A la manière des vendangeurs du passé

Les Amis du Mesnil, dans la Marne, ont donné un aperçu des vendanges d'autrefois. Un cheval, une carriole, des costumes et du raisin pour une longue marche

«Hue mon gamin ! Plus haut !». Les encouragements de son propriétaire ont permis à Niels, l’étalon de race Brabançonne, de rallier Le Mesnil sur Oger à Cramant. Non sans difficulté, car sous un soleil de plomb, le brave cheval a eu du mal à tirer la carriole chargée de raisins. Et que dire des courageux marcheurs de l’association Les Amis du Mesnil, qui ont eux aussi parcouru le trajet, en costume traditionnel champenois.

Vendanges et défilé

Le 3 septembre vers 7 h 30, une douzaine de membres s’était donnée rendez-vous pour vendanger 5 ares. Deux heures plus tard, en comptant une pause casse-croute, la première partie de la journée tirait à sa fin.

Ils ont alors rejoint des amis au Mesnil, au siège du champagne Baradon-Michaudet afin de revêtir des tenues du temps jadis et préparer Niels pour son périple. A noter que Jany Michaudet est la présidente de l’association. «Il s’agit de la deuxième édition de cette petite manifestation festive rappelant les méthodes du passé», explique-t-elle. «L’an dernier, nous nous étions contentés d’aller à Oger.»

Après avoir reçu la visite de ses amis de la Garde Républicaine (la prestigieuse formation sillone les vignes à cheval durant la période des vendanges), Niels s’est donc mis en route vers 10 h 45 pour sa Longue Marche à destination de la coopérative de Cramant, une route agrémentée de belles côtes.

Il a bien fallu le savoir-faire et la patience de Mathieu Michaudet, le conducteur de l’attelage pour maintenir le rythme entre 5 et 6 km/h.

Pas le moindre nuage pour venir adoucir les efforts des marcheurs. Dès le départ de l’exploitation, le jeune Victor avait pris place au côté des raisins, Il fut rejoint à mi chemin par une petite fille qui en avait ras la coiffe de gambader...

En pleine chaleur

Les spectateurs du défilé ont pu noter des styles différents parmi les marcheurs. Certains restant juste derrière l’attelage, d’autres se laissant distancer et recollant au peloton au profit d’une descente.

Si les dures côtes entre Oger, Avize et Cramant ont donné du fil à retordre à tout le monde, de fréquents ravitaillements en eau avaient été prévus, tandis que les grappes dans les paniers perdaient leur jus sur le goudron brûlant.

Après un peu plus d’une heure d’efforts, hommes et bête, trempés de sueur, ont goûté à l’accueil sympathique et bien mérité de la coopérative de Cramant. Chaque personne présente dans les locaux a voulu saluer ce défi vigneron et poser en compagnie de Niels. Un moment de dégustation privilégié pour le champagne de ce terroir !

«Ce cheval de 4 ans a déjà été entraîné par mon père», explique Mathieu Michaudet, fier de son étalon. «Avant, il était d’avantage destiné à des travaux de ferme, mais à présent, je vais le consacrer aux tâches dans les vignes.»

Une fois rafraîchi, tout ce petit monde a repris le chemin du retour afin de rejoindre vers 13 h 30 les locaux de l’UPR (union des propriétaires récoltants) et les Gardes Républicains pour une petite réception arrosée de champagne blanc de blancs.

Gageons que les différents chevaux, bien installés au frais, ont dû se raconter leurs histoires au service des vendanges !

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