Manchester Utd 2-1 Marseille: Les Red Devils, qualifiés cyniques

Au terme d'une rencontre qu'il a globalement maîtrisé, Manchester United se qualifie sans souffrir pour les quarts de finale de la Champion's League.

Cette affiche défensive démarre mal pour l'OM, qui encaisse rapidement un but d'Hernandez (5e) sur un service précis de Rooney. Et là, on est obligé de se dire que la qualification est déjà jouée. Car un MU qui mène au score dans son théâtre des rêves, c'est souvent fatal, plus particulièrement cette saison (Manchester est invaincu à domicile).

On pressent donc que l'équipe mancunienne va se qualifier, laissant à Marseille les éternels regrets éliminatoires (avec le sempiternel «c'est pas passé loin»). Et c'est bel et bien ce qui s'est passé. Sans les pépins physiques de Rafael, la formation d'Alex Ferguson aurait même pu gérer la fin match de façon plus sereine.

Manchester, sans s'émouvoir

La différence entre le match aller et celui-ci? Le comportement des meneurs. Rooney et Lucho avaient été effacés lors de la précédente opposition, dans une rencontre sans teneur. Ce soir, l'international anglais a été virevoltant, notamment sur ses orientations de jeu. Lucho Gonzalez? Pathétique. Il a joué la peur au ventre toute la soirée et a souvent pris les mauvaises décisions. Indigne d'un champion!

Nani s'était déjà révélé comme l'élément perturbateur à l'aller, il a confirmé cette prédisposition au retour. Il fut ensuite remplacé par un Valencia convaincant, et dont on attend la pleine mesure en cette fin de saison côté anglais. Hernandez alias Chicharito inscrit le doublé à la 75e sur un service de l'inénarrable Ryan Giggs. Deux hommes qui ont livré un match de niveau continental. Ce n'est pas le cas de tout le monde à MU; au cœur de la charnière centrale, Brown ne fut pas rassurant. Tout le contraire du jeune Smalling, qui se bonifie avec le temps (néanmoins, il ne fut pas aussi impérial que contre Arsenal en FA Cup, en particulier dans le domaine aérien).

Un Olympique trop limité

L'OM sera remis dans le bain par un but contre son camp de Wes Brown (82e). Et alors? A-t-on senti le club phocéen capable de renverser l'ogre mancunien? Jamais vraiment. Le problème est que Marseille a basé son jeu sur un gros impact physique et un sens aiguisé des duels. Si une telle philosophie de jeu peut suffire en Ligue 1, ce n'est pas le cas en C1. Techniquement, l'OM a reçu une leçon de football. Et ce n'est pas la «pression» que l'équipe française a infligé à son adversaire en fin de match qui donnera un avis différent. Ça balance, ça se bat et... c'est tout. Une fois encore, l'animation offensive olympienne a été très/trop brouillonne.

Un petit tour d'horizon des joueurs marseillais, pour finir. Le trio défensif Heinze-Diawara-M'Bia s'est montré solide dans la majeure partie des situations, sauf à deux reprises: sur les buts ! Un incessant remake. Taiwo a pour une fois bien verrouillé son côté et s'en tire avec les honneurs, même si ses montées furent insuffisantes. L'un des rares à avoir joué au niveau, avec le très bon A. Ayew et un Cheyrou retrouvé.

Rémy est monté progressivement en puissance, mais il lui a manqué l'organisateur au milieu et les coéquipiers devant. Sur le flanc droit, Fanni a disputé une rencontre sérieuse. Et pour finir, la plaisanterie de la soirée: André-pierre Gignac. Une occasion franche vendangée (9e minute, sur un service magnifique d'Ayew), des gestes patauds et une lenteur exaspérante. Inutile d'être plus exhaustif.

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