Black Flag, prophète du Hardcore.

Retour sur ce groupe dont on ne rappelle pas assez l'importance qu'il a eu pour la musique moderne.

On est en 1976. L'histoire de Black Flag débute lorsque Greg Ginn et Chuck Dukowski décident de fonder un groupe. Mais pas n'importe lequel. Ils essaient, par cette création, d'associer les préceptes du punk rock classique à un nouveau genre de musique. Plus rapide et agressif, le hardcore va éclore. Il deviendra plus tard l'emblème de l'anti-capitalisme et un refuge pour les plus radicaux.

Black Flag, un porte-étendard

Un chanteur (Keith Morris) et un batteur (Brian Migdol) ne tardent pas à rejoindre ces joyeux lurons. Les textes engagés, parfois grossiers, empêchent le quatuor de sortir leur premier brûlot, Nervous Breakdown. Qu'à cela ne tienne ! Ginn et Dukowski décident de fonder leur propre label, aidés de leurs sonorisateurs. Solid State Tuners (ou S.S.T.) était né ! Tout comme leur démo, qui vit le jour sous la forme d'un 45 tours, en 1978.

Si le label servait au départ à sortir leurs galettes, il se transformera en fer de lance pour de nombreuses formation de hardcore qui deviendront renommées, telles Minutemen, Dinosaur Jr., Hüsker Dü ou encore les Meat Muppets (qu'on connait aussi pour leur plagiat de « Lake of fire » de Nirvana !)

Les choses sérieuses démarrent en 1981 avec la sortie de Damaged, premier véritable album du groupe. Aussi brut et agressif que les étendues nord-américaines, ce opus marque le vrai début de Black Flag. Le line-up change est c'est Henry Rollins, un ami de Ian McKaye (Minor Threat, Fugazi) qui prend la place de Keith Morris comme frontman.

Black Flag, un discours intelligent

Le set de Los Angeles prend rapidement de l'envergure et n'hésite pas afficher un discours politisé, pas toujours en vogue sur la scène punk des States. Sous l'impulsion du talentueux Rollins, une teigne née pour jouer dans un groupe aussi subversif que Black Flag, l'équipe de choc enregistre 4 albums studio (My War, Family Man, Spit It In et Loose Nut), un en live (Live' 84), sans compter les EP's en studio, lives, les compilations et même...un single (Louie Louie) !

Critique de la télévision, traitement des minorités ou sujets plus légers comme la prise d'alcool, Black Flag ne s'embarrasse pas de politiquement correct et façonne une musique à son image : sans limites ! Les modifications que connait la constitution du groupe à partir de 1985 (Black Flag se transformera en trio : Ginn le rescapé, Kira Roesslar et Bill Stevenson) font perdre un peu de saveur à la franchise, qui retombera peu à peu dans un certain anonymat. Ainsi va le punk...la flamme s'était éteinte.

Black Flag, le déclin puis la chute

Plus jamais le groupe ne retrouvera sa période dorée de l'ère Rollins. Ginn finira par se détourner du HxC pour s'essayer à un genre hybride mêlant le punk au jazz. Pourquoi pas. Au final, gardons tout de même à l'esprit l'œuvre qu'a réalisé Black Flag, ni plus ni mois le fondateur du punk hardcore ! Le groupe sera même une source d'inspiration pour des formations aussi diverses que Nirvana ou NOFX. Fascinant !

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