Le champagne Beaufort valorise ses caves

A Bouzy, le vigneron marnais Henri Beaufort se consacre de nouveau pleinement à son exploitation, notamment la valorisation de ses caves.
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Maintenant qu’il a cédé la présidence régionale des Vignerons Indépendants de France (VIF), Henri Beaufort bénéficie de plus de temps pour son exploitation. Pendant 6 ans, jusqu’en 2010, ce vigneron de Bouzy a veillé aux intérêts d’une branche de la profession très spécifique.

"Les VIF en Champagne ont vu le jour en 1991. Avant rien n’existait pour défendre et valoriser le travail de ceux qui maîtrisent de A à Z, de la culture de la vigne à la vente sur leur exploitation. Au départ, il n’y avait que 13 membres, contre presque 300 aujourd’hui, preuve qu’en 20 ans, nous avons su nous faire connaître. Ce fut pour moi un travail très prenant, mais plaisant avec de nombreuses rencontres."

L’ex-président estime que désormais les VIF sont pris au sérieux et reconnus comme pouvant apporter des idées utiles pour l’ensemble de la profession viticole. "Nous ne sommes pas que des producteurs, puisque notre philosophie implique que nous allions au plus proche des clients. Une vente directe qui ressemble un peu à celle que choisissent des producteurs laitiers qui, au lieu de simplement livrer leur lait, investissement temps et argent afin de transformer leur matière première sur leur exploitation en fromage. Cela apporte une plus-value et des emplois sur les petites structures."

Vieux millésimes

A présent, le vigneron marnais est concentré sur son exploitation de 13 ha où travaillent deux de ses trois fils. Chaque année, le champagne Herbert Beaufort produit 130000 bouteilles, dont 2 à 3% en Bouzy rouge. Très attaché à son terroir et à sa typicité, Henri Beaufort ne manque pas de valoriser ses champagnes élaborés sans fermentation malolactique, ses vins rouges, ou encore ses belles caves où patientent ses bouteilles. La visite souterraine mérite le détour, c’est un exercice auquel le vigneron se livre avec passion. Une fois passé par la cuverie où de superbes fûts abritent vins blancs et rouges, on accède à la cave proprement dite. Ou plutôt les caves !

Deux vieilles galeries ont été réunies par une trouée qui garde en permanence les stigmates d’une humidité naturelle très marquée par endroits. C’est au terme de quelques marches qu’Henri Beaufort projette de réaliser à 10 m de profondeur une respectable vinothèque.

Objets du temps jadis

"Pour le moment, nos vieux millésimes sont stockés dans une galerie mais pas suffisamment mis en valeur pour les visiteurs. Maintenant que j’ai plus de temps, je vais pouvoir organiser tout ça avec mes enfants dans une partie des caves creusée par mon père Herbert Beaufort. Cela permettra de présenter nos plus vieilles bouteilles. En champagne, le millésime 1937 (comparable au 1987) est dans un bel état de conservation, tout comme le millésime 1959 en Bouzy rouge !"

Au passage, le vigneron souligne qu’il envisage la création d’une carte de flacons anciens de qualité à destination des amateurs. Au détour d’une galerie, on débouche dans ce qui fut une citerne. L’édifice en forme de poire (caractéristique sur le secteur de Bouzy) mérite toute l’attention des visiteurs tant pour l’architecture que pour son acoustique étrange.

Le parcours se termine par un petit musée des outils et machines du temps jadis où trônent en bonne place des objets comme des "cafetières à pyrales" utilisées pour lutter contre le parasite, ou une collection de vieux bocaux et bouteilles qui rendent hommage à la découverte de Nicolas Appert, le premier à mettre au point une méthode de conservation des aliments en les stérilisant par la chaleur dans des contenants hermétiques (bouteilles en verre puis boîtes métalliques). Encore un lieu qu’Henri Beaufort souhaite mieux organiser. Les projets ne manquent pas !

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