Ecrire une nouvelle : quelques repères pour bien débuter

La nouvelle constitue exercice de style à part entière; concise en apparence, elle n'en est pas moins exigeante sur le fond. Voici quelques clés.

Un format restreint

Bon nombre d’auteurs ont souvent débuté en écrivant des textes courts, avant d’opter pour le roman ou toute autre forme d’écrits. La nouvelle, texte de fiction comportant un nombre limité de pages ou caractères (l’on évoque également la notion de signes, le cas échéant), permet de s’initier et progresser en matière d’ écriture créative . Cet exercice, aussi contraignant qu’il puisse paraître, présente l’avantage de la simplicité ; d’emblée, le caractère ramassé du récit constitue un gage de cohérence : peu de personnages, une intrigue maîtrisée car concise, ainsi qu’un cadrage en termes de lieu et de temps, participent au développement d’un style littéraire dont l’affirmation s’établit au fil des textes réalisés.

L’imaginaire précède l’écriture

En matière d’écriture créative, les premiers pas sont parfois balbutiants ; l’on souhaite écrire mais l’inspiration ne vient pas. S’installe alors le syndrome de la page blanche. Pour y remédier, il convient d’abord d’utiliser les cinq sens dont chaque être humain est normalement pourvu ; l’écoute et l’observation, pour ne citer qu’eux, sont importantes. Elles permettent, si la concentration est active, d’emmagasiner les matériaux (faits banals ou divers) nécessaires à la construction d’ intrigues futures. Ce travail, souvent inconscient, constitue un prétexte en soi : il s’agit de créer d’autres réalités, pour peu que l’on ait pris pleinement conscience de l’environnement dans lequel tout un chacun évolue. Dans le même registre, toutes les perceptions sensibles sont à intégrer. Dès lors, émotions et sentiments sont indissociables d’une intrigue réussie : une nouvelle intéressante ne peut se cantonner à l’énoncé de faits et gestes précis, même s’ils ont le mérite d’un certain réalisme. Parfois, comme le proposent parfois certains  concours de nouvelles , la consultation de photographies est utile pour stimuler l’imagination : ce procédé éveille souvent, grâce aux éléments visuels, souvenirs et inspiration indispensables à la composition d’histoires originales.

Créer un synopsis

Une fois les idées rassemblées, la nécessité d’un plan s’avère primordiale. Il s’agit de structurer l’intrigue, de manière à donner au récit cohérence et attractivité. En règle générale, le début de la nouvelle constitue une accroche, apte à susciter l’intérêt du lecteur ; cette phase n’est pas obligatoirement spectaculaire dans la forme comme dans le fond, même si « l’entrée en scène » se doit d’être particulièrement soignée. Le corps de la nouvelle, quant à lui, se compose d’une alternance de temps « forts » (évènements et rebondissements) et temps « faibles » (contextes proches d’une normalisation). Le dénouement de la nouvelle offre obligatoirement une « chute » au lecteur : la difficulté réside dans le fait d’aboutir à une fin à la fois surprenante et cohérente avec l’ensemble de l’intrigue. Enfin, il convient d’introduire dialogues  et transitions logiques, afin de mettre en exergue les dimensions humaine et pragmatique de toute bonne histoire.

Deux ouvrages sont intéressants à lire, concernant l’écriture de nouvelles : 1) « Maîtriser l’écriture de nouvelles » (Auteur : Damon Knight – Editeur : « Editions écrire aujourd’hui ») ; 2) « Quinze nouvelles avec leurs procédés expliqués par l’auteur » (Auteur : Louis Timbal-Duclaux – Editeur : « Editions écrire aujourd’hui).

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