Man U. - Chelsea (2-1) : la vague rouge noie les Blues

Une fois encore intraitables dans leur antre d'Old Trafford, les Diables Rouges battent les Blues dans cette rencontre européenne plaisante à suivre.
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Pour ce match retour, Chelsea enregistrait les titularisations d'Anelka et de Malouda, ainsi que le retour du solide défenseur central brésilien, Alex. Somme toute, du classique. Comme le rival mancunien; hormis la présence d'O'Shea à la place de Rafael, rien de bien étonnant dans la composition de Sir Alex Ferguson. Sauf peut-être Ryan Giggs placé en milieu relayeur, même si le Gallois n'a eu de cesse de grignoter son côté gauche, et même de permuter à droite avec Park (avec un Nani très versatile lui aussi).

Bien plus emballant qu'à l'aller, ce duel anglo-saxon démarre assez fort pour les Blues de Chelsea. La débauche d'énergie et l'engagement physique font plaisir à voir, loin des matches lénifiants de Ligue 1. Manchester United est bousculé, ce qui est assez normal étant donné l'ambition affirmée des hommes d'Ancelotti, et surtout celle de leur président Abramovitch, l'homme aux pétrodollars. Le Russe était tout de même sujet à une forte pression avant cette rencontre difficile, dans la mesure où ses supporters attendent toujours la première Ligue des Champions et surtout la justification d'achats aussi onéreux qu'impulsifs (Fernando Torres pour... 59 millions d'euros, par exemple).

Giggs et Rooney, les cerveaux

Mais le problème avec MU, c'est la capacité qu'a cette équipe à gérer ses temps forts. Malmenés en première période par un Chelsea méritant, les Red Devils ont pris le jeu à leur compte peu avant la pause, profitant de l'occasion pour inscrire un but une fois encore bien construit (Hernandez, 43e minute). Une petite tape sur les doigts des Blues, comme pour rappeler à l'ordre un enfant turbulent.

Il y a également autre chose: la très grande classe de Rooney et de Giggs, côté mancunien. Le premier cité a cette extraordinaire faculté d'alterner indifféremment jeu court et jeu long. C'est un joueur à la vision du jeu, à l'explosivité et au physique hors-normes. Concernant l'ailier fou de MU, on louera surtout son extrême finesse technique, son élégance et la propension qu'il a à être décisif dans les 25 derniers mètres adverses.

Vidic, malgré une certaine lenteur, a encore fait figure de mur infranchissable (jeu aérien, lecture du jeu). Van der Sar a été rassurant, Park travailleur. Chicharito, le petit pois, a fait valoir ses qualités de renard. Néanmoins, c'est surtout collectivement, notamment aux travers d'enchaînements rapides et précis, que Manchester a dominé son adversaire. Pour Chelsea, l'amélioration par rapport au match aller n'aura pas été suffisante. Cette formation manque de repères, de conscience collective.

Un collectif qui se liquéfie

Côté bleu, plusieurs joueurs sont encore passés au travers. Lampard s'est éteint après un premier acte encourageant. Torres a encore été bien décevant et ses statistiques inquiètent de plus en plus (aucune réalisation en 11 matches pour les Blues). La charnière Terry-Alex n'a elle non plus pas montré tous les gages de sûreté. Que dire de Nicolas Anelka, une fois encore énervant de suffisance et dont les décrochages inappropriés sont insupportables? Le Français s'est en plus permis de sortir en traînant les pieds (61e), alors que son équipe avait deux buts à remonter. Honteux: il a même refusé de serrer la main d'Ancelotti, pourtant très indulgent avec lui.

A contrario, l'entrée de Drogba (à la mi-temps) a fait du bien, tout comme l'abattement d'un Essien. Ashley Cole fut utile, même si son potentiel offensif pourrait être beaucoup plus exploité. Ramires n'est pas encore un taulier dans ce milieu en perdition, même s'il semble destiné à devenir un joueur de classe internationale. Son expulsion (70e), pénalisante pour son équipe, était amplement évitable.

Au final, dans cette lutte globalement maîtrisée par les Rouges, c'est surtout la classe individuelle qui a tenu les spectateurs en alerte. Typiquement le genre de rencontre où une frappe éclairée, un geste de classe, peuvent changer le cours des événements. C'est ce qui va se produire avec ce joli but de Drogba, immédiatement suivi par l'égalisation orgueilleuse de J.S. Park, le tout en une minute (77e). À l'arrivée, la qualification est totalement méritée pour Ferdinand et ses coéquipiers, qui affronteront vraisemblablement l'outsider Schalke 04 (aux prises avec l'Inter Milan demain, à la Veltins-Arena) au tour suivant.

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