France - Croatie : 0-0, le doute subsiste

Une fois encore moyenne, l'équipe de France a concédé un score nul et vierge face à la Croatie de Slaven Bilic.

Dans cette opposition face au 8e du classement Fifa, Laurent Blanc avait choisi de ne faire tourner que partiellement son effectif. Exit Evra, Sagna, M'Vila, Gourcuff et Ribéry, place à Clichy, Réveillère, Alou Diarra, Matuidi et Menez. Du sang neuf mais un système de jeu inchangé.

Mexès-Rami, ça marche !

S'il est une chose à retenir de ce "bon" 0-0, c'est la solidité défensive des Bleus. Cela fait à présent sept matchs que les Tricolores n'ont plus encaissé le moindre but, et la charnière Mexès-Rami est pour l'instant l'une des rares satisfactions de la jeune sélection de Lolo Blanc. Le Lillois a livré hier soir une prestation de haute volée, qui fait écho à son excellent match face au Brésil. Il n'a certes pas la qualité de relance du Romain, mais il est moins sujet aux pannes de concentration (cf. l'erreur de Mexès face à Perisic à la 42e). Une bonne complicité semble s'être installée entre les deux gaillards.

Nasri et Gourcuff, artistes inassociables ?

Après? Difficile de s'extasier sur la pauvre animation de notre équipe de France. Et l'excuse des changements opérés par le Président n'est pas recevable. Quelle que soit la formule, le contenu demeure pauvre. Les meilleurs latéraux sont vraisemblablement Evra à gauche et Réveillère à droite. Mais le premier est loin d'avoir en séléction le rayonnement qu'il a avec Manchester, et le second est naturellement prudent. Pas de quoi asphyxier l'adversaire, donc.

Dans les couloirs, Malouda n'est plus que l'ombre de lui même, et à droite, depuis le tracteur Govou, les déceptions s'accumulent. Il est vrai qu'un Loïc Rémy possède le potentiel pour s'imposer... mais il ne convainc jamais vraiment. Gourcuff, malgré son but contre le Luxembourg, est toujours malade. Quant à Nasri, Blanc attend encore que son rendu soit le même qu'avec Arsenal. De plus, se pose la question de la présence de deux numéros 10. Et bien quoi, rétorqueront certains, Platini et Giresse jouaient bien ensemble! Et Zidane avec Djorkaeff? Les exemples sont nombreux mais dans le cas présent, il suffit d'observer leur niveau technique pour réfuter cette douce idée.

La bonne entrée de Ribéry

Mais revenons à la rencontre d'hier soir. Benzema s'est montré fidèle à lui-même; après avoir réalisé des prestations plus que louables ces derniers temps, il est retombé dans une certaine suffisance, une caractéristique qui lui sied bien. Attendons tout de même avant de vociférer sur cet attaquant qui a rarement déçu en EdF. Matuidi, la surprise du chef, a rendu une copie agréable à lire, malgré quelques fautes d'orthographe. Clichy fut trop léger, tandis que Menez a joué par à-coups. Néanmoins, il est le seul avec Ribery à pouvoir accélérer le jeu lorsque les occsions manquent. À revoir!

Hugo Lloris? Impeccable, comme souvent. Si la France a quitté le Stade de France sans avoir encaissé le moindre but, elle le doit en partie au Lyonnais (arrêt face à Perisic à la 42e et sortie opportune sur Petric à la 79e). Le reste des Bleus? De médiocre à moyen. À noter que l'entrée du quidam Ribéry a fortifié l'équipe. Sur le flanc gauche, on voit mal qui d'autre pourrait dynamiser le jeu.

Et les Croates, dans tout ça? Eux non plus n'ont pas été particulièrement reluisants. Quelques enchaînements et gestes bien léchés ont fait tressauter le public français, mais c'est le minimum syndical pour la belle formation du rockeur Slaven Bilic. Quelques joueurs ont déçu, en particulier le playmaker Modric, étincelant avec Tottenham. Malheureusement, Olic n'était pas du rendez-vous, et Petric a peu joué.

Des raisons d'y croire

Au final, il est indéniable que la manière laisse encore à désirer chez les Français. L'envie est là, mais cette équipe manque encore de cadors et surtout d'un jeu plus structuré et intelligent. Cependant, si elle conserve cette ossature et si les cadres assument pleinement leur statut, elle peut espérer redevenir une nation dominante et, surtout, faire une parcours honorable au prochain Euro.

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