Chelsea - Man U. (0-1), Les Red Devils en ballotage favorable

Encore très solides, les Diables Rouges s'imposent à Stamford Bridge pour la première fois depuis neuf ans, face à un Chelsea un brin insuffisant.
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Ce combat fratricide débute pourtant fort pour les joueurs d'Ancelotti, qui sevrent de ballons la machine mancunienne. Malgré tout, les bonnes intentions de Chelsea ne seront matérialisées en début de match que par cette frappe puissante de Drogba, déviée en corner par le vétéran Van der Sar, encore magistral ce soir (mis à part en fin de match avec son jeu au pied défectueux). Son arrêt sur la tête de Torres est superbe (75e).

Ensuite, Manchester United va prendre les choses en main. Sans dominer réellement, les troupes de Ferguson marquent un but intelligemment construit (24e). Carrick ouvre parfaitement pour Giggs, qui enrhume Bosingwa sur son contrôle puis centre en retrait pour l'inévitable Rooney. Ce dernier est d'ailleurs à créditer d'un très bon match, durant lequel il a souvent décroché pour organiser le jeu. Le doyen Ryan (37 ans), une fois encore, a assumé son rang dans cette rencontre importante. Des passes à la précision chirurgicale et une classe indéniable dans toutes ses prises de balle.

Des Mancuniens fidèles à eux-mêmes

Comme souvent cette saison, MU n'a pas donné l'impression d'écraser son adversaire, vacillant parfois sous les tirs adverses (sauvetage d'Evra sur une frappe de Lampard). Pourtant, la solidité défensive des Red Devils, due en partie à un Vidic terrifiant, a fait la différence ce soir. Sans conteste l'un des meilleurs défenseurs centraux du monde. À un niveau que Terry n'est plus capable d'atteindre depuis une ou deux saisons. Cela a beaucoup joué. L'absence de David Luiz, non-qualifié, a elle aussi été pénalisante. La densité athlétique et le jeu aérien du joueur auraient été utiles.

Dans ce duel techniquement correct, un Lampard déclinant a également sa part de responsabilité dans cette contre-performance. L'Anglais, éreinté par toutes ces années à porter son équipe, est aujourd'hui atteint physiquement autant que mentalement. Ses belles heures sont derrière lui. Ramires peut accélérer le jeu, dicter le rythme, mais il n'a pas encore les épaules assez larges pour s'imposer comme le meneur.

Chelsea, en proie au doute

Torres est un grand attaquant. Même si ses dernières performances demeurent décevantes, personne ne peut en douter. Pourtant, on le sent mal à l'aise chez les Blues. Toujours à la recherche de son premier but, il pose aussi à Ancelotti un problème important. Comment jouer en sa présence? Au contraire de Drogba, qui sait garder les ballons et peut faire office de pivot, l'ancien de Liverpool est plutôt un joueur d'espace. Le coach italien doit-il s'entêter avec le même schéma tactique? Essayer une formule plus conforme à l'attaquant espagnol, au risque de désorganiser sa formation?

La prétendue faute d'Evra sur Ramires (92e)? Pas si évidente que cela. Le contact est certes réel, mais la jambe du latéral français ne bloque pas celle du milieu récupérateur des Blues. Il n'y a pas de scandale à ne pas siffler sur cette action-là. L'attitude des joueurs de Chelsea, qui n'ont pas protesté outre mesure, est louable. Quand on ne fait pas ce qu'il faut dans un match, il est nécessaire de s'en prendre avant tout à soi-même, au lieu de tout jouer à la loterie.

Avec de telles errances, Man U se devait juste d'être moyen ce soir pour mettre à mal le club d'Abramovitch. Être meilleur que contre l'OM quelques semaines auparavant. Ce fut le cas. Aucun de ses acteurs n'est passé au travers de ce quart de finale, et c'est ce qui fait la force de cette équipe. Elle ne semble pas avoir de failles, sait exploiter ses temps forts et possède une grande expérience des rendez-vous continentaux. Ce sera en tout cas très compliqué pour Chelsea d'inverser la tendance, le 12 avril à Old Trafford.

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