Lille met fin à la disette

Le LOSC remporte à nouveau la Coupe de France, 56 ans après, face à un PSG qui n'a pas démérité.

C'était déjà une Coupe de France. On était en 1956, l'année de l'Insurrection de Budapest. Ce soir, Lille a renoué avec le succès et adressé un clin d'œil à son histoire. Pourtant, dans cette finale du «beau jeu», le Paris Saint-Germain n'a pas été ridicule.

Soupçon de poussivité lilloise

En creusant un peu, il faut d'admettre que le LOSC n'a pas livré un match sensationnel, loin s'en faut. La circulation de balle a été moins fluide qu'à l'accoutumée. Par à-coups, le club nordiste a même privilégié de longs ballons sans lendemains en lieu et place de ses transmissions courtes et de son jeu en triangle.

Pour le PSG, après l'orage subi en première période, la seconde mi-temps débute sous de meilleurs hospices. Les hommes de Kombouaré prennent physiquement l'ascendant et se créent des occasions. Eux qu'on attendait moralement usés et émoussés après leurs péripéties contre Nancy (réduction à 10, arbitrage litigieux, déception comptable...) parviennent à étouffer les Dogues dans leur organisation, les contraignant à une précipitation peu coutumière de leur part.

Paris solide... et en panne d'inspiration

Mais avec un Hoarau aussi craintif, difficile de faire mieux. Comme souvent dans les matchs importants (autant en Ligue 1 ou en Europa League qu'avec les Bleus), l'ex-Havrais n'a pas le rendement attendu. Pataud, en manque de confiance, il s'est englué dans la toile lilloise. Le pire, c'est qu'on ne peut pas parler d'un manque de clairvoyance de la part du coach parisien. Aurait-il dû titulariser Erding? Loin d'être évident étant donné la teneur de son entrée en jeu. Il y a tout simplement un problème d'avant-centre dans le club de la capitale. L'arrivée d'un buteur boulimique se fait pressante.

L'autre problème, c'est que Paris a joué contre-nature. Partant du constat que les Lillois étaient favoris, la formation de Robin Leproux a opté pour un 4-5-1 un peu réducteur. Un système plutôt défensif (autant numériquement que dans son animation) qui a fait briller Makelele et Chantôme à défaut d'avantager Nenê ou Bodmer. Logiquement, c'est donc l'arrière-garde parisienne qui a le plus impressionné. Au sein de celle-ci, Sakho fut tout simplement impressionnant, dans la lignée de sa très bonne saison. Giuly est également sorti du lot, et s'est révélé comme le joueur offensif le plus percutant côté francilien. À 35 ans, ses accélérations enragées font encore mal!

Chez l'adversaire du jour, on a retrouvé ceux qui brillent habituellement. Hazard a joué à son niveau, sa mobilité posant beaucoup de problèmes aux Parisiens. Et puis, quelle aisance technique! Au milieu, Cabaye et Mavuba jouent toujours aussi juste, tels les chefs d'orchestre qu'ils sont, sans pour autant qu'on ait à déplorer leur abattage. La défense a sorti un match propre, avec deux latéraux impactants (Debuchy, Béria). Pour sa part, Landreau est à créditer d'une prestation très propre, avec notamment trois parades (sur Nenê, Hoarau et Chantôme, respectivement aux 18è, 56è et 77è).

L'heure de gloire?

Ce ne fut pas tout à fait le cas de Greg' Coupet, présumé fautif sur le coup franc enroulé d'Obraniak à la 89ème minute. Un dicton un brin archaïque dit que les finales se jouent sur des détails... Force est de constater que cela fut le cas ce soir. L'ancien international arrêtera pour la gloire un pénalty de Debuchy (90è), consécutif à sa sortie aventureuse sur Gervinho. Mais le mal était fait.

Dans cette lutte indécise, un coup d'éclat aura permis de faire la différence. Comme un signe, il est d'œuvre d'un joueur en manque de temps de jeu. Preuve que la force lilloise ne s'arrête pas à un 11 resplendissant. De bon augure avant de valider un troisième titre de champion de France (après ceux de 1946 et de 1954). Un défi palpitant pour les Nordistes, avant ceux qui se présenteront à eux la saison prochaine, particulièrement en C1.

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