France - Islande (3-2), quelques conclusions à en tirer.

À Valenciennes, encouragée par les 24 000 supporters du flambant neuf stade du Hainaut, la France affrontait l'Islande en match de préparation.

Avant ce match, la France bénéficiait d'un indéniable avantage face à l'Islande, l'actuelle 131ème nation FIFA. 10 rencontres, pour 7 victoires et 3 nuls, jalonnés de 27 buts inscrits pour seulement 3 encaissés. Qui plus est, la formation déclinée par Laurent Blanc est au coup d'envoi relativement alléchante (Mandanda - Evra, Rami, Mexès, Debuchy - Cabaye, Gourcuff, Nasri - Ménez, Benzema, Ben Arfa).

Une équipe aguicheuse

Lors de l'acte un, cette équipe qui a fière allure sur le papier l'a presque autant les premières minutes de la partie. Quelques poussées encourageantes, voilà à peu près ce dont il faudra se contenter. Certes, on aussi eu droit en cours de route à quelques phases de jeu rondement menées, initiées la plupart du temps par le duo Ben Arfa-Benzema, à l'occasion Nasri. Des échanges ultra-rapides, jouissifs, mais qui n'aboutirent à rien.

Entre temps, deux buts islandais interviennent, aux 28e (Bjarnason) et 34e minutes (Sigthórsson), sur deux contres, ponctués successivement par le marquage trop lâche d'Evra et une défense qui tarde à coulisser. Un Mancunien bien loin de son niveau en club, et dont l'apport offensif et la vivacité sont à méditer. Quand même plus probant en seconde période.

Des absences coupables

Ces torpilles jumelles saluent surtout une carence défensive inhabituelle chez les Bleus, eux qui voyaient leur principal chantier plutôt du côté de l'animation offensive. Et ce n'est certainement pas l'incroyable oubli de l'arrière-garde française, à la 62e, où Mexès est livré à lui-même, qui les rassurera. Heureusement, Mandanda veillait.

Auparavant, Debuchy avait réduit le score à la suite d'un cafouillage (52e). Une récompense pour le meilleur défenseur de la soirée, au four et au moulin tout le long. On conçoit alors le scénario idéal, si la France se démène un tant soit peu. En effet, quoi de mieux qu'un remake du duel de 99, remporté 3-2 par les Tricolores sur une réalisation de Trezeguet? Quelques semaines avant de glaner l'Euro 2000...

C'est finalement ce qu'il advint, avec des buts tardifs de Ribery (85e), d'un subtil lob du pied gauche, et d'Adil Rami (87e) d'une reprise d'avant-centre. À noter les entrées intéressantes de Malouda, assez en jambes, de Ribery et de Giroud. Pour le Munichois, outre son égalisation, on retiendra ses déplacements intempestifs et sa percussion, des particularités récemment observées plutôt au Bayern qu'avec sa sélection. Quant à l'attaquant montpelliérain, on saluera ses deux passes décisives et ses remises précieuses. Une très belle entrée, en somme!

Au vu de la domination française, et malgré le mérite des "Strákarnir okkar", le score est logique. Il permet surtout à l'équipe de Laurent Blanc de s'adjuger un 19ème match sans défaite, et livre quelques indices quand à son état d'esprit et à ses capacités techniques. Censée s'apparenter à la Suède pour son impact physique, futur adversaire des Bleus pendant l'Euro, il n'en demeure pas moins que l'Islande reste une nation footballistiquement médiocre, et que la Serbie, jeudi, sera l'occasion de confirmer cet élan prometteur.

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