Le bilan de la L1 à la trêve

Tactique, resserrée, peu spectaculaire...notre Ligue serait-elle victime de son manque de cadors ? Les informations à retenir à la mi-saison !
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Cette première partie de saison a révélé un championnat extrêmement homogène, où les équipes se tiennent en peu de points. Mis à part Arles-Avignon, qui est logiquement distancé, tout restera donc à faire pour les formations hexagonales. L’équipe de Faruk Hadzibegic ne compte en effet que huit petits points, alors que les deux autres clubs relégables, Caen et Lens, possède respectivement 18 et 16 unités. Arles paie une gestion aberrante de son intersaison, marquée par le licenciement incroyable de son président et un grand chamboulement de l’équipe. S’ensuivront le départ de l’entraineur Michel Estevan et les déceptions sportives (Meriem, Charisteas, Basinas) qui, alliés à l’incurie de ses actionnaires, plomberont un groupe pourtant prometteur.

Mis à part le cas des Lions, le classement demeure très serré. Du 1er, Lille (32 pts et un match en moins), au 10e, Montpellier (27 pts), l’écart est infime : cinq points. Cet exercice disputé, s’il permet une saison plus indécise et donc plus palpitante, est également révélateur de certaines lacunes. Les grosses écuries, mis à part le LOSC, ne sont pas vraiment au rendez-vous. Cela fait les affaires d’outsiders comme Rennes ou le PSG, qui se positionnent clairement pour les places qualificatives en Ligue des Champions.

Les grosses écuries en déroute

Dans ce championnat sans locomotive, l’OM ne s’est pas affirmé comme le patron qu’il devait être. Balbutiants en débuts de saison, au même titre que Bordeaux et Lyon, Marseille n’a jamais développé un jeu flamboyant. Si la défense et, à un degré moindre le milieu de terrain, semblent stabilisés, il n’en va pas de même pour l’attaque phocéenne. Rémy, après des premiers émois encourageants, a un déçu. Gignac, arrivé de Toulouse contre la somme rondelette de 16 millions, a traversé cette première partie de saison comme un fantôme (quatre buts en 17 rencontres). Brandao, malgré les services qu’il rend parfois, n’a pas la carrure pour être le buteur de l’Olympique de Marseille. Il manque dans cette équipe un vrai renard, un buteur impitoyable, dont la connexion avec le créateur Lucho serait efficace. Exemple ? Un Lisandro !

Si l’OL n’a pas ce genre de souci avec son avant-centre vedette (qui ne joue d’ailleurs pas toujours à ce poste), tout est loin d’être rose ici aussi. Le problème ? L’équipe est tenue à bout de bras, et depuis longtemps déjà, par deux joueurs d’exception. Son attaquant Lisandro Lopez et son gardien Hugo Lloris. Presque toujours au rendez-vous, ces deux hommes font respirer Lyon à eux-seuls. Qu’arrivera-t-il lorsque l’un des deux traversera une période délicate ? Mieux vaut ne pas y penser du côté rhodanien, tellement le fond de jeu est indigne de ce club. Pourtant, à la mi-saison, le navire lyonnais peut parvenir à bon port. Après un début de saison catastrophique, Lyon est actuellement 4e de L1 (31 pts) et s’est qualifié pour les 8èmes de finale de la LdC (où ils affronteront…le Real Madrid). Le père Aulas et le général Lacombe savent décidément gérer la crise ! Mais jusqu’à quand le pourrons-ils ?

Pour les Bordelais, le problème est infiniment plus délicat. C’est carrément le niveau des joueurs qui est remis en cause. Des acteurs présumés bons, ceux-là même qui ont ramené le graal en terres girondines en 2008-2009. Mais depuis précisément un an, certains sont méconnaissables. Où est passé Wendel, jadis précieux artilleur de coups-francs et techniquement au-dessus du lot ? Qu’est devenu Chalmé, dont les montées étaient saignantes et les centres millimétrés ? Pourquoi Ciani, depuis sa sélection contre l’Espagne (0-2), est d’une inconstance criante en défense centrale ? Sans oublier deux départs importants (Gourcuff, Chamakh) et des arrivées qui n’ont servies à rien (Modeste, Ben Kalfallah, Maazou, Savic). Il est vrai que les blessures (Planus) et les suspensions (Diarra) furent rédhibitoires. Mais le mal est plus profond, et son origine encore inconnue. Départ précipité de Laurent Blanc ? Echec des méthodes Tigana ? Problèmes internes ? Cette histoire est encore floue.

Le PSG et Lille, au rendez-vous

Pour le LOSC de Michel Seydou, sérieux et constant, la relative méforme des cadors est donc une aubaine. Cela n’enlève cependant rien au mérite de ce club, qui pratique actuellement le jeu le plus léché de l’hexagone. La pépite Hazard n’a pas encore retrouvé sa forme de l’an passé, mais reste un danger permanent pour l’adversaire. Gervinho est toujours aussi déroutant dans ses dribbles et Moussa Sow s’est affirmé comme le canonnier de ce premier acte (15 réalisations, dont 14 en Ligue 1, ce qui en fait le meilleur buteur pour l’instant). Si l’on ajoute à cela un milieu solide et créatif (Mavuba, Cabaye, Balmont) et une charnière d’envergure (Rami-Chedjou), on constate la qualité de cette formation. Sans oublier un banc que beaucoup d’équipes peuvent envier (Frau, De Melo, Dumont, Obraniak, Rozenhal…). Seul bémol, l’équipe A’ alignée lors des joutes continentales en Ligue Europa. Une compétition un peu snobée par Rudi Garcia, qui aura d’ailleurs fort à faire en 16e avec la venue du PSV Eindhoven.

Le PSG a eu un peu plus de chance au tirage puisque le club de la capitale hérite de l’équipe bulgare de Bate Borisov. Les chances de qualification pour les 8e sont donc assez bonnes pour les hommes de Kombouaré. Paris réalise une première partie d’exercice plutôt intéressante avec une seconde place en championnat et une demi-finale à jouer contre Montpellier en Coupe de la Ligue (ainsi qu’un 32ème de finale face à Lens en Coupe de France). De plus, le jeu proposé est souvent agréable, ce qui fut loin d’être le cas ces dernières années. Le club compte 31 pts et possède la deuxième meilleure attaque de L1 avec 30 buts (Lille en a marqué 33). Et si le PSG tourne aussi bien, il le doit en bonne partie à un homme : l’ex-Monégasque Nenê. Ce passeur de renom, auréolé de 13 buts en championnat pour l’instant, est le véritable cerveau de l’équipe. Il organise et aère le jeu, sans oublier ses coups d’éclat qui ont plusieurs fois sorti son équipe de situations compromises. Il a à lui seul occulté les mauvaises performances de joueurs comme Erding ou Hoarau. Mais le constat est le même pour Lloris ou Lisandro ; que se passera-t-il si le Brésilien se blesse ou a un coup de mou ?

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