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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Le génie du Club en bouteilles

La traditionnelle dégustation des vins clairs du Club Trésors de Champagne avait cette année pour thème l'assemblage de la cuvée Spécial Club 2012.

Il y avait bien des Trésors en devenir dans les échantillons de vins clairs présentés le 15 mars 2013 dans les locaux du SGV. Le Club Trésors de Champagne, avec à sa tête Chantale Bara, faisait son grand spectacle aromatique à travers 20 échantillons de toute la zone d’appellation de la Champagne.

«En premier lieu, je suis heureuse d’accueillir notre 27e membre, le champagne Mouzon-Leroux et Fils, de Verzy !», lançait en préambule la présidente, avant de dresser un rapide bilan de la saison 2012. «Durant l’année dernière, les vignes ont tout eu, sauf le botrytis. Un miracle qui a permis d’obtenir de beaux raisins. Avec du soleil (un peu…) lors des vendanges, les grappes ont été de qualité.»

A travers les terroirs

Michel Benoît prit le relais afin de définir le déroulement de la dégustation des vins clairs du millésime 2012, avec une répartition en 6 lots : blanc de blancs, pinot noir, pinot meunier, assemblages de la grande montagne de Reims, assemblages de la montagne de Reims, et des champagnes atypiques. La parade pouvait alors débuter !

Si l’exercice se pratiquait à l’aveugle, à l’issue des séries, chaque producteur prenait néanmoins la parole afin de revenir en détail sur son échantillon pour en commenter l’élaboration.

Dès l’entrée en matière, les dégustateurs ont été séduits par l’ampleur du vin issu de 4 parcelles de Chouilly, plantées en vignes de 40 ans, présenté par la maison Champion.

Toujours du même village, l’échantillon de Jean-Pierre Vazart s’est montré plus discret aux papilles des habitués du goût Vazart-Coquart. Quant aux deux vins clairs suivants, ils provenaient de Cuis, champagne Pierre Gimonnet. Le premier projet (60% Cramant, 30% Chouilly, 10% Cuis) est prévu pour devenir l’assemblage Club 2012, quant au second, il s’agit d’un vin atypique puissant et plein de matière, provenant de 4 parcelles situées à Oger.

Place au pinot noir. Etonnement à l’œil avec le champagne Sanchez, de Cumières, dont l’échantillon présente une robe «œil de perdrix». Un vin fruité provenant d’une seule parcelle enherbée (clos Saint- Hélène). Puis direction Verzy pour le travail en biodynamie de la maison Mouzon-Leroux, avant de goûter à l’échantillon du champagne Rémy Massin de Ville-sur-Arce dans le vignoble de l’Aube.

Dans les cuvées très particulières issues de pinot meunier, le champagne Joseph Loriot-Pagel refléte bien son terroir de Festigny, en pleine vallée du Flagot. Les papilles saluèrent comme il se doit le vin clair de la maison Salmon, située à Chaumuzy. Un échantillon provenant de vignes de 30 ans, et représentant avec gourmandise la vallée de l’Ardre. Enfin, Cédric Moussé avait apporté de son village de Cuisle un vin issu de trois parcelles, dont deux de haut de coteaux.

Remarquable J. Lassalle

Les assemblages du terroir de la grande montagne de Reims débutèrent par l’exploitation Paul Bara de Bouzy, un vin réalisé sans fermentation malolactique, à base de 65 % de pinot noir, et 35% de chardonnay (vignes de 50 ans). Une belle recherche de la finesse ! Le champagne Henri Goutorbe présenta un vin d’Aÿ, bien dans son style caractéristique. Basée à Mareuil-sur-Aÿ, la maison Hébrart proposa un assemblage de 60% pinot noir d’Aÿ, et de 40% chardonnay de Chouilly.

Equilibre pour le premier échantillon de la montagne de Reims avec Forget-Chemin de Ludes et son vin 50% chardonnay, 50% pinot noir. Moment de séduction lors de la dégustation de l’échantillon du champagne J. Lassalle (Chigny-les-Roses) élaboré avec 60% de chardonnay (vignes de 35 à 40 ans) et 40% de pinot noir. Une cuvée non filtrée du plus bel effet !

Les terroirs de Verzy et Bisseuil entrent dans la composition de l’échantillon de la maison Fresnet-Juillet, pour un bel accord. On revint enfin sur le secteur de Chigny-les-Roses avec le champagne Dumenil.

Il restait pour la fin de la matinée à découvrir 3 vins clairs atypiques, et pour commencer un «melting pot» des 3 cépages avec la maison Nominé-Renard, implantée à Villevenard. Plus spécifiquement, la part de chardonnay provient des terroirs d’Etoges (pour la minéralité), Villevenard, et Allemand (pour le fruit). Un résultat parfaitement séduisant.

Vignes labourées pour un assemblage de 2 cépages (60% chardonnay, 40% pinot meunier) issus du vignobles de Moussy, ont participé à la production du vin clair de José Michel.

Et enfin, retour à Cuisle, chez Cédric Moussé, avec un rosé de saignée 100% pinot meunier. Le vigneron a sélectionné une vieille vigne pour cette cuvée, dont la fermentation alcoolique a été réalisée en barrique, et dont la fermentation malolactique est bloquée.

Voilà qui clôtura le tour d’horizon à travers la richesse et la diversité des terroirs et qui donna un aperçu des caractéristiques de la vendange 2012.

Bienvenue chez Cédric Moussé !

Le jeune vigneron de Cuisle a reçu les membres du Club Trésors de Champagne en fin d’après-midi pour leur faire découvrir les secrets de son exploitation.

Après des études concernant un bâtiment en bois, la solution d’un édifice en préfabriqué s’est imposée à Cédric Moussé pour la construction de ses installations. Un sorte de grand Légo élaboré par une entreprise belge. Il n’a fallu que 20 jours de travail aux 4 ouvriers afin de réaliser le bâtiment dont la surface au sol est de 1050 m2.

«Lors du creusement réalisé pour le bâtiment, nous avons trouvé une source, qui s’est avérée fort utile dans l’utilisation au quotidien», précise Cédric Moussé.

Le toit du vendangeoir abrite 400 m2 de panneaux photovoltaïques, et si la revente de l’énergie se fait obligatoirement à EDF, elle permet une large compensation. «En fait, nous produisons plus que nous consommons. Le dispositif du toit se complète de panneau thermiques et de Velux qui constituent un puits de lumière.»

Lorsque l’on pénètre dans le bâtiment, on voit rapidement que tout est sur place, et que les pièces ont été conçues avec un souci d’efficacité. Une organisation rationnelle au service du vin ! «C’est étudié pour le meilleur confort de travail possible, avec des principes de simplicité.»

La cave est semi enterrée, et non climatisée. La régulation de la température se fait à l’aide d’un «puits provençal.» Il s’agit d’un échangeur air-sol (également connu également sous le nom de puits canadien) géothermique à très basse énergie utilisé pour rafraîchir ou réchauffer l’air ventilé dans un bâtiment.

La visite se termina par une somptueuse dégustation de millésimes depuis l’année 2000.

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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