user_images/252928_fr__dsc2569.jpg

ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

Tout le Mesnil-sur-Oger dans des flacons

La septième rencontre autour des vins clairs du Mesnil-sur-Oger a révélé quelques merveilles du millésime 2012. Echantillons, dégustation, délocalisation.

Le lundi 11 février 2013, de 10 heures à midi, la 7e dégustation des vins clairs du terroir du Mesnil a pour une fois été «délocalisée» à Vertus. Inutile d’hurler à l’hérésie, ou de penser que les vignerons ont fini par marcher sur la tête, car sans mettre à mal leur fierté lié à l’esprit de leur commune, pour cette visite chez leurs proches voisins, il régnaient bien une forte saveur spécifique au Mesnil-sur-Oger.

Tout d’abord, la manifestation se déroulait dans les locaux du champagne André Jacquart, personnage qui est toujours maire honoraire du Mesnil, et un grand défenseur du blanc de blancs de ce célèbre village vigneron. Une vingtaine de professionnels avaient répondu à ce rendez-vous et parmi eux Sandrine Logette, la chef de cave de la maison Duval-Leroy (implantée à Vertus) qui n’a pas manqué de présenter des vins clairs en provenance de vignes du Mesnil.

Ainsi, à la manière de la Grande Boucle cycliste qui se permet des excursions dans des pays aux frontières de l’Hexagone, les organisateurs de cette dégustation n’ont pas trahi ni renié leur beau village et son clocher en se déplaçant !

Valorisation du terroir

François Péters, président de la confrérie des Chevaliers de l’Arc se plait toujours à rappeler que «déguster les vins clairs des confrères est toujours un évènement intéressant qui ouvre des perspectives. Noter qu’avec un même terroir, les producteurs du Mesnil peuvent élaborer de nombreuses cuvées toutes différentes offre une belle illustration du savoir-faire de chacun. Nous réunissons autour d’une même table les récoltants-manipulant, les coopérateurs et les représentants des maisons de champagne du secteur, dans un même intérêt, la valorisation de notre terroir !»

François Péters insiste : «Les vignerons ne doivent pas craindre de présenter leur vins clairs en dégustation. Il ne s’agit pas d’une compétition. Juste de présenter l’éventail des bons vins d’un secteur.»

Et en effet, les échantillons présentés se sont montrés à la hauteur de la réputation du village de la côte des Blancs.

«Cette dégustation nous permet de tirer la conclusion de l’année 2012. Nous vivons ensemble au fil des jours, il est normal de présenter nos futurs produits ensemble. Cela fédère d’avantage», ajoute le président de la confrérie Saint-Vincent.

C’est Jean-Michel Turgy qui ouvrit la valse des échantillons en présentant un vin clair issu de 2 parcelles de vieilles vignes (45-50 ans). Un produit mis à part s’il est source de belles sensations.

Pour le champagne Pierre Péters, Rodolphe proposa en premier lieu un échantillon provenant de 4 parcelles (Mesnil, Oger, Avize et Cramant), représentatif du millésime 2012.

Place ensuite à un mono terroir avec fermentation malolactique partielle. Une expression du Mesnil plus calcaire avec des arômes de fleurs blanches et de pêche blanche.

Parcelles prestigieuses

Pierre Amillet pour la maison Robert Moncuit était venu avec des vins en provenance de célèbres parcelles comme Les Coulmets (vin fermé hélas), et Les Chétillons (vinification en futs bourguignons, malo bloquée).

Pour le champagne Pertois-Moriset, Vincent Bauchet proposa un premier échantillon venant de la plaine du Mesnil dont la malo avait été bloquée. Un vin vieilli sur lie depuis la vendange. Ensuite, on dégusta le résultat de deux vieilles parcelles enherbées, fruit d’une volonté de faire ressortir les têtes de cuvée.

La maison De Sousa présenta un surprenant échantillon de parcelles de vieilles vignes du Mesnil cultivées en biodynamie, puis élevées en futs de 5 à 8 ans en utilisant de levures indigènes. A titre de comparaison, et toujours par esprit de surprise, il fut ensuite question d’un vin de parcelles d’Avize dont les vignes sont travaillées par cheval.

Didier, du champagne Robert Charlemagne, proposa quant à lui, un premier vin de la parcelle des Coulmets (Petit rendement, arômes persistants de citrons confits). Le second échantillon concernait une parcelle à la limite du Mesnil en direction d’Oger (Vin plus gras).

Les représentants de la coopérative UPR (union des propriétaires récoltants) étaient venus en force avec Gilles Marguet, le directeur, et Michael Moussy, le chez de cave, ainsi que 3 échantillons.

En premier lieu une tête de cuvée, provenant de raisins des 6e et 7e jours de vendange ; puis une sélection associant plusieurs vieilles vignes. Un vin sans malo, destiné à un petit tirage. Et pour finir un assemblage, qui deviendra le Brut sans année, BSA, de la coopérative (85% Mesnil 2012, 15% vieux vins).

Christophe Constant, pour la maison Vergnon, avait opté pour un échantillon de 1er jour de vendange, malo bloquée provenant de vignes labourées, puis pour un vin totalement vinifié en futs de 300 litres qui sera proposer en brut nature (non dosé).

Une année de maturité

La famille Bliard-Moriset avait joué la carte d’un vin issu de vignes sur des hauteurs offrant un agréable nez confit avec une légère pointe d’oxydation.

La maison Duval-Leroy, par l’intermédiaire de Sandrine Logette, proposa un premier vin clair provenant de 4 zones prestigieuses du Mesnil regroupée en raison des conditions de rendement de 2012. Le second vin était issu d’autres secteurs du Mesnil récoltés lors de la 2e partie de la vendange. Un échantillon marqué par des arômes de litchi tant au nez qu’en bouche.

Enfin, le champagne André Jacquart, présenta un assemblage de cuvée et de 1ère taille, élaboré sans malo, et marqué par une forte sucrosité. Puis un vin clair des Chétillons avec malo bloquée.

La chef de cave, Sandrine Logette revint de manière synthétique sur la matinée : «Ce genre de rendez-vous permet d’élargir nos connaissances sur la vendanges 2012 et sur le terroir du Mesnil-sur-Oger. On peut ainsi comparer différentes techniques de vinifications comme la fermentation malolactique bloquée ou partielle. Malgré tout, il y a un dénominateur commun à ces vins. 2012 est une année de maturité où l‘on relève des notes d‘agrumes (chair). Les productions du Mesnil seront faciles à utiliser pour les assemblages. J’ai l’espoir que 2013 assurera un meilleur rendement.»

A l’issue de la dégustation, André Jacquart, en patriarche empreint de jubilation, fut fier de proposer à ses invités un millésime 2002, le dernier tirage de ce vigneron avant qu’il ne passe le flambeau à la génération suivante.

Un apéritif qui fit remonter d’une décade les participants de cette instructive dégustation, avant de faire honneur aux saveurs d’une potée champenoise arrosée par une large palette de champagnes du Mesnil-sur-Oger.

À propos de l'auteur

user_images/252928_fr__dsc2569.jpg

ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
  • 197

    Articles
  • 9

    Séries
  • 0

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!