Philippe Delaby président du festival de Hautvillers (Marne)

L'auteur de « Murena » et « La Complainte des landes perdues », Philippe Delaby, va régner prochainement sur le festival marnais de Hautvillers. Interview
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Les 2 expositions proposées à Hautvillers sont en quelque sorte une rétrospective. Quel regard posez-vous sur votre parcours de créateur ?

Tout d'abord, comme tout un chacun, le temps passe vite ! 1987, c’est l’année où je suis rentré dans le monde merveilleux et ô combien difficile de la BD. Les années 80, c’est la décennie de la crise avec la disparition des journaux spécialisés comme TINTIN, là même où j'ai fait mes premières armes, à savoir des histoires courtes avec pour partenaire (comme bon nombre de dessinateurs à l'époque) Yves Duval, scénariste et reporter prolifique. Ce fût pour moi un formidable tremplin et l'occasion de peaufiner mon dessin récit après récit. En dehors de l'académie des Beaux-Arts de Tournai, où j'ai suivi les cours de dessin classique, je n'ai pas de formation BD. J'ai donc appris sur le tas.

Quelles sont vos influences ?

Les années sont riches en rencontres humaines et professionnelles. Rencontre, bien sûr, avec Yves Duval qui fût un homme d'une grande culture doublée d'une simplicité et d'une gentillesse sans borne. Et puis, Jean ! Jean Dufaux, qui sera l'étincelle (en 1997) de ce dont je rêvait tant, à savoir une vraie série, une série forte. Un péplum bédéssiné ! Un vieux rêve en fait, car lorsque j'étais jeune ado, je baignais dans Alix, Les Timours, Chevalier Ardant, etc. Et au cinéma, c'était Ben-Hur, Spartacus et bien d'autres. De plus, et chose étonnante, ma toute première histoire courte chez TINTIN s'intitulait " La dernière sortie des gladiateurs ". La boucle était bouclée !

Depuis la rencontre et la collaboration avec Jean Dufaux, je ne cesse de me remettre en question afin de progresser encore et encore et tout cela dans le plaisir et la bonne humeur avec l'envie chaque fois de se dépasser. En ce sens, Jean est un fameux moteur, devenu maintenant un vieux complice.

Etre président d'honneur d'un festival, ça représente quoi pour vous ?

Obtenir un sceptre et malmener mes sujets (rires) ! Blague à part, c'est tout d'abord un grand honneur que l'on me fait. Une sorte de privilège qu'il ne faut pas bouder. Privilège d'avoir ses amis dessinateurs à ses côtés, à sa table et de partager ce moment de fête, c'est très important pour moi.

Les paysages champenois, les vignes, peuvent-ils être une source d'inspiration ?

Certes, Murena n'a pas encore mis les pieds dans cette magnifique région mais pourquoi pas, un jour peut-être. En tout cas, le champagne, c'est festif, c'est classe, et le point commun que l'on peut trouver entre le champagne et la BD, ce sont les bulles, non ? Maintenant, en allant un peu plus loin, les paysages, les vignes, cela suscite un intérêt pour votre beau pays qu'est la France ! Terre du bon vin, du champagne et de la bonne table. Et quand les papilles et l'estomac sont séduits, et bien l'homme est heureux !

- Du 11 au 17 avril : exposition "Murena" au caveau du champagne Marion-Bosser ; exposition "La Complainte des landes perdues" au caveau du champagne G. Tribaut.

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