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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Sous le champagne, la mer !

Avec Patrice Legrand et sa Cave aux Coquillages, on peut mieux visualiser le terroir de la vallée de la Marne.

«L’oeno-géologie permet d’expliquer la relation entre le sol, le sous-sol et la vigne, en comprenant le terroir et les minéraux apportés à la plante. Le tout s’accompagne d’une expérience pour appréhender la minéralité dans le vin», explique Anne Legrand.

C’est en 2009, qu’elle et son mari Patrice ont lancé à Fleury-la-Rivière, la Cave aux Coquillages, un site fossilifère de premier ordre datant du Lutétien. Une manière très parlante d’aborder la typicité de la Vallée de la Marne et sa très lointaine histoire, qui sont autant d’éléments qui ont une incidence sur le champagne. Cela permet également de démontrer que l’on peut trouver autre chose que des bouteilles dans les caves de la région…

Autodidacte

Auparavant, les visites s’effectuaient un peu au hasard, au coup par coup, afin de partager la passion de Patrice Legrand pour la paléontologie. Sur un plan pratique et théorique, son épouse le définit comme un homme de terrain qui a abordé de manière autodidacte cette science.

«Patrice est un viticulteur avant tout. Pendant longtemps, il a mené de front le travail de ses 4 ha de vignes et les fouilles sur le site des fossiles. Notre fils Thibault travaille désormais avec nous sur l’exploitation, ce qui laisse d’avantage de temps à mon mari», poursuit Anne Legrand.

Pour le concept de la Cave aux Coquillages, Patrice a mené le projet selon ses propres idées. Dans un premier temps il a fallu creuser les galeries, puis effectuer une mise aux normes d’accessibilité pour le public, et concevoir les modes de présentations. A noter que le site est sans cesse en cours d’aménagement. Il s’agit d’une perpétuelle évolution rythmée par les découvertes lors des fouilles qui se poursuivent. Rien n’est figé.

Les présentations sont effectuées en milieu souterrain, entre 8 et 10 mètres de profondeur, à partir d’anciennes caves reliées par une galerie, où des niches ont été spécialement aménagées..

Le parcours mesure 200 mètres de long et permet de se rendre compte que la région était recouverte par une mer tropicale, il y a 45 millions d’années. Les visiteurs se familiarise avec l’ancienne faune sous-marine, dont le «campanile giganteum», un gastéropode géant qui atteignait entre 40 et 60 cm.

Plaisir du partage

Dans ce secteur de la vallée de la Marne, les coquilles des différents animaux ont été bien conservées, à tel point que certaines ont gardé en partie leur teinte originelle.

Outre des espèces de coquillages, Patrice Legrand a aussi mis à jour des oursins, des coraux, des restes de vertébrés comme le requin ou la raie.

Le viticulteur propose également des ateliers et des stages afin de découvrir ce patrimoine préhistorique, durant lesquels il prend un large plaisir à partager ses trouvailles et les choses exceptionnelles qui se cachent sous les coteaux principalement plantés de pinot meunier.

Le visiteur se prend au jeu de la recherche en adoptant les meilleures techniques pour mettre à jour des spécimens. Il appréhende les moyens de prélever dans les meilleures conditions : traitement des sables, tamisage puis triage (pour trouver toute une diversité d’espèces parfois très petites à l’œil nu).

Il y a aussi la préparation des fossiles avec de petits instruments, qu’ils soient complètement sortis de la gangue ou présentés en ensemble sur bloc. Bref, on apprend à dégager les fossiles grâce aux conseils avisés du viticulteur passionné par son sous-sol.

Et une fois les méticuleux exercices accomplis dans les sables calcaires, il est permis d’en juger l’influence sur les 4 cuvées de la gamme…

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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