Euro 2012 / Pays-Bas - Allemagne : (1-2)

Les Oranje s'inclinent à Kharkov face à une Mannschaft solide et appliquée. Assez logiquement par ailleurs.

Loin d'infirmer l'impression laissée après la première journée, mes Pays-bas ont persisté dans cet élan individualiste qui aurait fait pâlir Cruyff. Une tripotée de joueurs de grande classe, pas forcément au service de l'équipe. Robben l'artilleur munichois, est le premier à cet égard. Précieux dans son jeu dans les intervalles et sa percussion, il se perd trop souvent dans des raids solitaires peu productifs.

L'épouvantail néerlandais

Sur le flanc gauche de la défense, Willems fait preuve de tendresse. Le pressing de la ligne défensive est aléatoire, sa vigilance tronquée. Schweinsteiger en profite pour démontrer son art de la passe. Dans ces intervalles, le buteur qu'est Mario Gomez clôt le bec néerlandais à deux reprise (24e et 38e).

Moins tueur aussi bien lors de la finale de la Ligue des Champions que lors de la précédente rencontre face au Portugal, où il avait vendangé quelques opportunités, l'homme aux 26 buts en Bundesliga remet les choses à leur place. Salé pour les Bataves, d'autant que Stekelenburg qui repousse à bout portant une tête de Badstuber (37e) et sort un coup-franc détourné (42e+2).

Loin de développer le jeu attrayant de ses dernières campagnes, la Mannschaft affiche un visage réaliste et rigoureux. Quelques réglages seront néanmoins à affiner quand elle réceptionnera une écurie européenne plus en verve. Dans ce sens, Joachim Low doit-il conserver Lahm à gauche, où son positionnement et son rendement offensif s'en retrouvent amoindris?

Retour aux valeurs d'antan

Vouée à attendre un exploit personnel, les Oranje s'en remettent aux coups d'éclats de Sneijder, Robben ou Van Persie. C'est d'ailleurs ce dernier qui, de son mauvais pied, profite du recul allemand pour réduire la marque (73e). Les entrées conjuguées de Van der Vaart et Huntelaar et la transformation du 4-3-3 en 4-4-2 oxygèneront un peu les transmissions oranges, sans que cela soit bien transcendant. Trop tard et surtout insuffisant de la part d'une équipe coupée en deux et qui n'a jamais joué à l'unisson. La qualification est lourdement comprise.

Pour les Allemands, le constat est autrement avantageux. Pratiquement qualifiés, détenteurs d'une charnière centrale décriée finalement satisfaisante (Hummels-Badstuber), ils ont d'ores et déjà emmagasiné la confiance nécessaire à la réussite d'une grande compétition. Sans se targuer d'un jeu très léché, simplement en affirmant une cohérence collective et en performant dans les duels. On en viendrait presque à faire des parallèle avec la belle Allemagne des décennies antérieures, où Super Mario jouerait le rôle du scoreur limité mais diablement efficace qu'était Gerdu Müller. Et dire que Klose trône sur le banc! Notons aussi la bonne tenue de leur maître à jouer du Real Madrid, Mesut Özil. À fignoler dans quelques jours contre le Danemark.

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