Pologne 0-1 France, les Bleus lentement mais sûrement

Au sortir d'une opposition plutôt plaisante, l'équipe de France s'impose par le plus petit des scores et continue idéalement sa construction.

La première période est agréable à regarder, avec une Pologne joueuse et une France en progrès. Au milieu, le duo Cabaye-Martin apporte enfin les garanties techniques escomptées. Le Sochalien, après cinq premières minutes timorées, se signale par sa disponibilité et sa bonne alternance de jeu. Ses coups de pieds arrêtés sont même bien négociés, chose plutôt rare chez les Bleus. Quant au Bordelais Alou Diarra, il évolue dans son registre favori, à savoir en unique sentinelle devant sa défense.

Renouvelée, l'attaque laisse un peu plus perplexe. Valbuena se distingue par son mouvement et sa bonne volonté, mais il ne brasse au final que de l'air. Sa qualité de centre? Apocalyptique. N'Zogbia participte à l'ouverture du score (12e, tir contré par Jodlowiec dans ses propres buts), mais réalise un premier acte plutôt discret. Concernant Hoarau, le titulaire surprise, le constat est souvent similaire ; son jeu de tête demeure un atout, mais cela sous-entend un schéma qui lui est adapté (joueur en pivot dans un 4-4-2 par exemple, comme à Paris). Ce que l'équipe de France ne peut lui prodiguer.

Pénurie de centreurs?

Dans une rencontre où la Pologne, malgré ses intentions très louables, se révèle impuissante, difficile d'analyser les prestations défensives. Sagna s'est comme à son habitude montré intéressant défensivement, mais effacé dans son apport offensif. À quand un Debuchy en sélection? Les Bleus verraient sans doute la latéral droit le plus habile pour distiller les centres, grande peur du Gunner.

Au sujet des centraux, Abidal est à créditer d'un match plein, avec entre autres quelques interventions salvatrices. Pour le joueur du Barça, ne manque plus qu'à densifier ses prestations micro en bouche. Pour Kaboul, ce fut un match sans histoire (d'autant qu'il n'aura pas subi l'éveil polonais de la dernière demi-heure après sa sortie sur blessure). Idem pour Evra à gauche, qui a sans doute réalisé son match le plus abouti depuis longtemps.

Le problème en seconde mi-temps, c'est la sortie de Cabaye et, à un degré moindre, d'Alou Diarra. Avec M'Vila et Diaby, on retourne au dispositif diabolique des années Domenech, composé de deux 6 athlétiques. Heureusement, la pieuvre d'Arsenal était plutôt dans un bon soir ; malgré un péché d'individualisme parfois, ses double-contacts et son ratissage ont rendu des services.

Malgré tout, une fois la mainmise française moins évidente, la formation de Franciszek Smuda peut s'épanouir. Carrasso repousse la tentative de Lewandowski (75e), avant de faire de même avec la frappe flottante de Murawski (84e). Quand ce n'est pas lui, c'est Hoarau qui ferme la porte (71e, frappe d'Obraniak détournée). Mais le Parisien, s'il est appréciable d'un point de vue défensif, est toujours aussi maladroit (73e, face-à-face perdu avec Szczesny).

Le groupe France, encore en façonnage

La France se dissipe ; entre les ballons joués précipitamment et les essais brouillons de ses attaquants, les Tricolores parviennent néanmoins à maintenir la Pologne sous pression. Malouda effectue une entrée assez réussie et Rémy se démène. Le Marseillais, après un petit numéro dans la surface, est d'ailleurs tout prêt d'offrir un but tout fait à Gameiro, nouvel entrant fantôme (89e). Un manque de lucidité dommageable.

Malgré tout, cette opposition en bois permet un nouveau constat: le milieu de terrain sera le principal chantier de cette équipe. Pas mal de joueurs peuvent prétendre à une place de titulaire et Laurent Blanc aura des difficultés à dégager un corps fixe. Ailleurs, les interrogations sont nettement moins nombreuses. Mis à part au poste d'ailier gauche, où Ribery n'est plus sûr de rien. Heureusement pour le sélectionneur, les dernières sorties, cohérentes et encourageantes, serviront de socle à l'élaboration d'un onze indiscutable. C'est tout le mal qu'on lui souhaite à un an à peine de l'Euro.

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