The Suicide Machines, ou un ska-punk explosif !

Hommage à un excellent groupe, issu de la scène undergroud du nord-est américain, qui aura martyrisé les foules pendant 15 ans.

Le cauchemar des vieillards démarre en mars 1991 à Detroit, dans le Michigan. Car, soucieux de secouer les bonnes mœurs, The Suicide Machines deviendra l’emblème d’une musique rapide et déjantée. Il faut dire que leur ville natale présente assez peu d’intérêt ; le climat y est glacial en hiver, et chaud et pluvieux pendant l’été. A Détroit, l’industrie automobile est reine (General Motors, Ford, Chrysler) et la population se révèle plutôt pauvre ; plus d’un quart des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, moyenne 2 fois plus élevé que l’estimation nationale.

Qu’est-ce que ces gentils trublions auraient pu faire d’autre que du punk ? Visiter les incomparables sites religieux de la région (église Saint-Anne, cathédrale du Très-Saint-Sacrement, archidiocèse de Detroit...) ? Faire comme les autres jeunes (en majorité Afro-américains) et tenter de devenir rappeurs ? Bosser à la chaine pour un constructeur de voitures ? Très peu pour eux. Jason ‘Jay’ Navarro, Dan Lukacinsky, Jason ‘Jay’ Brake et Stefan Rairigh fondent le groupe à l’aube des 90’s, sous l’impulsion d’une scène locale déjà avérée (The Stooges, MC5, Iggy Pop…). Parmi eux, seuls les deux premiers cités resteront toute la durée de l’aventure.

Un groupe à géométrie variable...

Autrement, The Suicide Machines comptera à sa tête pas moins de 5 batteurs et 4 bassistes différents. On retiendra principalement Derek Grant, qui a martyrisé la caisse claire du line-up de 1993 à 1998, mais qui est aussi connu pour avoir joué avec The Vandals, Face to Face ou encore Alkaline Trio. Le set de Detroit est à l’origine de 8 albums, 2 démos (The Essential Kevorkian, Green World) et 3 EP (Shank for Brains, Live ! Live ! Live !, et The Suicide Machines/potshot).

Leur style si particulier est volontiers catégorisé comme du ska. Pourtant on surprend nos frimousses blondes en compagnie de mélodies hardcore, punk rock et même pop-punk. Ce melting-pot donne un courant que l’on baptise communément « skacore ». Ce dernier regorge de formations plus ou moins reconnues telles que Black Sheep, Against All Authority, Coquettish, Operation Ivy ou The Flatliners (à ne pas confondre avec The Flatiners).

Evidemment, comme tout groupe punk américain qui se respecte, The Suicide Machines a mené une vaste campagne anti-Bush. Il fut également l’un des habitués du Warped Tour, festival de plus en plus critiqué parmi les puristes. On retiendra volontiers la recette du set de Detroit, qui a fait le pari de mélanger un chant pour adolescents pré-pubères à des sonorités beaucoup plus abruptes, tout en conservant une puissance mélodique rarement égalée. Plus on les écoute, plus les compositions des Suicides Machines dévoilent leurs secrets. Instrumental jouissif, refrains effrénés, couplet temporisés, hymnes à l’énergie non-canalisée…au rythme d’un ébat sexuel, le groupe nous rappelle que c’est dans la diversité qu’on étonne le plus !

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