Le Rijksmuseum d'Amsterdam présente Gabriël Metsu.

Un peintre méconnu, à qui l'on rend hommage, dans un grand musée européen.
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Amsterdam est réputée pour son hyperactivité artistique, avec sa multitude de galeries d'art moderne. Chet Baker, trompettiste, est mort le 13 mai 1988, dans une maison de la Prins hendrik kad, après avoir choisi cette ville polyculturelle.

Amsterdam, la presque capitale des Pays Bas, regorge de musées, Historisch Museum, Van Loon Museum, Willet Holthuysen Museum, Ons' lieve Heer op Solder Museum, Rembrandthuis, parmi tant d'autres.

Rijksmuseum

Le plus prestigieux des musées, le Rijksmuseum, est actuellement en travaux de grande rénovation jusqu'en 2013. Les grues tranchent dans le décor historique de la Jan Luijkenstraat. Ce qui aurait pu être un handicap a été transformé en avantage. Le visiteur amateur d'art peut, en effet, en un espace, certes réduit, admirer les principaux masterchiefs détenus par le musée. « Het stratje », petite rue de Delft, témoignage de Vermeer, « De keeckemeid », sa servante au pot au lait. « La confrérie des drapiers » de Rembrandt et sa magistrale « Ronde de nuit », ainsi que son autoportrait si touchant et déroutant.

Gabriël Metsu, l'événement

Mais, pour le Rijksmuseum, du 16 décembre 2010 au 21 mars 2011, c'est l'exposition sur un peintre redécouvert (Een meester herontdekt), Gabriël Metsu, qui fait date.

Né à Leyde, en 1629, mort jeune à Amsterdam, en 1667, il fait partie du fameux siècle d'or des Provinces Unies, au même titre que Vermeer, Rembrandt, Pieter de Hooch. Mais il est un « surdoué méconnu ».

Ce sont 35 de ses oeuvres, sur 130 au total, qui sont exposées dans 2 salles du Rijksmuseum, venues de collections privées ou publiques d'Europe (le Louvre a prêté 3 tableaux) ou des Etats Unis.

Des œuvres récemment retrouvées sont aussi soumises l'approbation du public.

Avant Amsterdam, l'exposition était à Dublin, à la National Gallery of Ireland, et ensuite, elle partira pour la National Gallery Art de Washington, du 17 avril au 24 juillet 2011.

La dernière rétrospective de l'œuvre de Metsu est de 1966 ! Même si dans de nombreuses expositions figure au moins un Metsu.

Metsu, généraliste de la vie

Metsu est un intimiste, un peintre du quotidien, un généraliste de la vie (scènes de genre, intérieurs de maison ou d'auberge...). Il excelle dans la représentation de la vie populaire sur les marchés de ces Provinces Unies si riches. Il n'oublie pas les classes aisées et les salons qui le font vivre, car il a eu beaucoup de succès dans sa carrière et ses tableaux se sont vendus cher. Il est très rapidement en vue à Leidsestraat, lorsqu'il s'installe à Amsterdam puis à Prinzensgracht. Un puissant marchand drapier, Jacob Hinlopen est d'ailleurs un de ses clients.

Il peint également des natures mortes, des portraits.

Metsu et Vermeer (1632 – 1675) se sont influencé l'un l'autre. Ils mettent tous deux l'amateur devant une splendeur visuelle et un traitement de la lumière inégalé.

Il y a de la virtuosité chez Metsu, une grande facilité qui s'allie à la minutie du fini de l'artiste, qui peint longuement. Metsu sait être séducteur et la psychologie n'est jamais absente de ses œuvres.

Trois tableaux remarquables

Quelques œuvres peuvent être mises en exergue. « L'enfant malade », cet enfant gris, exsangue, au regard si malheureux. Un « Homme écrivant une lettre », en vis à vis d'une « Femme lisant une lettre », qu'une heureuse plaquette du musée met en parallèle avec « La jeune fille lisant une lettre devant la fenêtre ouverte » et « La lettre d'amour » de Vermeer.

Metsu se vend encore : sur le marché parisien, une de ses œuvres a été récemment acquise par un particulier.

Garante de ce succès actuel, la foule de visiteurs de l'exposition du Rijksmuseum.

Rembrandthuis

Celui qui le souhaite pourra compléter son excitation visuelle par la Maison de Rembrandt (Jodenbreestraat), qui présente une reconstitution fidèle des lieux quotidiens du peintre (notamment l'atelier, avec ses draps tendus au plafond pour refléter une lumière évidente, persiennes basses fermées, fenêtres hautes lumineuses).

Caravaggio, oeuvre finale

C'est dans cette maison qu'une dernière émotion sera ressentie avant de quitter Amsterdam : la dernière œuvre de Caravaggio (1571 -1610), son" Saint Jean-Baptiste allongé". Quelques temps après avoir terminé ce tableau, le peintre s'éteignait. Et c'est la première fois que cette peinture monumentale et si contemporaine est exposée.

Compléments d'information

Monographie de Metsu, FW Robinson « A study of his place in Dutch Genre Painting of the Golden Age » New York 1974

Le spécialiste de Metsu : Adriaan Waiboer.

En France on peut voir aussi des oeuvres de Metsu au musée Fabre de Montpellier.

Pour le « Saint Jean Baptiste », lire « The last Caravaggio » Weanders publishers 2010 (édité par Bert Treffers et Guus Van Den Hout)

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