L'autre lignée Gosset

Sur le terroir d'Aÿ, la maison Gosset-Brabant laisse agréablement s'exprimer l'esprit du pinot noir. Des productions ciselées de Christian et Michel.

«Notre famille est issue de la même lignée que la grande maison Gosset», précise Christian Gosset. «Notre grand-père, Gabriel, a commencé à vinifier à la fin des années 20, début des années 30. Alors que son frère ainé était déjà producteur, Gabriel décide d’associer le nom de son épouse, Andrée Brabant, pour se différencier. Il crée donc le champagne Gosset-Brabant, que notre père, Jean, développera.»

Jean Gosset, personnage généreux et désintéressé, restera toute sa vie d’avantage tourné vers le monde paysan que celui de la vigne, en étant à la tête d’une exploitation de polyculture et d’élevage.

C’est en 1987, que Christian et Michel décident de mettre un terme à la tradition agricole pour se concentrer sur le vignoble.

Désormais, ils sont à la tête de 9,5 ha situés majoritairement sur Aÿ, et produisent environ 50000 bouteilles.

Nombreuses dégustations

«Typicité, caractère et reflet du terroir. Bref, nous exploitons le potentiel que nous avons !», lance Christian.

Avec son frère Michel, il crée des champagnes «?sans sucre?» tout en effectuant un grand travail de sélection en fonction des parcelles (dosage de 0 à 8 g).

Les frères Gosset conduisent manuellement un superbe pressoir Coquard traditionnel, un élément essentiel de la qualité de leurs champagnes. «Cette technique de pressurage, on y croit et on maîtrise chaque lot de raisins», souligne Michel.

Les vins sont ensuite élevés en cuves inox de petite capacité, ils sont collés et non filtrés. Les champagnes sont en outre stockés entre 3 et 6 mois après dégorgement.

Les deux frères multiplient les dégustations de leurs vins et se basent aussi sur les goûts et conseils des amis. «Nous effectuons aussi beaucoup de dégustations à l’extérieur, cela permet de comparer et de connaître d’autres façons de travailler. Pour notre part, nous ne réalisons pas de filtration ou de passage au froid. Nous avons une bonne maîtrise du rendement de notre vignoble. Nous intervenons le moins possible lors de la vinification pour garder le goût originel des cuvées.»

La part belle au pinot noir

Selon Michel Gosset, il convient de ne pas trop «toucher» un vin. «Nous maîtrisons les températures», souligne-t-il. «Le seul passage au froid que nous tolérons pour nos vins, c’est lorsque nous avons un bel hiver… Nous effectuons systématiquement la fermentation malolactique, ce qui limite les problèmes.»

Les champagnes de la maison Gosset-Brabant sont au minimum élaborés avec 70% de pinot noir, le restant se partageant de moitié entre chardonnay et meunier. «Aÿ a toujours était considéré comme un mono cru», indique Christian Gosset. «C’est pourquoi nous laissons logiquement la part belle au pinot noir.»

Avant de passer en revue les champagnes de la famille, signalons dans la gamme la présence d’un coteau champenois (vin tranquille) que des vignerons de la région viennent régulièrement acheter.

Le brut Tradition 1er cru représente 50% de la production. Il s’agit d’un vin de gourmandise, tout en rondeur et en charme, très séducteur. Il est également décliné en rosé, avec de remarquables arômes de cerise.

Vin de terroir

Viennent ensuite deux cuvées Grand cru non millésimées, l’une dosée, «Réserve brut«?, l’autre pas, «Nature» (ce qui implique que le vin soit légèrement plus vieux). Les senteurs de brioches explosent au nez avec des notes de grillé des plus agréables.

Pour rendre hommage à leur grand-père, les frères Gosset ont réalisé la cuvée Gabriel. Actuellement sur le millésime 2002, la commercialisation de ce vin abordera prochainement l’année 2004. A noter pour les amateurs que quelques bouteilles de 1995 sont encore disponibles.

Un champagne en finesse qui offre une belle persistance en bouche et qui accompagnera une cuisine sophistiquée.

Enfin, leur dernière création?est un 100% pinot noir issu d’une seule année, sans pour autant être millésimé. En effet, si aucune date ne figure sur l’étiquette, c’est pourtant le reflet d’une seule vendange, pour l’heure 2005.

Doté d’une robe dorée très marquée avec des reflets roses, ce vin développe des senteurs beurrées et grillées. La bouche est large et tendue avec beaucoup de gras et une acidité pleine de fraîcheur. C’est la parfaite signature du terroir d’Aÿ !

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