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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Le champagne Vignier-Lebrun, partenaire du GIGN

A sa manière, la maison de Cramant fait désormais partie de l'unité du GIGN. Une première cuvée marquée par la droiture, une autre par la force.

Depuis 2008, la maison Vignier-Lebrun de Cramant est devenue fournisseur de la prestigieuse unité du GIGN.

«A notre grande surprise, nous avons un jour reçu un appel téléphonique de l’unité nous informant que nous figurions parmi les cinq vignerons sélectionnés en vue de produire des cuvées aux couleurs du GIGN.», raconte Nathalie Vignier. «Certainement que des membres du groupe étaient passés auparavant afin de prendre des échantillons. Toujours est-il qu’un représentant de l’unité est ensuite venu passer une journée entière sur l’exploitation.»

Binôme

Ce fut un client peu ordinaire, car il ne buvait pas d’alcool. Il a en revanche posé bon nombre de questions afin de découvrir au mieux le producteur de Cramant. Stock, qualité, continuité et réactivité ont été ses centres d’intérêt. Il a beaucoup discuté avec le personnel en visitant à la fois les vignes et le site de production.

«Il est vrai que je ne consomme jamais d’alcool», explique Olivier, membre du GIGN. «Le courant est rapidement passé avec Nathalie Vignier qui par la suite a accepté de venir organiser une dégustation à notre siège de Satory. Le groupe a également apprécié son dynamisme, et elle a été capable de comprendre nos besoins. Ce qui est amusant, c’est que désormais nous avons l’habitude de travailler en binôme sur un même mode de fonctionnement. Nous avons par exemple des idées toutes les 30 secondes !?Si bien entendu les saveurs de ses cuvées ont su séduire l‘ensemble des dégustateurs, sa personnalité, et l’esprit de famille de la maison Vignier-Lebrun ont fait le reste ».

Dans un premier temps, Nathalie Vignier avait conçu une caisse de six habillages différents pour que le groupe puisse décider. Quatre étiquettes reprenant les thématiques des quatre forces du GIGN : appui opérationnel, sécurité protection, observation recherche, et intervention.

«La formation est clôturée par le tir très particulier entre deux membres qui forment un binôme», commente Nathalie. «Chacun porte un gilet pare-balle avec par-dessus un plateau d’argile en guise de plastron, puis il y a un tir à balle réelle, il s’agit là d’un véritable acte de confiance. C’est pourquoi la 5e étiquette reprend la mention symbolique de Tir de confiance.»

Enfin, pour signifier la remise de brevet, figure sur le sixième habillage l’expression «Engagement pour la vie.»

A Satory

Lors de la dégustation devant une cinquantaine de personnes, assistée de son confrère Jean-Marc Boucher, œnologue et formateur, Nathalie Vignier a proposé un brut sans année et d’autres champagnes plus matures.

«J’étais très impressionnée, mais tout le monde a fait preuve d’une grande simplicité. Le choix des membres de l’unité s’est porté sur un grand cru, un vin minéral et droit, une cuvée à la fois puissante et pleine de finesse avec des arômes de fruits blancs et des notes subtiles de caramel.?Mais ils ont aussi beaucoup apprécié le millésime 2000, ce qui a donc débouché sur une seconde série limitée de six habillages (les trois maximes du GIGN, et trois déclinaisons autour du MR73, l’arme qui correspond à l’image du groupe).» Cette seconde cuvée est plus marquée par la force, avec des arômes grillés.

Désormais, la maison Vignier-Lebrun représente l’image du GIGN à travers le monde, car en dehors des périodes de fêtes, le roi de vins accompagne régulièrement l’unité. «Le créateur du GIGN a eu la volonté que tous nos événements heureux soient célébrés au champagne», souligne Olivier.

Ainsi, lorsque le groupe assure des formations à l’étranger, quelques bouteilles de la côte des blancs sont régulièrement du voyage.

Engagement

Pour compléter la gamme des séries limitées GIGN, Nathalie Vignier a créé un coffret avec une bouteille cagoulée où apparait le regard de l’un des membres du GIGN. Entourée de sa mère Marie-Paule et de son frère Jean, elle a su relever le défi proposé par l’unité.

«Notre exploitation comptent 16,5 ha plantés en chardonnay, principalement sur le sézannais (et 5 ha à Cramant). La maison a été fondée par Henri Lebrun, mais c’est mon grand-père, Paul, qui a su développer les ventes. Bien qu’il n’était pas à la base dans la profession, mon père, Jean Vignier, a su poursuivre. Pour ma part, j’ai voulu garder le style mis en place par mon grand-père. Depuis 40 ans, certains clients sont fidèles à l’image du champagne Paul-Lebrun, et pourtant nous sommes une maison discrète.»

Nathalie a eu la volonté de s’impliquer dans la production du champagne. On peut dire qu’elle fait le vin ! «C’est un aspect qui m’a vraiment attiré. En outre, c’est plus simple de parler d’un produit quand on le fait.?Les vignerons sont un peu des gens de l’ombre qui réalisent leur travail avec un soucis d‘excellence, on peut y voir une similitude avec les hommes du GIGN…»

A noter qu’en plus de toutes ses responsabilités, Nathalie trouve également le temps d’être formatrice, notamment au CFPPA d’Avize. Un engagement total au service du champagne qui va de paire il est vrai avec celui du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale.

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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