La force tranquille des coteaux champenois

Dans la région de l'effervescence, des vins plus calmes n'en sont pas moins merveilleux au palais des amateurs. Voici les coteaux champenois.

Les coteaux champenois ont définitivement conquis leurs lettres de noblesse. Même si certains vignerons de la région n’élaborent du vin rouge que pour colorer et embellir leurs champagnes rosés, d’autres portent l’appellation vers les sommets.

Un bref rappel pour débuter. Les coteaux champenois rouges sont des cousins lointains du Bourgogne. En effet ils sont tous deux issus du pinot noir. Devenus AOC en 1974, ils sont aussi appelés vins natures de Champagne. Ils se boivent généralement jeunes avec des mets légers. Cependant quelques années exceptionnelles méritent de vieillir.

Coup de cœur

En premier lieu, direction Cumières, en bords de Marne pour un véritable coup de cœur. La maison René Geoffroy (les vignes sont implantées à Cumières, mais les locaux à Aÿ), forte d’un vignoble qui s’étend dans la grande vallée de la Marne, propose un vin de toute beauté. Pour son élaboration, le vigneron a préféré utiliser ses vieilles vignes de mi-côtes, "car leur production moins importante permet la récolte de raisins d’une maturité idéale."

Totalement à base de pinot noir (respectant ainsi la typicité de l’année), ce vin fait montre d’un caractère racé et soyeux. Il est le résultat d’une parfaite maturité à la vendange.

D’une couleur d’un rouge brillant et profond. Le nez est typique du pinot noir de Cumières, et laisse percevoir la cerise griotte. En bouche, les fruits rouges mêlés, et des tanins soyeux et délicats, forment un équilibre gouleyant.

D’une structure complexe et d’une profondeur agréable, il est conseillé de servir ce vin "à une température de 12° sur des viandes blanches (rôti de veau, pintade). Il sera surprenant de richesse sur certains poissons comme une sole accompagnée d’une sauce au jus de viande". La famille Geoffroy s’emploie pour ce vin à développer l’aspect gouleyant, c’est à dire un équilibre entre l’alcool, les tanins et l’acidité.

Le savoir-faire Tarlant

Dirigeons nous plus loin dans la vallée de la Marne et changeons de rive pour accéder au pittoresque village d’Œuilly. La famille Tarlant, qui s’appuie sur une tradition ancestrale, élabore un millésime 1996, contenant 80 % de pinot noir et 20 % de pinot meunier. Un vin riche de personnalité et de caractère,.

Ayant retenu des parcelles anciennes, Benoît Tarlant a su créer (une fois de plus) un vin de qualité. Au regard, il reflète une belle robe couleur rubis, et en bouche les notes de fruits rouges éclatent au palais. L’amateur décèlera aussi une touche vanillée. Un régal !

Et les blancs !

Souvenirs d’avant les bulles, les coteaux blancs sont des vins qui forcent le respect. Ils gardent les saveurs antérieures au champagne. Il faut retenir que leur élaboration, tout comme celle du champagne, peut être réalisée grâce à des raisins noirs, blancs ou encore d’assemblages.

L’Ambonnay blanc de la famille Soutiran-Pelletier, composé de 40 % de chardonnay et de 60 % de pinot noir. Un vin fruité, qui se conjugue aussi bien à l’apéritif, que sur des poissons.

A quelques kilomètres, Maurice Vesselle propose un Bouzy blanc vinifié sans fermentation malolactique et qui passe 18 mois en fûts. (85 % pinot noir, 15 % chardonnay).

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