Euro 2012 / Espagne - Italie : (1-1)

En fin d'après-midi, les deux cadors de ce groupe C joutaient à Gdansk pour s'octroyer un avantage probant dans l'optique de la qualification.
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Dans ce match redouté, aux relents de danger, les deux équipes avaient beaucoup à prouver. L'Espagne, amputée de David Villa, présumée gavée de titres et démotivée, se devait de redonner le sourire à un pays gangrené par 25% de chômage. Pour la Squadra Azzurra, il s'agissait avant tout d'occulter le scandale du Calcioscommesse et l'absence inhérente de Criscito.

Le ciment azzurri

L'arrière-garde italienne, retouchée, pressentie comme affaiblie, s'en est pourtant globalement bien sortie. En son sein, De Rossi s'est montré précieux. On connaissait son influence au milieu, il a désormais prouvé sa polyvalence. Même constat pour Chiellini, un véritable roc qui a brisé les vagues ibères. Son seul défaut a finalement été sa trop grande anticipation, disposition qui coûta quelques brèches à son assise. Et l'égalisation espagnole, par la même occasion, Silva parvenant à servir un Fabregas totalement démarqué devant la cage de Buffon (64e).

Auparavant, la Roja avait étalé sa vista, sa fluidité, sa maîtrise. Des efforts vains, tant la défense adverse se montrait performante, et son milieu travailleur. Au centre des débats, Iniesta a éclaboussé la rencontre de son talent, que ce soit à la distribution ou dans l'élimination directe. Indéniablement l'homme du match. Si l'on devait trouver son penchant côté italien, sans doute désignerait-on Andrea Pirlo, formidable bâtisseur malgré des coups de pied arrêtés parfois mal négociés. L'ouverture du score émane d'ailleurs de sa passe géniale, que le général d'Udine, Antonio Di Natale, convertit joliment. En passant, contrairement aux commentaires entendus sur M6, le capocanionere 2010 et 2011 est bel et bien droitier, pas gaucher.

Opposition de styles

Toujours est-il que l'attaquant de l'Udinese pourrait briguer une place de titulaire aux côté de Cassano lors du prochain match, tant Balotelli s'est révélé insuffisant. Car si le joueur du Milan AC fut inspiré, notamment sur ce centre pour Thiago Motta que Casillas repoussa (45e+1), le bad boy de Manchester City a été navrant. Outre un travail défensif appréciable et une jolie aile de pigeon (45e), Super Mario a surtout raté l'immanquable (53e) et fait parler son trop-plein de fougue (5 fautes).

Dans cette opposition techniquement plaisante, les entrées en jeu ont eu un impact non négligeable. Chez les Espagnols, Torres se démarqua par ses mauvais choix devant le but italien (75e, 85e), Jesus Navas par ses brillantes provocations balle au pied. Pour leurs opposants, hormis la réalisation de Di Natale, on notera le vrai ballon de but de Giovinco à ce dernier (77e), malheureusement non converti. Dans des styles différents, les deux formations ont développé un jeu intéressant. Pour la Roja, ce duel aura conforté ses certitudes footballistiques, nourries de passes courtes et de mouvements, tandis que l'équipe de Prandelli, collectivement aboutie, quand bien même timorée en seconde mi-temps, est à créditer d'une bonne copie.

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