FAE : un œillet plus résistant, moins cher et écolo

Invention, innovation et révolution. Le FAE débarque dans l'univers de l'œillet grâce à des Ardennais.
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Un vent nouveau souffle sur le monde de l’œillet. Le FAE arrive pour la fin d'année 2010! Le test à l’arrachement est à la fois simple et sans appel. Prenez une bande en PVC avec d’un côté un œillet métallique classique et de l’autre un «Flex Adhesive Eyelet». Reliez chaque extrémité par un mousqueton à deux cordes auxquelles vous appliquez une même force de traction. Verdict: l’œillet métallique arrachera le pvc en premier alors que le FAE sera à peine déformé.

« La tension qui s’exerce sur le FAE est radiale, alors que celle sur l’oeillet en métal est vectorielle », souligne le concepteur, Salvador Fernandez. « Ce nouveau système est à la fois plus résistant, moins cher et surtout recyclable. »

Plastique contre plastique

En ce qui concerne la pose d’œillet métalliques, il existe des problèmes sur les supports fragiles ou de faibles épaisseurs. Les contraintes mécaniques structurelles ou naturelles (rafales de vent) peuvent mettre à mal les banderoles publicitaires, d’où la nécessité de confectionner un ourlet périphérique.

Il y a environ un an, Salvador Fernandez met au point une pastille adhésive de renfort pouvant s’adapter à toutes les couleurs de bâches. La pastille UAE (Universal Adhesive Eyelet) permet de réduire les risques en augmentant la résistance à la déchirure et à l’arrachement, et elle évite la confection d’un ourlet.

L’inventeur a approfondi sa réflexion en supprimant la pose d’œillet métallique. « Au-delà de l’idée, il a fallu trouver un adhésif favorisant la polymérisation », poursuit-il. « On est plastique contre plastique et vous comprenez rapidement la réduction du coût en terme de recyclage. Plus la peine de manipuler des bâches pour retirer les oeillets métalliques, avec le FAE tout part simplement vers le même circuit de retraitement. » Un gain formidable en terme de bilan Carbone.

Complémentarité

Pour la mise en œuvre de ce nouveau concept, le hasard a bien fait les choses. Originaire des Ardennes, Salvador Fernandez a croisé de manière inopinée un de ses amis d’enfance, Denis Zimmermann, devenu concepteur de machines spéciales et gérant de la société Méga-Concept-Industrie à Sedan.

« De notre travail commun afin de répondre au besoin du marché, sont nées deux machines de pose pour le FAE », explique Denis Zimmermann. « L’une manuelle destinée à la production artisanale, l’autre pneumatique pour une production professionnelle. »

La structure MCI-JSD Concept a donc vu le jour afin de veiller à la destinée du FAE. Elle compte dans ses rangs en plus des deux créateurs, Joy Zimmermann (la fille de Denis), et Patrice Lis qui assure une vaste partie de l’aspect commercial en compagnie de Salvador Fernandez.

Mais les deux amis ne se sont pas arrêtés là. Ils en sont déjà à une version soudée par ultrasons, FES, et une machine automatisée destinée aux gros faiseurs. Un procédé inexistant jusqu'à présent.

« Le marché mondial de l’œillet représente 7 milliards d’euros. Nous pouvons raisonnablement envisager d’en prendre un petit pourcentage... », plaisante Salvador Fernandez.

« L’accueil de la part des clients est très favorable, tant en France qu’à l’étranger (Portugal, Russie). Nous disposons d’un produit de complément ou de remplacement, l’idéal serait bien entendu qu’il devienne universel », se plaisent à rêver les concepteurs soucieux d'un monde moins gaspilleur.

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