The Filth and The Fury, la naissance des Sex Pistols

Flashback sur l'excellent documentaire du britannique Julien Temple, qui retrace la courte existence du groupe le plus contestataire de tous les temps.

Ce documentaire est donc le rejeton de Julien Temple, réalisateur, scénariste et directeur de photographie britannique. Il fut auteur, entre autres, de The Great Rock'n roll swindle (2000, qui traite avant tout de la manipulation du manager des Sex Pistols, Malcolm McLaren), Pandemonium (2000) ou Joe Strummer : The future is unwritten (2007).

Mais son chef d'œuvre est et restera sans toute l'excellent The Filth and the Fury (L'obscénité et la fureur), produit en 2000. Le film retrace avec brio l'ambiance oppressante de ce Royaume-Uni de la fin des 70's, période de vache maigre pour la classe ouvrière britannique. C'est dans cette précarité que va naître le groupe le plus provocateur de tous les temps : The Sex Pistols.

Sans concessions, les commentaires de Glen Matlock (bassiste éphémère, prétendument exclu du groupe pour son admiration des Beatles), John Lydon (plus connu sous le nom de Johnny Rotten, le chanteur), Paul Cook (batteur) et Steve Jones (guitariste) donnent une extrême légitimité à cet ensemble abrasif. Sid Vicious, le junkie nihiliste inventeur du pogo, apparaît bien entendu dans le film. On y apprend, pour ceux qui ne le savaient pas encore, qu'il intégra le groupe sans savoir jouer de la basse. Grâce à son look négligé, ses épingles à nourrice et ses nombreux excès, le set de Londres va entrer définitivement au panthéon musical et secouer tout le Royaume-Uni.

God save the Queen... she's not an human being !

Le début du groupe ? Un vol après un concert de Bowie, qui leur permet de commencer à jouer des instruments qu'ils n'auraient pas pu acheter autrement. Les témoignages des héros londoniens démontrent bien la mentalité et les motivations du groupe : vivre au jour le jour, semer la discorde et chercher des salles de concert qui veuillent bien les laisser jouer, le tout sans gagner un seul sou.

Un seul disque (Never Mind the Bollock's...here's the Sex Pistols, le 28 octobre 1977), des sorties qui se terminent en émeute, des provocations à la télévision, le port de la croix gammée pour Sid Vicious et Johnny Rotten et surtout, un titre qui a terrifié un pays profondément respectueux envers la famille royale : God Save the Queen ! Toutes ces facéties, ou presque, sont illustrées dans le documentaire de Julien Temple.

Mais comment le réalisateur a-t-il eu l'idée de refaire un brûlot sur des Pistols ? Il l'explique lui-même ; après avoir produit un film dans lequel MacLaren avait les pleins pouvoirs (The Great Rock'n roll swindle, ou La grande arnaque du Rock'n roll), il a estimé qu'il était crucial d'aborder l'autre facette. Il en dit d'ailleurs : « Il était important pour moi de montrer l'autre version de l'histoire, celle des membres du groupes. Les musiciens sont très francs dans ce film et je pense que cette honnêteté fera la différence pour les spectateurs ».

Une pelletée d'images et d'extraits inédits, pour la meilleure réalisation au sujet des natifs de Londres. Les Sex Pistols ne sont peut-être pas le premier groupe de punk rock d'un point de vue chronologique, mais ils sont certainement les premiers à avoir inculqué toute sa subversion au genre. Des pionniers, messieurs dames !

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