Entre vignes et voiles, l'élan de Château Tayac

L'esprit de compétition d'un chevalier plane sur Château Tayac, dans les côtes de Bourg. Loïc Saturny, le maître chai, est expert dans des joutes modernes.
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«J’aime la compétition avant tout, mais je ne peux pas naviguer comme je veux...» Au cœur de l’océan de vignes du Château Tayac, Loïc Saturny songe souvent au véritable infini marin et à la navigation. Passionné de voile dès l’enfance, il a dû en raison de son emploi du temps professionnel juguler ses élans. Avec son frère, il pratiquait la compétition, mais le manque de temps en a voulu autrement.

Désormais, c’est vers le modélisme qu’il s’est orienté, sous le signe de la voile radio commandée. A son actif , figurent 14 modèles de navires fabriqués de ses mains, pour un total de 20 bateaux de différentes catégories à son domicile.

Compétitions

«Cela fait 9 ans que je me suis lancé dans cette voie. Dans l’absolu, il y a des compétitions tous les week-end en France. Il s’agit de voile sous toutes ses formes en n’utilisant que le vent et bien entendu aucun moteur. Les mats atteignent 2, 16 m de haut avec des dérives de 60 cm maximum. Si la coque pèse 170 g, le bateau atteint les 4,2 kg auquel on ajoute 3,2 kg de plomb.»

Les compétitions rassemblent généralement 16 navires. Loïc participe régulièrement aux championnats de France de la discipline. Sa meilleure place : 4e. Le Bordelais figure toujours en bonne position au classement national des compétiteurs, mais il avoue connaître des soucis afin d’être présent sur l’ensembles des régates.

«Les meilleurs de la discipline sont les Britanniques, les Australiens et les Néo Zélandais (un peu comme en voile classique) mais les Japonais, les Chinois et les Croates pointent depuis quelques temps le bout de leur nez...»

A noter qu’en 2010, Loïc a participé à une action de démonstrations de modélisme voile en Martinique et en Guadeloupe. Les championnats du Monde se dérouleront en octobre 2012 dans l’Hexagone en Bretagne.

Vignoble familial

Mais la passion première de Loïc Saturny est bien entendu son terroir, qu’il partage avec toute sa famille. Déjà, à l’époque gallo-romaine, le vignoble de Château Tayac était remarqué et apprécié pour la qualité et la finesse de sa production, grâce à son exposition plein sud et à la nature de son sol argilo-calcaire, certes difficile à travailler, mais d’une grand noblesse.

Face au confluent de la Dordogne et de la Garonne, le Château Tayac jouit d’un panorama inégalé sur l’estuaire de la Gironde. Il bénéficie ainsi d’un micro-climat

Pour l’anecdote, il faut savoir qu’en 1356, un valeureux chevalier, Edouard de Woodstock, connu sous le nom de « Prince Noir », annexe Bourg et transforme les maisons nobles en châteaux fortifiés, dont Tayac. Un vestige demeure : la tour de Guet. Les propriétaires actuels ont fort logiquement repris le chevalier comme emblème.

C’est en 1959 que Pierre Saturny, enfant du pays, reprend le vignoble. Désormais, avec l'aide de son épouse et de leurs deux fils, Philippe et Loïc, ils en assurent, chacun dans leurs spécialités, l’exploitation, la vinification, l’élevage du vin et sa commercialisation.

Plus de 40 années de labeur en famille ont fait de Château Tayac un des joyaux de l’appellation Côtes de Bourg.

Pierre Saturny a su transmettre, à ses fils, son savoir, son amour du terroir et du métier. S’il a passé la main, il a encore fort à faire entre l’entretien des rosiers, les conseils et les aides multiples qui le conduisent même à exercer ses talents de chef-cuisinier.

La nature est la passion de Loïc au service du vin. Le maître de chai, expérimenté, évolue dans son cadre familier, entouré de barriques ou de cuves, afin d’élever amoureusement les cuvées de Château Tayac. Ce qui ne l’empêche pas d’arpenter les rangs de vigne sur le tracteur.

60% à l’export

Son frère, Philippe est le grand technicien des machines, de l’électricité, du matériel et de la vigne.

Annick, la maman, assume l’entière gestion. Le bureau est son univers. C’est elle aussi qui reçoit les clients et leur présente le vignoble tout en assurant les dégustations.

Elle explique que le sol est de faible épaisseur : 0,30 à 080m sur roche calcaire. Bien que très difficile à travailler, il est propice à la qualité et à la finesse du vin. La proximité de la rivière préserve les vignes des gelées printanières.

En ce qui concerne l’entretien des sols, les vignes sont labourées. Les vendanges sont effectuées à la main avec sélection des raisins sur pieds. La réception de la vendange au chai se fait sur table de tri.

Sur un plan commercial, la récolte est vendue en bouteilles pour 60% à l'exportation (Europe, USA, Canada, Asie, Malaisie), pour 20% à des revendeurs

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