Euro 2012 / France - Angleterre : (1-1)

Dans l'antre ukrainienne de la Donbass Arena, propriété du Shakhtar Donetsk, la France et l'Angleterre se quittent sur un résultat nul (1-1).

En guise de hors-d’œuvre, la France se frottait en ce 11 juin à l'Angleterre, visiblement affaiblie par les forfaits de Gareth Barry et Frank Lampard au milieu, et surtout la suspension pour deux matchs du stratosphérique Wayne Rooney. Une formation qui plus est dirigée par un Roy Hodgson sommaire, très fraîchement nommé sélectionneur (1er mai), aux principes de jeu proches du «kick and rush» traditionnel britannique. Deux formations qui peinent à entamer les grandes compétitions (plus de victoires depuis 2004 pour les Français, aucune victoire anglaise en début d'Euro en 7 rencontres).

Retour aux sources?

Un sentiment que confirme la présence d'Oxlade-Chamberlain dans la composition de départ, l'ailier anglais censé offrir de la profondeur lors des contre-attaques des Three Lions. Impression toutefois tempérée par l'alignement de Milner, plus organisateur que Walcott, et la décision de titulariser Welbeck, plutôt joueur d'intervalles, au lieu de Caroll, qui aurait constitué un pivot intéressant aux longs ballons de ses partenaires. Pour les Tricolores, le 4-3-3 verrouillé par le rôle de sentinelle de Diarra apparaît logique après son succès face à l'Estonie en préparation (4-0).

L'ex-Bordelais se signale malheureusement à la 30ème minute par un marquage défaillant sur Lescott, suite à un début de partie légèrement dominé par les Bleus. Lloris ne peut rien, et les pragmatiques Anglais mènent 1-0. La seule fois de la partie où la pieuvre marseillaise se met à la faute, tant il a étouffé les sorties de ballons adverses (100% de passes réussies). Heureusement, les bonnes connexions françaises amènent l'égalisation de Samir Narsi (désigné homme du match) à la 39e, d'une bonne frappe qui punit une Angleterre cantonnée dans ses 20 mètres.

En face, c'est timide, même si les rares mouvements suintent la qualité. Il faut dire que Gerrard ou Cole, ça reste classieux. Une passe laser de Parker et un relai du mancunien Young sont à deux doigts de punir les errances françaises, mais la maladresse de Milner les en empêche (15e). Hormis ce triste épisode, le socle tricolore s'est révélé sécurisant, à l'exception notable d'un Rami enclin aux sautes de concentration. Une association Koscielny-Mexès lors d'Ukraine-France? Alléchant mais improbable au vu de l'attachement de Laurent Blanc à l'affinité axiale.

L'Angleterre verrouille

Dans l'animation offensive, et si les Anglais ne se montrent pas aussi timides que prévu, c'est tout de même les Bleus qui tripotent le mieux la gonfle. Après une première demi-heure au cours duquel ils semblent mal à l'aise dans ce rôle de dominant, les Français vont ensuite assumer cette emprise pour s'installer durablement dans le camp opposé, frissonnant peu durant cette rencontre.

On sent rapidement que le 1-1 convient plutôt pas mal à la Perfide Albion. Un score qui ne bougera plus, malgré les velléités de Benzema, Ribery ou Cabaye, déviées par deux fois de justesse. Une statistique résume bien le pugnacité anglaise, à savoir les 67% de tacles réussis par Joleon Lescott, prépondérant dans ce résultat nul.

On retiendra tout de même la mainmise du milieu bleu et l'entende du trio offensif, avec en point d'orgue un Benzema impressionnant. Très performant dans la conversation de balle, le Madrilène agace un brin dans ses décrochages intempestifs. D'où les innombrables centres de Debuchy qui ne trouvèrent jamais preneur dans la surface adverse. Sinon, on attend encore les entrées d'un Giroud ou d'un Menez! Mis à part ces frustrantes constatations, la France a affiché un niveau technique et tactique encourageant, et le gommage de quelques imperfections pourrait l'inciter à voyager loin dans cet Euro. Surtout si une grosse cylindrée en face, dans son souci offensif, libère des espaces à notre armada de devant. À confirmer vendredi 15 juin!

Un mot pour finir sur l'arbitrage de M. Rizzoli, que certains jugeront trop laxiste, mais qui a renforcé la fluidité du match. Quant au geste de Nasri sur l'égalisation, destiné au journalisme français qui l'a visiblement beaucoup chagriné, il était évitable. Comme le commentaire de l'omniscient Jean-Michel Larqué qui a vu là le "match le plus faible depuis le début de la compétition". Au fait, c'était quoi ce maillot que portait Joe Hart?

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