L'auto-entrepreneur avisé d'aujourd'hui : le patron de demain

Le statut d'auto-entrepreneur séduit de plus en plus en France. Avant de franchir le pas, quelques recommandations non exhaustives sont à considérer.

Les motivations initiales

Travailler en solo et se projeter dans une logique de réussite individuelle caractérisent bien souvent la volonté initiale de l’auto-entrepreneur. Il faut donc mettre en perspective la liberté d’entreprendre et le cadre parfois rassurant de l’entreprise classique, en précisant que l’on peut rester salarié de cette dernière, tout en adoptant un statut d’auto-entrepreneur. L’assurance d’avoir une expertise à promouvoir représente également une dimension à ne pas négliger. Pour autant, la prudence commande de se préparer comme il se doit (bilan de compétences,  business plan ), comme le rappellent constamment les intervenants de structures telles que Chambres de Commerce et d'Industrie ou encore  boutiques de gestion , entre autres.

Des démarches simplifiées

Une fois les motivations transformées en projet entrepreneurial offrant débouchés et clientèle pérennes, les formalités sont simples et ne demandent, à priori, aucun investissement de type financier. Si l’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés n’est pas requise, l’obtention d’un Kbis ne l’est pas davantage. Cette démarche de base peut donc être réalisée facilement, en se connectant au site Internet dédié. A ce titre, le formulaire d’inscription (déclaration de début d’activité) ne présente aucune difficulté à renseigner et se démarque ainsi des documents classiques – parfois jugés pléthoriques, bureaucratiques et peu explicites – qui rebutent bon nombre de chefs d’entreprise. Dans le même ordre d’idée, le document de cessation d’activité répond également à cette logique de facilitation des démarches, permettant ainsi à l’auto-entrepreneur d'éviter tout tracas administratif, quelle que soit sa situation.

Un statut à assimiler

Devenir auto-entrepreneur, c’est accepter d’adhérer à un statut qui diffère de celui de salarié classique, d’où le questionnement évoqué précédemment sur le fait de franchir le pas tout en gardant son emploi d’origine, lorsque cela est possible. Ainsi, l’on évoque souvent deux notions principales pour qualifier le statut de l’auto-entrepreneur :  un régime micro-social , ainsi qu’un régime micro-fiscal . Pour aller à l’essentiel, le premier d’entre eux se caractérise par un taux de charges sociales fixe auquel il convient d’assujettir le chiffre d’affaires réalisé mensuellement. Ainsi, dans le cadre de la vente de marchandises (si l’activité de l’auto-entrepreneur est qualifiée de la sorte), ce taux est de l’ordre de 12 %. Les cotisations collectées servent à financer la protection sociale des auto-entrepreneurs, avec quelques disparités par rapport au régime classique. Quant au régime micro-fiscal, il est schématiquement l’équivalent de l’impôt sur le revenu. Si l’on reprend l’exemple d’une activité basée sur la vente de marchandises, il convient de soumettre ce même chiffre d’affaires réalisé mensuellement à un taux de l’ordre de 1%.

Quelques précautions à prendre

Afin d’éviter certains écueils, quelques conseils restent à prodiguer. Ainsi, si l’auto-entreprise se caractérise par la quasi-absence de contraintes bureaucratiques, il est indispensable de tenir un certain nombre de documents : factures, livre de recettes et registre des achats sont, à ce titre, incontournables. De plus, certaines activités professionnelles sont incompatibles avec une activité d’auto-entrepreneur, parce qu’elles obéissent à des codes déontologiques spécifiques : c’est le cas notamment pour les médecins et les notaires, et un certain nombre d’autres métiers fortement réglementés. Enfin, en fonction de l’activité exercée sous le statut d’auto-entrepreneur, le chiffre d’affaires est plafonné mensuellement, selon que celle-ci relève de la vente de marchandises ou de la prestation de services. En cas de dépassement (ponctuel, voire régulier) du chiffre d’affaires réalisé, il est impératif d’envisager une évolution de statut, car le régime spécifique (micro-social et micro-fiscal) est susceptible de ne plus s’appliquer.

Si devenir auto-entrepreneur est en apparence chose aisée, il est indispensable de prendre tous les conseils appropriés afin que ce statut soit profitable et sans encombres. Participer à des salons spécifiques ou consulter des professionnels de la création d’entreprise, entre autres, sont autant de démarches complémentaires à réaliser avant de lancer son auto-entreprise.

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