Marseille - Bordeaux : (2-1), les Girondins de mal en pis.

Grâce à ses deux buteurs retrouvés, l'OM s'est assez logiquement imposé face à un Bordeaux affligeant. Modeste est l'artilleur girondin.
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Dans ce match de tous les dangers, les deux équipes avaient beaucoup à prouver. On ne va pas revenir sur le manque d'efficacité offensive des Olympiens ou sur l'incapacité chronique du club au scapulaire à jouer un football digne. Malheur au vaincu, donc !

Dans sa compo, Tigana choisit de laisser Maazou et surtout Modeste de côté pour aligner le jeune Diabaté seule en pointe. Wendel est laissé sur le banc et Salif Sané est titularisé. Des choix étonnants de la part du coach girondin. Si on ajoute à cela la quasi-disparition de Chalmé, qui reprend tout juste avec la CFA. Côté marseillais, Gignac est préféré à gauche et c'est donc Brandao qui hérite du centre. Sans surprise, Valbuena est placé sur l'aile droite et André Ayew démarre comme milieu relayeur. Un choix judicieux de la part de Deschamps.

Un Gignac enfin à la hauteur ?

L'opposition démarre bien pour les Bordelais, qui font montre d'envie et sont bien en place en début de rencontre. Pourtant, presque contre le cours du jeu, c'est Gignac qui va profiter d'une erreur défensive et inscrire son tout premier but au Vélodrome. La réalisation n'est certes pas glorieuse, et l'ex-Toulousain a surtout de la chance que le cuir passe entre les jambes de Carrasso, mais c'est déjà ça.

Un second but en 6 mois, ça se fête ! En revanche, quelle attitude déplorable de l'attaquant phocéen pour célébrer son but. Faire signe à ses supporters de se taire quand on sait le rendement qu'il a eu depuis son arrivée...c'est simplement honteux. Félicitons Taiwo sur cette action ; l'arrière latéral a réalisé là l'une de ses rares passes décisives, et d'un centre du pied droit s'il vous plait. Comme quoi, tout arrive !

D'incroyables errements défensifs

Mais comment ne pas blâmer la terrible mésentente entre Ciani et Trémoulinas sur le but ? Les deux ne se parlent pas et laissent le buteur en panne libre de tout marquage, aux six mètres. Le bal des quidams se poursuit avec un but de Brandao juste avant la mi-temps. Et là encore, l'arrière-garde bordelaise est pathétique. Carrasso et Ciani se gênent sur un ballon assez anodin et Valbuena, encore utile hier soir, offre à l'ancien joueur du Shakthar son...premier but de la saison en championnat !

La 2ème période va être révélatrice du Bordeaux cru 2010-2011. Ce n'est que quand ils sont dos au mur que les Girondins développent un semblant de jeu. Ils sont sans arrêt dans la réaction. Les coéquipiers d'Alou Diarra, encore un des rares à sortir la tête de l'eau, vont alors retrouver quelques couleurs. Mais ils vont surtout s'exposer aux contres et Brandao est tout prêt de les punir une troisième fois. C'était sans compter sa maladresse. Il sortira d'ailleurs sous les sifflets.

Et là, on est obligé de se demander si le public du Vélodrome n'est pas un brin injuste. Car on ne relancera pas le débat sur l'attaquant pataud, le joueur au réalisme balbutiant. Mais on sait les services que le joueur a rendu et celui-ci est quand même buteur, quoi que l'on en dise. Et un but en réalité plus compliqué à mettre que celui de Gignac. La réaction marseillaise a été un tantinet ingrate.

Un club à l'agonie

Mais le problème, c'est surtout que Bordeaux avait réduit la marque entre-temps. Le nouvel entrant Modeste signe son 7ème but en transformant un pénalty (son 3ème de la saison) concédé par le déménageur Diawara. Il reste un quart d'heure à jouer, et Bordeaux va maladroitement pousser pour revenir au score. Malheureusement pour eux, ce n'est pas en jouant correctement pendant 10 ou 20 minutes que les résultats seront au rendez-vous. Ça peut permettre de sauver un match de temps en temps (cf. contre Lens, 0-2 puis 2-2), mais pas de terminer européen.

Le match se termine et Bordeaux n'a que ses yeux pour pleurer. Pleurer son football tout d'abord, mystérieusement disparu depuis un an et demi. Pleurer ses bons joueurs de ballons ensuite, qui se font rares. Il n'y a guère que Carrasso, Diarra, Plasil et parfois Fernando pour faire encore sourire le public marine et blanc. Et pour finir, pleurer sa gestion interne catastrophique. Le message de l'entraineur passe mal. Ses relations avec Michel Pavon, son adjoint, sont houleuses. Triaud a beau monter au créneau, le navire vogue en eaux troubles.

Le manitou d'M6 et l'actionnaire principal, Nicolas de Taversot, se montre de plus en plus. Comme pour colmater les brèches. Il estime que le manque à gagner sera de 15 millions cette saison pour l'équipe girondine, et prévient qu'une qualificative en Ligue des Champions est obligatoire à l'issu de l'actuel exercice. Mais comment ce club malade le pourrait-il, en l'état des choses ?

Marseille pas encore prêt

Pour l'OM, la victoire était impérative. La mission a été accomplie. Il n'en demeure pas moins que le jeu olympien n'a pas régalé. La solidité défensive, l'impact physique, paraissent être les seuls attributs de la machine phocéenne. Dans une Ligue 1 serré et amputée peu à peu de ses meilleurs éléments, ça peut suffire. A part Lille, et à un degré moindre le PSG, personne ne possède de fond de jeu attrayant. Allez, peut-être Lorient ! Mais ce n'est pas une formation avec des ambitions affirmées. Plutôt un club qui respecte, sous la houlette de Christian Gourcuff, certains fondamentaux.

Pour exister en Ligue des Champions, l'OM aura avant tout besoin de ses « top players ». Sans un Lucho inspiré, sans un Rémy bon sur la durée, sans au moins un attaquant régulier, Marseille peut vivre un cauchemar face à Manchester United. Rappelons quand même que les Red Devils demeurent invaincus en Coupe d'Europe et en Premier League pour le moment, soit 16 victoires et 11 nuls. Le bilan des Olympiens : 12 victoires, 8 nuls et 6 défaites. Les chiffres ont certes leurs limites, mais Marseille est prévenu.

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