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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Bienvenue au Bollenberg !

Le Clos Sainte-Apolline, un domaine au cœur du vignoble alsacien, offre bien des raisons d'aller le découvrir.

Entre Colmar et Mulhouse, dans le secteur de Rouffach, la température sur les hauteurs du Bollenberg, lors de la matinée hivernale du 13 décembre 2012, avoisinait les moins dix degrés. Elle était donc largement favorable à une récolte de raisins destinés à produire du vin de glace. Une opération réalisée par certains avec un transport des grappes à dos d’âne. Une tradition viticole qui offre des productions parmi les plus particulières du terroir alsacien.

Domaine de famille

C’était là le dernier acte pour la période des vendanges du Clos Sainte-Apolline. La famille Meyer s’appuie désormais sur un vignoble de 25 ha afin de développer des vins harmonieux et flatteurs, et disposer d’une large palette de cuvées. Ainsi, les différents crus couvrent un marché où il y en a pour toutes les papilles. «Nous avons toujours privilégié ce travail dans le sens du goût, tout en sachant qu’il existe des cycles faisant osciller les tendances entre vins secs et vins plus sucrés.», explique Antoine Meyer.

Depuis 1887, les générations se sont succédées à la tête de l’exploitation, chacun apportant sa pierre à l’édifice. En 2010, Antoine Meyer a transmis le flambeau de vigneron-récoltant à ses enfants et ses neveu et nièce. Les parents prêtent toujours main forte lors des salons et des foires, mais le domaine vinification appartient bel et bien aux enfants. Un travail en parfaite complémentarité puisque neveu et nièce ont opté pour la gestion de l’auberge qui agrémente le site du Bollenberg.

Le Clos Sainte-Apolline situé à proximité de l’actuelle «chapelle des sorcières», produit un grand vin à la réputation établie depuis de nombreuses années en Alsace. Un succès dû pour partie au terrain calcaire du Bollenberg, ainsi qu’au micro climat de type méditerranéen. Cela confère au vin de ce terroir pierreux un bouquet spécifique. Il ne faut pas oublier le savoir-faire et la maîtrise des hommes, alliés à la disposition des caves qui garantissent au vin le soin nécessaire et la température de garde idéale.

On retrouve dans la gamme les grands cépages du terroir alsaciens déclinés au minimum à travers trois cuvées (Tradition, Vieilles vignes, Prestige).

Noblesse et qualité

La famille Meyer se plait, lorsque les années en offrent le potentiel, à produire des cuvées en vendanges tardives et sélections de grains nobles. Rappelons que les vendanges tardives sont issues de raisins cueillis fin novembre et même début décembre, dorés et affinés par la pourriture noble. Elles expriment la quintessence des vins d’Alsace.

En ce qui concerne les sélections de grains nobles, elle ne peuvent être obtenues que lorsqu’une proportion importante de baies est atteinte par la pourriture noble. Cette étape primordiale dépend de facteurs très spécifiques comme le terroir, de vieilles vignes à faible rendement, une température clémente et un ensoleillement maximum. Précisons que ces cuvées sont jalousement conservées par le maître de chai jusqu’à une parfaite maturité…

Parallèlement au domaine viticole, Antoine Meyer a mené de front sa passion pour la distillation d’eaux-de-vie. «Avec le temps, c’est devenu une véritable activité secondaire. Dans ce domaine de production, je me place en troisième position de par l’éventail des variétés proposées. En outre, il est rare de trouver des eaux-de-vie à 50°. Je me suis spécialisé dans les alcools de fleurs. La plus vendue est le «bouillon blanc» (appelé aussi molène ou oreilles de loup), c’est mon cheval de bataille, car cela me rappelle des souvenirs d’enfance en compagnie de ma grand-mère.»

La distillation n’est que le couronnement d’une cueillette soignée avec élimination de tous les fruits tarés, voire même du petit pédoncule de certaines baies, comme les alises, qui donneraient de l’amertume à l’eau-de-vie, et que le palais du connaisseur détecterait. Dans les fûts bien propres qui doivent toujours rester plein, les fruits fermentent lentement, en attendant l’hiver et l’arrivée de l’alambic. Après, il n’y aura plus qu’à attendre la fin d’un repas pour terminer par un bon Schnaps !

- Domaine du Bollenberg. 68250 Westhalten-Bollenberg. Tél. 03 89 49 67 10.

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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