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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Pascal Hénin : le fruit des générations

Certaines vignes ont exactement l'âge du récoltant-manipulant d'Aÿ, et produisent une cuvée plébiscitée autant par les consommateurs que les professionnels.

Une petite cabane perdue dans un océan de vignes sur le secteur de Cerseuil, voilà une manière de débuter une belle histoire de famille et de tradition viticole. C’est pourquoi, un magnifique cliché agrémente la salle de dégustation de l’exploitation de Pascal Hénin à Aÿ.

«Il s’agit de la cabane de l’arrière grand-père de mon épouse. Il avait l’habitude de se reposer dans cet abris quand il travaillait les vignes», explique le producteur. Deux familles de vignerons unies pour le meilleur !

Savoir-faire

La propriété agéenne a vu le jour dans les années 70 sous l’impulsion de Charles Hénin, le père de l’actuel dirigeant de l’exploitation.

«Nous nous sommes installés avec mon épouse en 1994, et nous exploitons désormais 7,5 hectares. Chez Pascal Hénin, chacun à son rôle de prédilection. Lui se charge de la partie technique et viticole, tandis que sa femme dirige l’aspect commerciale.

Le vignoble est réparti entre Aÿ, Chouilly, Dizy et Cerseuil. «Il y a une particularité originale», souligne Delphine Hénin, «c’est que notre cuvée blanc de blancs est issue de vignes de Chouilly qui ont le même âge que Pascal !» A la fois reconnue par les professionnels, les guides et les consommateurs, les ventes de cette cuvée ont sensiblement progressé, ce qui a provoqué une augmentation du tirage.

Pourtant, sur l’ensemble de l’exploitation, le pinot meunier représente le cépage majoritaire (entre 25 et 30%). Il n’est toute fois utilisé qu’en assemblage.

Le savoir-faire de Pascal Hénin s’exprime à la fois sur sa cuvée blanc de blancs, mais également sur le rosé de macération (la peau du raisin restée en contact avec le jus plusieurs jours colore naturellement le moût). Il s’agit d’un assemblage de pinot noir d’Aÿ et de chardonnay marqué par les arômes de fruits rouges. «C’est la seule cuvée pour laquelle nous ne réalisons pas de fermentation malolactique afin de préserver la couleur.», précise le récoltant-manipulant.

Il convient également de citer un vrai champagne de caractère, le brut Prestige (65% pinot noir et 35% chardonnay) dont les bouteilles sont remuées à la main.

Pistes d’avenir

Après avoir été confronte à de gros soucis de place, Pascal Hénin a décidé en 2007 d’agrandir ses locaux et de se moderniser. Une vaste salle de dégustation a ainsi vu le jour permettant l’accueil des nombreux dégustateurs, dont un tiers de Belges.

Si Pascal n’apprécie guère les champagnes trop vineux, il n’en est pas de même pour son premier fils Romain, qui après des études au lycée viticole d’Avize, œuvre désormais au sein de la maison Giraud. Il continue à se former tout en apportant dès que possible son soutien à l’exploitation de ses parents en compagnie de son frère Thomas. «Nous avons commencer à garder plus de cuvées, afin de connaître leur évolution dans le temps. Pour l’avenir, je suis également tenté par le travail du vin en fûts,» explique le jeune homme à la bonne humeur communicative.

D’ailleurs, le fils ne rate jamais l’occasion de déguster quelques anciens flacons avec son père qui, à son grand étonnement, note la fraîcheur de ses champagnes, à l’image de la cuvée du Millénaire issue des années 95-96. Un vin à l’aspect vieil or, au nez beurré et à la fin de bouche grasse rehaussée d’une belle acidité. Une des nombreuses pistes pour l’avenir de la maison Hénin…

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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