Schalke 04 - Lyon : (3-0), une défaite et une qualification

Battus aisément par un Schalke enfin convaincant, Les Lyonnais continuent de susciter les interrogations.

Les débats avaient donc lieu dans la sublime antre de Schalke, la Veltins-Arena. Le club allemand, plus encore que Lyon, devait se rassurer. La formation entrainée par Felix Magath traine comme un boulet ses 4 défaites initiales dans l'exercice national, et pointe à une très décevante 15ème place. Les finances ne sont pas non plus au beau fixe, avec un déficit budgétaire s'élevant à 250 millions d'euros.

Schalke 04, ou des débuts catastrophiques

Les arrivées au mercato estival ont également tardé à porter leurs fruits ; Jurado notamment, en provenance de l'Atlético Madrid pour l'étonnante somme de 13 millions d'euros, a subi la vindicte des supporters. L'ex-meilleure défense de Bundesliga s'est aussi vu devenir orpheline de certains de ses éléments importants. Les départs des Westermann, Bordon, Rafinha et Misimovic ont choqué. Les apports d'Escudero, Hoogland, Deac ou encore Hao ont étonné.

Dans ce melting-pot culturel, la sauce a mis longtemps à prendre. Et même si avant ce match les deux recrues stars de l'équipe (Huntelaar, Raùl) semblaient en progrès par rapport aux premières semaines, Schalke 04 était un navire en péril avant cette opposition.

Lyon aussi était en proie aux interrogations ; des débuts de matchs incompréhensibles, un Gourcuff dont le niveau de jeu n'a pas été retrouvé (et qui a surtout coûté la somme rondelette de 22 millions d'euros, sans les bonus accordés), un Lisandro en déficit physique, une infirmerie trop garnie, un Claude Puel contesté...

Dans ce bal des damnés, c'est Schalke 04 qui démarre la rencontre pied au plancher. Le pressing est très bon, et gêne considérablement les Lyonnais. Ceux-ci entament ce duel avec de louables intentions offensives, mais se retrouvent rapidement pris à la gorge défensivement. Les Allemands se projètent rapidement en attaque et font preuve d'une grande complicité entre eux.

Les Allemands, un ton au-dessus

Jurado et Raùl dévient intelligemment les ballons et s'entendent à merveille. Critiqué à juste titre depuis le début de la saison, le jeune milieu de terrain espagnol a été précieux ce soir. Ses qualités techniques sont indéniables. Farfan est, ce n'est plus une surprise, percutant. Uchida a également été l'un des acteurs importants de son équipe ; sa mobilité et ses appuis en font un défenseur difficile à déborder tandis que ses montées et ses dédoublements furent souvent saignants. Schalke s'illustre par de nombreuses pénétrations sur les flancs rhodaniens, mais ne concrétise pas sur ses très nombreux centres.

Côté lyonnais, l'ensemble n'est pas mauvais. Källstrom, préféré à Makoun, est clairvoyant et ses transversales orientent correctement le jeu. Bastos pèse sur l'organisation lyonnaise. Il s'affirme incontestablement comme le meilleur joueur de l'OL. Tout simplement. Briand perturbe l'arrière-garde allemande par ses appels incessants, même s'il est parfois brouillon.

Des carences handicapantes

Malheureusement, Gourcuff se montre bien trop imprécis. Celui par qui les ballons doivent passer est défaillant, et cela pardonne rarement dans une équipe. Il ne faut pas qu'il soit moyen pour que son équipe brille. Il doit jouer juste, et minimiser ses pertes de balle. Aly Cissokho a été d'une fébrilité préjudiciable à un tel niveau. Lisandro Lopez se disperse trop ; il est anormal qu'on le voit à la récupération des ballons, comme ce fut parfois le cas en première période. On comprend qu'après le joueur ait du mal à terminer ses matchs frais.

La charnière centrale est bien trop inconstante. Quand on sent qu'enfin la liaison se fait, un match comme celui de ce soir vient insinuer à nouveau le doute. Farfan, après une frappe contrée de Raùl l'immortel, est libre de tout marquage pour ajuster un Lloris malheureux. La seconde réalisation du renard Huntelaar coule de source elle aussi, les espaces laissés par la défense française lui laissant le temps de crucifier le portier lyonnais une deuxième fois.

Le second acte fut moins emballant, surtout à cause de la gestion du club allemand. L'emprise des Rhodaniens s'accroit, sans que l'on assiste à une réelle domination. L'entrée de Gomis ne sert finalement pas à grand chose. Lent et prévisible, l'attaquant n'a pas le niveau requis pour la C1. Il n'a guère que sa puissance et son jeu aérien (et encore) à faire valoir. Pied et Pjanic, c'est déjà mieux. Mais cela ne suffit pas à guérir un OL disparate. Le troisième but, œuvre d'Huntelaar, clôt une soirée triste pour les Lyonnais. Réveillère défend bien sur le coup, mais le sort veut que le ballon contré du Néerlandais heurte le poteau avant de rentrer dans les buts. 3-0, merci d'être venu !

Une bonne nouvelle : la qualification

Le seul élément positif de la soirée reste la qualification de Lyon, obtenue grâce au surprenant résultat du Benfica (défaite 3-0). La première place est encore jouable, à condition de battre Tel-Aviv et d'assister au faux-pas de Schalke, lors de la dernière journée. Mais au-delà des considérations arithmétiques, c'est plutôt le fond de jeu, ou plutôt son absence, qu'il faut retenir ce soir. Pour passer le printemps européen, il faudra montrer bien plus.

Sur le même sujet