Réflexions sur France - Serbie (2-0)

Dans l'enceinte rémoise Auguste Delaune, l'équipe de France était ce soir aux prises avec la Serbie. Un duel qui a rapidement basculé en faveur des Bleus.
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On attendait dans l'antre du fameux Reims, inaugurée en 1935 par le président Albert Lebrun, un football champagne de rigueur. Classée au 32ème rang FIFA, la Serbie se frottait aux Tricolores pour la 3ème fois de son histoire, et escomptait du coup sa première victoire (1 nul et 1 défaite, depuis son indépendance).

Pour ce second match de préparation, la France chamboule sa composition précédente avec pas moins de 7 changements. La formation offensive décidée face à l'Islande cède la place à un dispositif apparemment plus prudent, avec notamment la présence d'un pur milieu défensif dans l'entrejeu. Le voici : Lloris - Réveillère, Mexès, Koscielny, Clichy - M'Vila, Cabaye, Malouda - Nasri, Benzema, Ribéry. Exit donc Mandanda, Debuchy, Rami, Evra, Gourcuff (exclu de la liste), Ben Arfa et Ménez.

Un départ en trombe

Après une entame confuse, ponctuée par la blessure et les pleurs de M'Vila, Ribéry cloue son vis à vis sur place et décale Clichy, dont le centre repoussé est repris par le Bavarois (11e). En confiance, l'ailier a proposé un nombre effarant de décalages, n'hésitant à se porter dans l'axe, parfois à droite. Un bijou de frappe de Malouda confirme cet éveil (16e). Deux coups de boutoir qui conforteront les Bleus dans leurs intentions.

Alou Diarra réalise même là l'un de ses meilleurs matchs de la saison, et Koscielny se révèle d'une solidité à toute épreuve. Dans cette défense remaniée où Mexès, seul reconduit, fait figure de clé de voûte, Clichy se montre plus saignant que son prédécesseur Evra. Au contraire, Réveillère fait preuve de plus de discrétion que Debuchy, au profil plus centreur. Un qualificatif qui convient également à Cabaye, plus effacé que d'habitude. À noter la bonne tenue de Nasri, au cœur des débats. Quant à Benzema, sans être transcendant, il démontre sa régularité sous le maillot bleu.

Côté serbe, dans ce 3-4-3 atypique, et malgré des caractéristiques techniques pas minables, force est d'avouer que la construction du jeu est empruntée. Les Aigles Blancs auront beau évoquer les absences du rempart mancunien (Vidic) et du métronome nerazzurri (Stankovic), il faut avouer qu'on pressentait plus de qualités chez eux. Au final, c'est leur gardien Brkic qui régale les supporters (double sortie somptueuse sur Benzema et Malouda à la 40e).

Baisse de rythme

La seconde bataille voit la Serbie revenir avec de meilleures dispositions, et des Français surtout moins tranchants. Avant que la valse des changements n'empêche de dégager une analyse précise de cet après-entracte. Pourtant, les hommes de Mihajlovic, sûrement plus efficace jadis à son poste de défenseur qu'actuellement à celui d'entraîneur, n'inquièteront jamais un Hugo Lloris vigilant.

Au final, l'opposition relativement médiocre et l'apathie progressive des Français ternissent un brin un début convaincant, au cours duquel ils ont développé un jeu rapide et riche en mouvements. L'apport dans l'axe de Malouda soulève également la question d'un éventuel replacement, comme l'excellent copie de Koscielny un possible remplacement de Rami.

Les entrées en jeu? Moins probantes qu'à Valenciennes, avec un Giroud sevré de ballons, dont l'association avec Benzema n'a pas été testée, et un Ben Arfa mauvais dans ses choix. Peut-être Martin et Ménez ont-ils glané quelques points. Matuidi, lui, reste cantonné aux tribunes. Rendez-vous le 5 juin au Mans, contre l'Estonie, pour que les troupes de Laurent Blanc ajustent la mécanique.

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