Le plan « Champagne » de la gendarmerie est actif

Le plan mis au point par la gendarmerie de Champagne-Ardenne devrait bientôt porter ses fruits pour défendre l'ensemble de la flilère Champagne.

Surveiller, anticiper, enquêter. Depuis 23 janvier 2012, Pascal Ferat (président du Syndicat Général des Vignerons) et Ghislain de Montgolfier (président de l’Union des Maisons Champagne) ont signé avec le colonel Didier Bolot, commandant de la région de gendarmerie de Champagne-Ardenne une convention dénommée plan «Champagne». Les actions se mettent en place au sein de chaque service et brigade.

Anticiper les actes de délinquance

«La gendarmerie s’inscrit dans la réalité d’un territoire», explique Didier Bollot «A tous les niveaux, nous avons mené une réflexion qu’il s’agisse d’enjeux économiques, de vulnérabilité potentielle, ou d’évolutions à apporter. En, il ne s’agit pas d’une mission nouvelle pour nos forces qui sont déjà impliquées dans l’IE (intelligence économique) qui représente un volet de la surveillance que nous devons exercer.»

Les élus du monde du champagne ont pu témoigner de l’excellence des relations avec la gendarmerie. Le colonel Bollot s’est interrogé sur les moyens de renforcer ce lien et d’être encore plus utile au territoire de production du roi des vins, notamment lors de périodes critiques comme les vendanges ou les fêtes de fins d’année, qui sont toujours des pics de délinquance.

«Nous avons souhaité mettre en place une hausse de notre présence, en nous focalisant dans un premier temps sur l’amélioration de la sécurité économique», poursuit le commandant de la région Champagne-Ardenne. «L’IE, c’est aussi un état d’esprit et un travail en réseau. C’est pourquoi ont vu le jour des correspondants dans ce domaine au sein de chaque brigade, avec une sensibilisation accrue envers les entreprises de la filière champagne. Nous avons élargi le dispositif aux entreprises, commerces et particuliers, en travaillant sur les condition de passage à l’acte de délinquance et comment dissuader les auteurs de ces faits. Bref, interférer pour rendre les choses plus complexes et moins attrayantes pour eux.»

Le plan «Champagne» prévoit aussi des correspondants nouvelles technologies, qui auront reçu une formation permettant des actions de sensibilisations aux risques informatiques (virus, mails malveillants, etc.). Ils seront présents dans tous les cantons, et auront la faculté de conserver des éléments de preuves tout en maintenant au sein des entreprises la capacité de communication et de travail liée au web.

«Engager une dynamique»

Le dispositif prévoit en outre un volet consacré aux atteintes à l’environnement et à la santé publique grâce à des référents et des enquêteurs, et là aussi une volonté de prévention des risques.

Dans les premiers temps de la mise en place du plan régional, un état des lieux des faiblesses évidentes est réalisé.

«Notre volonté est d’engager une dynamique. Le plan «Champagne» constitue la base d’une démarche commune, et les différents acteurs de la filière peuvent compter sur la disponibilité de la gendarmerie», souligne le colonel Bollot. «Nous accompagnerons nos échanges avec les victimes par la remise de tracts. La campagne est prévue pour durer un an dans chaque unité de gendarmerie. Je souhaite que les informations passent par le contact direct, cela renforce la démarche pédagogique».

De son côté, le procureur général Jean-François Pascal insiste sur la nécessité de changer de comportement face à la délinquance. «Je suis convaincu par l’utilité la prévention et le bien fondé d’un tel plan.»

Quant aux représentants de l’interprofession champenoise, ils ne peuvent que se féliciter d’une telle synergie, assurant une meilleure défense des intérêts du roi des vins.

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