Ukraine 1-4 France, un feu d'artifice en trompe-l'œil

Après un premier acte affligeant, les Bleus s'imposent largement face à une Ukraine qui aura bâclé sa fin de rencontre (1-4).

Que retenir d'un match amical contre l'Ukraine, qui plus est face à une équipe démobilisée? Pas grand-chose, me direz-vous. Pourtant, cette victoire, la plus large de l'ère Blanc, tombe à pic. En manque d'imagination, au sortir d'une opposition décevante contre la Biélorussie, ce succès aisé intervient au moment idéal.

Pourtant, peu auraient misé sur un tel score au vu de l'exécrable première période. Deux occasions à se mettre sous la dents; un tir trop croisé de Gusev pour les locaux (42e) et une frappe en pivot de Gameiro (45e+1) détournée par Pyatov. Le France est gênée par le pressing haut des Ukrainiens, mais surtout pénalisée par son manque de motivation et d'automatismes.

Le doute...

Après l'entracte, on a d'abord eu l'impression de revenir à l'ère «Domenechienne». Ce sentiment s'accroît lorsque le taulier Timoschuk crucifie Mandanda d'une frappe flottante. Dans les buts, l'homme qui ne connaissait pas Oleg Blokhine (Ballon d'Or 1975) commet une terrible erreur d'appréciation. Celle-ci, du moins dans un avenir proche, le condamne à un statut de remplaçant.

La défense? Peu de choses à évoquer, sinon le fait que les Bleus, face à une faible formation ukrainienne, encaissent encore un but. Depuis que la charnière centrale ne se compose plus de Rami et de Méxès, cette équipe redevient friable. Ce soir, Kaboul et surtout Sakho n'ont pas dégagé la sérénité escomptée. Côté latéraux, Réveillère et Evra étaient déjà plus expérimentés, et cela s'est ressenti au travers de leurs prestations. Pourtant, leur apport offensif est largement perfectible, particulièrement de la part du Mancunien.

... puis la satisfaction

Au milieu, Cabaye a aéré le jeu. Il est la touche technique qui manque à un entrejeu habituellement rustre (Diarra, Diaby, M'Vila, Matuidi...). Joueur polyvalent, sa large palette mérite d'être revue. Devant, Gameiro s'est montré le plus convaincant. Concernant Rémy et Menez, leurs chances s'épuisent. Nous avons affaire là à deux joueurs de talent mais qui, autant en sélection qu'en club, se révèlent trop irréguliers. Pour le Romain, on évoquera des problèmes comportementaux.

Ce n'est pas l'égalisation du Lorientais Gameiro (d'une frappe puissante à la 57e) qui a dynamité l'arrière-garde zhovto-blakytni (jaune et blanc), mais principalement l'entrée de Martin. Un Benzema classieux et un Ribery mobile avaient auparavant insufflé quelques pulsions créatrices à cette équipe, et le Sochalien s'est chargé de clarifier cet élan.

Face à une Ukraine désintéressée, son mouvement et sa finesse technique ont fait très mal. C'est lui qui donne l'avantage aux Tricolores d'un tir-laser à la 87e minute. Sur corner, il offre ensuite un but tout fait à Kaboul (89e), qui score lui aussi à l'occasion de sa première sélection. Pyatov, abandonné par ses défenseurs, se fait fusiller aux six mètres. Le meilleur passeur de Ligue 1 (17 unités) y va même de son doublé en étrillant astucieusement le portier du Shakhtar Donetsk dans les arrêts de jeu (90e+1).

Peu de conclusions

Et voilà comment, dans un match apparemment lancinant, l'équipe de France s'est imposé 4 buts à 1. Pourtant, peu d'enseignements à tirer de cette apparente promenade de santé. Dans une rencontre sans enjeu, qui plus est avec la possibilité d'effectuer 6 changements et avec une équipe bis au coup d'envoi, difficile de s'extasier. Blanc peut simplement espérer que les quelques éléments positifs observés lors cette soirée ukrainienne favoriseront une saine concurrence interne, alimenteront la confiance et permettront une vie de groupe intéressante. Prochaines indications face à la Pologne, le 9 juin.

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