La mondialisation capitaliste

La mondialisation est capitaliste. Avec des politiques diverses qui vont du socialisme dollarisé de H.Chavez, au néolibéralisme colombien.

Dans les années 20, puis 30, puis 40, 60 et 80, de nombreux analystes annonçaient la fin du capitalisme.

Aujourd'hui, en 2010, en Amérique latine, des pays commémorent les bicentenaires de leur libération de la tutelle espagnole ou portugaise (en Bolivie, Vénézuela, Mexique, Chili, Equateur, Pérou, Argentine, Colombie).

L'esprit colonialiste est dénoncé, l'européocentrisme est montré du doigt, avec sa kyrielle d'analyses qui veulent toutes trouver les solutions des problèmes en suivant le modèle de développement européen et anglo-saxon.

Vues de loin, des expériences politiques en Afrique et en Asie donnent l'impression d'une remise en cause de la toute puissance de ce modèle, que certains continuent d'appeler impérialiste, porté par l'Europe, les Etats Unis et le Japon.

Or, si l'analyste y regarde de plus près, il s'aperçoit que les gouvernements en question sont plus ou moins anti-capitalistes, plus ou moins anti-impérialistes dans la rhétorique, dénonçant la mondialisation capitaliste et les oligopoles financiers, dans une analyse empruntée au marxisme le plus classique.

Mais dans la réalité économique, qu'on le loue ou qu'on le déplore, le monde tourne autour du capitalisme contrôlé, plus ou moins bien assumé, tempéré ou non, avec des variantes nationales.

Le Brésil a connu, pendant 10 ans, le pouvoir de Lula Da Silva, ancien syndicaliste qui, à la tête du Parti des travailleurs, a mis en place un néolibéralisme lui permettant de faire décoller économiquement son pays et d'effectuer une forte redistribution en direction de la grande pauvreté et des favelas.

Au Mexique, pays largement intégré au Etats Unis, une politique semblable a assuré le décollage du pays.

De même qu'en Colombie, avec des gouvernements de droite et un accord de libre-échange signé avec les Etats Unis.

De même au Chili, avec le gouvernement de centre-gauche Bachelet, ou maintenant avec le gouvernement de Sebastian Piñera.

En Corée du sud et à Taiwan, la réussite économique suit la voie capitaliste, ce qui a permis une formidable production de richesses et leur redistribution.

L'Inde et la Chine communiste, les deux plus grands pays émergents, ont connu un rattrapage économique de type capitaliste, après avoir récupéré leur indépendance nationale, face aux Anglais pour l'Inde, aux Japonais, aux Anglais, aux Français et aux Allemands pour la Chine.

En Inde, l'Etat du Kerala et le Bengale occidental, avec des gouvernements régionaux communistes, connaissent une croissance économique réelle, sur des bases capitalistes. On pourrait dire la même chose du Vietnam.

En Afrique du sud, en Turquie, en Iran, en Malaisie et en Thaïlande, le développement se fait avec des situations locales particulières, mais toujours dans le giron capitaliste.

Les pays du Golfe, le Gabon et la Libye exploitent leurs ressources naturelles, se spécialisent dans cette production et s'industrialisent en comptant sur les ventes de leur sous-sol aux pays développés.

Au Vénézuela, le président Chavez évolue dans une économie dollarisée, avec l'exploitation des hydrocarbures qui produit une rente pétrolière permettant de réduire, par la redistribution, la pauvreté.

C'est vrai que l'Amérique latine, comme dans le cas de cette révolution bolivarienne de Chavez, passe actuellement pour un continent qui a viré à gauche.

Mais au Nicaragua, le président Daniel Ortega, ancien révolutionnaire marxiste, déjà président de 1985 à 1990, a signé un pacte avec l'ancien président Arnaldo Aleman, figure de la droite libérale.

En Equateur, Rafael Correa, chef de l'Etat et économiste, a fait voter une constitution d'inspiration socialiste, axant sa politique sur le développement national, tout en n'étant pas hostile à l'économie de marché, avec un plus grand contrôle de l'Etat sur l'énergie, les mines, les télécoms et l'eau.

L'organisme transnational Bancosur ("banco del sur") a vu sa création en septembre 2009, entérinée à Buenos Aires (Argentine) par la signature d'une charte par l'Equateur, avec son président Rafael Correa, par la Bolivie avec Evo Morales, par l'Argentine, avec Cristina Kirchner, par le Brésil, avec Lula Da Silva, par le Paraguay, avec Nicanor Duarte, et par le Vénézuela avec Hugo Chavez.

La Banque du sud se veut une alternative au FMI, pour permettre aux Etats signataires de se prêter assistance et de monter des projets de développement. Elle met en place un système bancaire avec des pays aux économies diverses et qui ne sont pas en rupture pure et dure avec le capitalisme.

L'Unión de naciones suramericanas (UNASUR) regroupe les 12 pays d'Amérique du Sud sans ligne politique et économique commune.

Il y a donc bien une mondialisation capitaliste, avec des adaptations au monde capitaliste, selon les contextes nationaux et des politiques sociales locales.

Avant tout il faut produire pour créer des richesses et les redistribuer pour améliorer la vie des peuples.

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