Facebook : intérêts et limites

Le déjà célèbre réseau social, conception de Mark Zuckerberg, suscite un engouement sans précédent dans le monde de l'informatique. Un succès mérité?
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Ouvert au grand public depuis 2006 seulement, Facebook possède déjà un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars. Mieux encore, le réseau social est parvenu à embrigader près de 600 millions de personnes. Signe de sa toute puissance, il est également disponible en 76 langues. Un chiffre qui devrait croître dans les mois à venir, avec notamment l'ajout de langues régionales telles que le basque ou le catalan. Même l'espéranto (une langue fictive inventée au XIXe siècle pour faciliter la communication inter-ethnique) est en cours d'adaptation.

Facebook, une création hors-normes

En France, les utilisateurs de Facebook dépasseraient les 18 millions. Si ce n'est rien en comparaison d'un pays comme les États-Unis (133 millions d'actifs), ce chiffre prend toute sa signification lorsqu'on sait qu'il réunit environ le tiers de la population hexagonale. Pharaonique! On a longtemps estimé que Window Live Messenger (anciennement MSN Messenger) garderait longtemps le monopole, plus particulièrement auprès des jeunes. Force est de reconnaître que le logiciel «client propriétaire» a vite été balayé par l'insatiable Facebook. Ce dernier, outre la conversation instantanée, s'est avéré beaucoup plus complet - seul le partage de dossiers lui échappe encore.

Facebook, mis au monde dans la fameuse université Harvard, ne devait être à la base qu'un réseau social réservé aux étudiants de l'école. Il est devenu bien plus. Aidé par Eduardo Saverin, Dustin Moskovitz, Andrew McCollum et Chris Hugues, Mark Zuckerberg décide d'élargir le projet. En mars 2004, Stamford, Columbia et Yale pouvaient elles aussi profiter du travail de l'équipe de choc.

Un principe novateur

Ce fut le point de départ. Facebook a ensuite été accessible à plusieurs sociétés de renom, dont Microsoft et Apple, avant d'être définitivement ouvert à tous. Le 26 septembre 2006, il suffisait en effet d'avoir une adresse électronique et au minimum 13 ans pour posséder son compte. Un réseau social dépouillé et encore méconnu, mais néanmoins les prémisses du géant qu'est Facebook aujourd'hui.

Quel bilan faut-il donc faire? Le réseau social est indéniablement un outil précieux, ne serait-ce que pour la recherche d'amis ou de personnes perdues de vue. Concrètement, il permet de publier photos, albums, articles, pseudonymes, centres d'intérêts et autres passions. Il est devenu un portail de communication supplémentaire, mettant en évidence des dizaines d'interactions entre un individu et ses amis.

Facebook accueille en plus des logiciels de jeu, est un excellent moyen pour une entreprise de faire de la publicité et demeure intéressant d'un point de vue informatif. De récentes études ont en effet prouvé que l'information, même imprécise, circulait bien plus vite sur un réseau social que dans n'importe quel autre média. Facebook, et à un degré moindre Twitter, sont donc mieux placés pour informer l'utilisateur au sujet d'un évènement que peut l'être le JT de notre cher Jean-Pierre Pernaud, par exemple.

Les limites du réseau

Mais alors, qu'est-ce qu'on peut trouver de mal, au final, au bijou de Zuckerberg? Et bien, une fois encore, c'est la communication. S'il accroît nos possibilités d'échange, Facebook est aussi un vecteur de modes. Celles-ci ne sont pas toujours louables. Les smileys ont remplacés de simples mots, certaines expressions stéréotypées ont pris la place de phrases plus élaborées. Et on n'aborde même pas le temps excessif que certains passent sur le site, source de déconnexion avec le réel.

Le danger avait déjà, à juste titre, été signalé après l'apparition du téléphone portable. Le langage SMS et la banalisation de l'échange avaient été pointés du doigt. Le risque est grand; à trop s'abrutir avec le réseau, on adopte finalement la même attitude que beaucoup d'autres. On perd en saveur, on entre dans le rang. On se retrouve face à des comportements repris en échos et, pire, le nivellement par le bas du champ linguistique. C'était à quelle époque la dernière fois que quelqu'un voulait uniformiser le comportement des gens? Sans commentaire.

Outre cet aspect autarcique, Facebook offre votre vie privée en pâture aux surfeurs du web. Et cela peut être n'importe qui. Même un employeur! Samantha Bär, employée à la Nationale Suisse de Bâle, peut le confirmer. Restée chez elle pour cause de fortes migraines, la jeune femme sera licenciée... parce qu'elle s'est connectée sur Facebook. Son supérieur n'acceptant pas son attitude, a commenté laconiquement: « Celui qui peut faire ça peut aussi travailler ».

Moralité? Faire attention aux réseau sociaux et à leur utilisation, qui doit être correctement maîtrisée pour pouvoir en jouir sans en subir les affres.

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