Les jeunes vignerons veulent valoriser le champagne

L'avenir de la viticulture champenoise, ressent, plus que jamais, l'envie de faire entendre sa voix et de prendre les choses en main.
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"Choisir au lieu de subir", a rappelé Cédric Moussé, président du GDJ (groupe des jeunes), lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée à Fleury-la-Rivière dans la Marne le 25 mars.

Le thème central de l’AG millésime 2011 des jeunes vignerons de Champagne, fut la création de valeur. "En apparence, tout va bien, mais il y a le problème de la chute du prix de vente survenu en 2009. Nous avons le soucis du juste prix, car tirer les tarifs vers le bas n’est pas une solution pour les affaires."

Les enjeux: défendre l'image et la notoriété du champagne

L’image du champagne étant symbole de luxe et d’esprit festif, les jeunes viticulteurs n’entendent pas laisser accoler un prix bradé à un produit d’exception.

"L’image est fragile", poursuit Cédric Moussé. "Une réflexion a été menée depuis 6 mois pour valoriser le champagne. Les freins aux problèmes sont variés pour éviter de dénaturer l’image du roi des vins, et touchent autant le Vignoble que le Négoce."

Pour ce dernier secteur, Cédric Moussé estime que les problèmes sont liés aux politiques de marque et à la gestion de trésorerie. Pour ce qui est du vignoble, au niveau politique, la détermination des organisations professionnelles est essentielle. De plus, sur le plan humain, les vignerons doivent agir de manière collective. Enfin, les questions relatives au marketing doivent être d’avantage au centre des préoccupations des producteurs champenois.

De son côté, Sophie Cossy, vice-présidente, est revenue sur les évolutions des dernières années. Les expéditions ont progressé de 214% entre le début des années 70 et 2009. En 20 ans, le prix des vignes a été multiplié par 3. Forte de diverses autres constatations, la vice-présidente a interpellé les dirigeants sur la valorisation. "La progression par les volumes deviendra vite impossible. En terme d’image et de notoriété de notre produit, nous avons en face de nous des concurrents de plus en plus organisés, puissants et déterminés. Nous devons faire progresser les notions de "rêve" et de "fête" liées au champagne. En conséquence, il faudra accepter de voir se modifier notre clientèle, c’est notre défi."

L'avenir de la filière champagne: "valoriser, c’est se protéger"

Trois intervenants ont été invités à s’exprimer sur le sujet de la création de valeur. C’est Daniel Vatel, directeur de la filière champagne du Crédit Agricole, qui a ouvert les débats en soulignant que la valorisation passait par de la croissance. "La création de valeur améliore la performance globale de l’entreprise."

De son côté, Daniel Lorson, directeur de la communication du CIVC a mis en avant que l’objectif devait être équitablement réparti entre tous les opérateurs. "Il faut faire un bon qualitatif afin de reprendre de la distance par rapport aux concurrents. Valoriser, c’est se protéger".

Olivier Borneuf, consultant en vin et formateur, a, pour sa part, noté le "danger latent que représentent les autres vins effervescents. Leur politique tarifaire n’est pas la même que celle du champagne, pas plus que leur symbolique. En dehors des marchés classiques du champagne (célébrations, fêtes de fin d’année), les concurrents sont présents. Actuellement, la segmentation par le prix fait la part belle au champagne. Mais des appellations montent en puissance sur le marché de l’apéritif. Il faut donc justifier la valeur ajoutée du champagne dans ce domaine. Les crémants ont fait une révolution qualitative mais souffrent de la montée en puissance des effervescents étrangers. Le champagne se doit de mettre en avant des éléments de différenciation face à ces vins !"

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