lors de leur arrestation, les cinq cubains sont qualifiés d’espions. De cellules disciplinaires en unités spéciales d’isolement (en violation des règlements pénitentiaires américains), ils attendent l’ouverture de leur procès le 6 décembre 2000.

Un procès à charge

Ce procès durera 7 mois, et se déroulera en 103 séances. Ils sont accusés d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale américaine, d’avoir conspiré pour commettre des assassinats, d’avoir utilisé des faux papiers, de ne pas avoir respecté l’obligation de se déclarer agents étrangers.

Pourtant aucune violence, aucune destruction n’ont été perpétrées par eux.

Le 30 avril 2001, le Ministère Public américain indique qu’il n’a pas de témoin avalisant la thèse de l’atteinte à la sécurité nationale.

Le 8 juin, le jury, dont avaient été exclus la majorité des jurés afro-américains potentiels, déclare les cinq cubains tous coupables.

Les cinq avaient adressé un message au peuple américain, dans lequel ils expliquaient leur lutte contre le terrorisme.

Le 10 décembre, le verdict tombe, les peines sont lourdes. Hernandez Nordello: détention à vie; Labanino Salazar et Antonio Guerrero Rodriguez: perpétuité; Fernando Gonzalez et Gonzalez Schwerert: respectivement 19 et 15 ans de prison.

Dix années interminables

Les cinq condamnés sont répartis dans des prisons éloignées. Le 12 novembre 2002, Léonard Weinglass, avocat américain, plaide pour un nouveau procès hors de Miami.

Le 3 mars 2004, un grand article est publié dans le N ew York Times , présentant l’état exact de la situation des cinq cubains.

Le 9 août 2005, la cour d’Appel d’Atlanta annule le verdict de Miami. Un nouveau procès aura lieu.

En juin 2008, la cour d’Appel d’Atlanta constate qu’aucun délit contre la sécurité nationale américaine n’a été commis.

Un contre-amiral, un général de division de l’armée de terre, un ancien chef du commandement sud, un général de corps aérien n’ont rien trouvé qui représente, de la part des cinq, la recherche d’informations secrètes ou portant atteinte à la sécurité.

Le 13 octobre 2008, Guerrero Rodriguez voit sa condamnation à perpétuité commuée en une peine de 21 ans. Le 8 décembre, Labanino Salazar passe de perpétuité à 30 ans d’emprisonnement, Fernando Gonzalez, de 19 ans à 17 ans; Gonzalez Schwerert et Hernandez Nordello n’ont pas de nouveau jugement.

Et la vie continue... A l"aéroport José Marti de la Havane, une grande affiche présente les "5" et leur combat à tous ceux qui visitent la Grande Ile.

Un roman vrai pour une libération

En octobre 2010, Maurice Lemoine ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique publie, aux Editions Don Quichotte Les Cinq Cubains de Miami , un talentueux essai, très documenté, afin de faire prendre conscience au grand public du drame de ces cinq hommes.

Les femmes de Gonzalez Schwerert et Hernandez Nordello, Olga Salanueva et Adriana Perez, de passage à Paris pour parler de leurs maris ont salué l'œuvre dont elles espèrent beaucoup pour faire connaître l'injustice.

Sur le même sujet