France - Brésil (1-0), comme un air de déjà vu

Une nouvelle fois, les Tricolores se sont imposés face à la prestigieuse Seleçao. Le Brésil a été rapidement réduit à dix après un mauvais geste d'Hernanes.

Les visiteurs démarrent pied au plancher cette affiche aux relents de mélancolie. Le message est clair; même inférieure à celles des années précédentes, la Seleçao est venue dans un but évident de conquête. La composition du sélectionneur Mano Menezes, avec Renato Augusto pour épauler le duo Robinho-Pato, met ce désir en exergue. Les Français, avec un tandem Diarra-M’Vila au milieu, tentent le pari du combat physique, du moins en début de match.

Un Brésil d'attaque

Hernanes est d’entrée dans le tempo. Il guide ses coéquipiers vers la bergerie tricolore. Dani Alves s’affirme en patron dans cette équipe à la moyenne d’âge très jeune. Il livrera un match très correct, au contraire de nombre de ses compères. David Luiz, à défaut d’être tout le temps génial, se démène. Dans cette première mi-temps, la France est techniquement moins forte. Gourcuff, une millième fois trop effacé et imprécis, offre à Benzema l’occasion de briller sur une remise inspirée (9'). Raté! À souligner la bonne passe de M’Vila sur l’action.

Un des rares bons choix du milieu rennais. Le reste du temps? Une assez mauvaise lecture du jeu. Il nous avait habitués à mieux sous le maillot bleu. Sagna non plus n’a pas joué à un niveau international, même si Laurent Blanc semble vouloir s’obstiner avec lui. Sa qualité de centre est encore insuffisante. De l’autre côté, Abidal a fait le boulot défensivement, sans pour autant montrer son museau lors des phases offensives.

Le tournant du match est bien évidemment l’expulsion relativement méritée d’Hernanes, coupable d'avoir laissé traîner ses crampons sur la poitrine de Benzema (40'). Elle va libérer l’équipe de France, plus psychologiquement que physiquement d’ailleurs. Très moyens et limités lors du premier acte, les Bleus vont montrer un visage plus radieux ensuite. Et donner à Julio César, auteur de plusieurs arrêts de classe, l'occasion de briller.

Mexès et Benzema, un ton au-dessus

Malouda, intermittent au départ, va hausser son niveau de jeu. Idem Pour Menez. L’ailier de l’AS Roma va atteindre un état de transe lors du premier quart d’heure de la seconde mi-temps, dans laquelle il va offrir au public quelques accélérations fulgurantes et surtout un but tout fait à Karim Benzema (54'). Ce dernier est à créditer d’une rencontre de grande facture. Il a fait le spectacle, s’est montré disponible et a marqué le seul but ce soir. Vraiment pas le garçon qu’on voit au Real Madrid!

Et le meilleur joueur de cette affiche, messieurs dames: Philippe Mexès. Installé au cœur d’une défense désormais bien huilée (1 but encaissé lors des 5 derniers matchs), le défenseur romain a été tout simplement somptueux, digne du très grand joueur qu’on avait l’habitude de voir lors de ses premières saisons en Italie. Impassable dans les duels, incisif dans ses interventions, judicieux dans ses choix, appliqué techniquement… Rien à redire!

Côté auriverde, le meilleur élément a peut-être été… Jadson. Entré en jeu à la 59e minute, il délivré plusieurs ouvertures et aurait dû être passeur décisif pour son offrande à l’attaquant du FC Porto, Hulk. Hélas, le joueur du Shakhtar Donetsk a vu son coéquipier la gâcher avec un contrôle complètement manqué. Rideau, la France s’impose logiquement et se construit un peu plus en vue de l’Euro 2012, en Pologne et en Ukraine. Sans cesse plus rassurants dans le jeu, les Tricolores redonnent peu à peu joie et fierté à leurs supporters.

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