Les conséquences surprenantes des troubles du sommeil

De nombreuses catastrophes majeures sont dues à une insuffisance de sommeil. Des milliers de vies humaines perdues à cause d'insomnies!
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De grandes catastrophes depuis quatre siècles sont dues à un état de veille prolongée de responsables ou d'exécutants.

Quelques exemples parmi tant d'autres.

1666: le grand incendie de Londres , dû à une étourderie d'un boulanger qui manquait de sommeil.

Résultat: 13 200 maisons carbonisées, 87 églises paroissiales détruites, la cathédrale Saint-Paul consumée, tout cela en quelques jours. Et, bien sûr, de nombreux décès.

1912: la tragédie du Titanic – 1500 morts. Deux veilleurs, perclus de sommeil, n'ont pas vu l'iceberg: ils avaient oublié de prendre leurs jumelles !

1944: la grande explosion de l'abri Sadi Carnot à Bres t. Un soldat allemand mal réveillé à 2 h du matin provoque un incendie d'un dépôt de munitions, puis d'un dépôt de carburant (971 morts).

1984: l'explosion à l'usine Union Carbide à Bhopal, en Ind e – 12 000 morts. Les techniciens, en pleine nuit, constatent un dysfonctionnement, mais ne réagissent pas, par manque de sommeil.

1986: l'explosion de la navette spatiale Challenge r. Les techniciens du centre de contrôle ne dormaient que 3 heures par nuit et n'ont pas pris les bonnes décisions à l'instant T.

1986: l'explosion du réacteur nucléaire à Tchernobyl (50 morts immédiates, puis 20 000 personnes tuées par la radioactivité). À 1 h du matin, les techniciens, à moitié endormis, reçoivent des ordres aberrants et les exécutent... comme des robots.

1989: la catastrophe de l'Exxon Valdez qui s'échoue au nord de l'Alaska. Le commandant était alcoolique, mais surtout, l'équipage manquait de sommeil.

1999: le pétrolier Erika sombre au large du Morbihan (10 000 tonnes de pétrole ont souillé les côtes bretonnes) – 852 morts. Entre 1 h et 2 h du matin, l'équipage était tellement épuisé qu'il a été incapable de donner les coordonnées du navire à la station de secours !

(pour compléter la liste des grandes catastrophes liées au sommeil, cliquez------------> ICI)

Heureusement, les troubles du sommeil ne provoquent pas toujours de grandes catastrophes. Par contre, les conséquences de la privation chronique de sommeil sont nombreuses sur la santé.

De nombreuses études montrent qu'elle provoque souvent une prise de poids, le diabète, la somnolence au volant, des troubles respiratoires et cardiovasculaires, des difficultés relationnelles ou une baisse des performances physiques et mentales.

(Pour plus de précisions, consulter le site de l'INSV et cliquez ------------------------> ICI)

La bonne dose de sommeil

Pendant des siècles, la vie des Français était réglée de la façon suivante: lever à 4 h pour aller travailler, coucher à 20 h. Les gens dormaient 8 heures, et minuit correspondait exactement au milieu de la nuit. Or, depuis cinquante ans, on a perdu 1 heure 30 de sommeil en moyenne. Les enfants et les adolescents prennent de mauvaises habitudes... et les gardent toute leur vie. Pourquoi cette baisse de la durée du sommeil? La télévision, bien sûr, mais aussi Internet et les jeux vidéo.

Résultat des courses: les Français sont les premiers consommateurs dans le monde de somnifères, tranquillisants ou psychotropes (68 millions de boîtes de somnifères sont consommées par an!).

45% des Français déclarent ne pas dormir suffisamment, et 12% déclarent souffrir d'insomnie sévère.

Mais que font les médecins? Curieusement, pas grand chose. Avant 2007, les étudiants en médecine consacraient à peine une heure au problème du sommeil en dix ans d'études!

Fin 2007, sous l'impulsion du ministre de la Santé Xavier Bertrand (grand insomniaque), le Plan d'action sur le sommeil (PAS) a été élaboré. Malgré un budget limité, ce PAS a le mérite d'exister. Il s'articule autour de quatre axes:

  • informer le grand public;
  • former les professionnels de santé;
  • recenser et coordonner les structures existantes;
  • proposer des recommandations sur les psychotropes et tranquillisants, et expérimenter... la sieste.

Comment améliorer le sommeil?

Quelques règles de bon sens sont nécessaires:

  • adopter un style de vie régulier;
  • éliminer les activités stressantes en fin de journée;
  • connaître et satisfaire ses besoins en sommeil – en général, de 4 à 8 heures par jour, sachant que les besoins sont différents d'une personne à l'autre. Ce n'est pas la quantité qui est primordiale, c'est la qualité: un bon sommeil, c'est lorsque l'on se réveille en forme.

Et enfin: la sieste. Été comme hiver. Pour les personnes qui prennent leur déjeuner à domicile, c'est facile. Il suffit de se coucher. Pour les personnes qui ne déjeunent pas à domicile, il existe des solutions: un fauteuil, un canapé, une cuvette de WC... Bref, un coin tranquille sur le lieu de travail, dans l'arrière-salle d'un café, chez un parent ou un ami.

Savez-vous, par exemple, que Winston Churchill, dans les pires moments de la Seconde Guerre mondiale, faisait tous les jours une vraie sieste... en pyjama?

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