Angleterre-France : (1-2), La France domine une Angleterre malade

Avec des réalisations de Benzema et de Valbuena, contre un but de Crouch, les Bleus punissent des Anglais méconnaissables sur leurs terres.

La France a donc triomphé de son ennemi séculaire, l'Angleterre. Mais a t-on assisté à l'effondrement anglais ou à l'effervescence tricolore ? Un peu des deux à vrai dire. Car la formation de Capello, amputée de nombreux éléments importants (Rooney, Lampard, Terry, Cole, pour ne citer qu'eux), n'a montré qu'un visage limité. Et le mot est gentil.

Amorphes au cours d'un premier acte dominé de long en large par les Bleus, peu de joueurs anglais ont pesé ce soir. Seul Caroll, l'avant-centre de Newcastle United, a laissé entrevoir quelques qualités. Son jeu de tête fut la seule éclaircie du jeu britannique. Gerrard a été méconnaissable, et il l'est de plus en plus à mesure que les mois passent. Sa carrière reste un exemple, mais ce joueur n'est-il pas en train de s'éteindre ?

Barry, milieu métronome de Manchester City, devra réviser ses gammes. Idem pour Walcott, qui malgré sa vitesse manque encore de clairvoyance. Qui restait-il pour sauver le Queen Mary ? Jagielka, Gibbs et Henderson font figure de pupilles dans cette équipe. La paire Lescott-Ferdinand ? Que pouvait-elle faire de plus ? Le plus affligeant restera toutefois l'apathie indescriptible des Three Lions dans leur antre de Wembley, incapables d'exercer un pressing correct et incroyablement faiblards dans les duels et dans l'engagement.

Il est toutefois vrai que les entrées en jeu côté anglais ont redonné un semblant d'intérêt à ce match. La France avait lâché du lest, et Johnson ou Crouch ont démontré leur valeur dans le dernier quart d'heure. Il était du reste étonnant qu'ils n'aient pas entamé la partie comme titulaires. Mais les rencontres amicales servent à faire des essais, non ? A moins qu'elles ne soient faite pour consolider les liaisons déjà existantes dans une formation ? A méditer.

Raisons de satisfecit ?

Côté français, car c'est là qu'il y avait une raison de se satisfaire de cette rencontre, l'ensemble est bien plus aguicheur. Les plus optimistes verront dans cette victoire le retour de la « grande » équipe de France, ce qui n'est pas le cas. Les plus sévères ne retiendront qu'une opposition en bois, un match amical gagné comme une Angleterre bis et en plus pas motivée. La vérité est à chercher entre les deux opinions. Face au naufrage individuel et collectif de Foster et de ses coéquipiers, la France a laissé une impression agréable, particulièrement jusqu'à la 70ème minute. Avec un peu plus de concentration, les tricolores auraient même pu s'éviter une fin de match un brin délicate.

Benzema, critiqué au Real, claque encore son but en sélection. C'est à peu près le même cas de figure pour Valbuena, pas indéboulonnable à l'OM, mais souvent convaincant en bleu. Sa mentalité est, de plus, un élément en mettre en sa faveur. En défense, on pouvait redouter le retour des deux latéraux honnis, Sagna et Abidal, mais force est de constater qu'ils furent présents. Le joueur d'Arsenal semble avoir progressé techniquement (enfin des centres propres !) tandis que le défenseur gauche du Barça s'est révélé précieux dans sa lecture du jeu et ses interventions incisives.

Au final, c'est surtout collectivement que les Bleus ont convaincu. Terminé l'équipe scindée en deux et les phases de jeu en aparté. La France (re)joue enfin à l'unisson. Les progrès entrevus depuis 3 mois n'étaient visiblement pas qu'un feu de paille. A consolider ! Pour l'Angleterre, Capello, après bientôt 3 ans de service, est de plus en plus contesté. Son ère toucherait-elle à sa fin ? C'est en tout cas l'une des pires sélections que l'Angleterre ait connu depuis plusieurs décennies.

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