The War on Errorism, le chef d'oeuvre de NOFX

Neuvième disque de la formation californienne, "The war on errorism" reste incontestablement le plus politisé. Et certainement le meilleur.
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Si on devait qualifier NOFX sur la vaste scène pop-punk, on retiendrait surement l'image du père. Véritable source d'inspiration pour des formations comme Blink-182 , et prétendu créateur du courant skate-punk, NOFX est également connu pour sa discographie élaborée. Car si Fat Mike, désormais à la tête de Fat Wreck Chords, et ses acolytes passent volontiers pour de grands trublions sur scène, l'ensemble de leur œuvre est profondément réfléchie.

Presque tous leurs albums possèdent des thématiques qui leur sont propres. Par exemple, « Ribbed » abordait le sexe sous toutes ses formes, tandis que « So Long and Thanks for all the Shoes » traitait du mouvement punk en général. Par la suite, « Heaving Petting Zoo » et « Pump Up the Valuum » parlaient respectivement des libertés individuelles et de la drogue. La groupe n'a d'ailleurs jamais caché son attachement à cette dernière. Plus récemment, Coaster avait pour thème principal les années 70 et leurs mœurs. Et « The War on Errorism » direz-vous ? Il demeure l'opus engagé par excellente. La politique, particulièrement anti-Bush, tient ici le premier rôle.

NOFX, du power pop punk !

Sorti en mai 2003, la galette est la première production à ne plus paraître sur Epitaph mais via le label de Mike (Fat Wreck Chords). Elle critique avec virulence la guerre contre le terrorisme, orchestrée par George W. Bush. Selon le combo californien, l'attitude de l'ancien président a été honteuse. L'intervention irakienne, derrière des raisons apparemment compréhensibles, avait d'autres motifs moins avouables. L'utilisation du terme « errorism » est à ce titre le mélange de « terrorisme » et d' « erreur ». C'est également dans cet album qu'est né le tout premier clip du set américain. L'heureuse-élue n'est autre que la célébrissime chanson « Franco-Un American ».

Mais outre cet engagement inhabituel, force est de remarquer que les expérimentations musicales sont légions. En plus des sonorités punk traditionnelles, NOFX s'est offert le luxe d'ajouter des instruments plus curieux. On peut par exemple entendre un xylophone sur « Mattersville » (6) ou un synthé accompagnant un saxophone sur « Anarchy Camp » (9). Quand à El Jefe, le membre le plus récent du groupe, sa trompette est un véritable enchantement ( « Medio-core » et « 13 Stiches », respectivement les pistes 8 et 12). Et elle ne détonne curieusement pas avec le kit du rocker classique (basse, guitare, batterie). Quant aux chants si particuliers de Fat Mike (quelques fois épaulé par El Jefe), ils n'ont rien perdu de leur saveur. Toujours à la limite du faux, le gros bonhomme nous ravit au fur et à mesure que les tounes défilent.

Au final, mélangeant l'aspect le plus rugueux du punk rock basique aux sons plus suaves du skate-punk, en passant par les mélodies endiablées et dignes des meilleures formation de power pop-punk, « The War on Errorism » est une entière réussite. En s'adonnant à de nouveaux horizons musicaux, NOFX aurait pu compromettre son identité. Cela ne fut absolument pas le cas. Nos joyeux drilles ont même arboré un visage plus engagé, sans pour autant perdre leur crédibilité. Ce n'était pas gagné au départ. Chapeau !

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