Le Bénin face à la gestion intégrée de l'eau

Le potentiel en eau des cours d'eau du Bénin est globalement estimé en moyenne à 13 milliards de mètres cubes par an. Mais son usage est peu significatif.
06 Jan
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Le Bénin dispose d’importantes ressources en eau qui lui permettront de couvrir ses besoins à moyen et à long terme. Malheureusement, les conditions actuelles d’exploitation et de gestion des ressources naturelles en général constituent de sérieuses menaces pour la protection et la préservation des ressources en eau et par voie de conséquence pour la survie des générations futures. Il doit faire face à des besoins toujours croissants et aux urgences exprimées partout avec insistance. Pour ce faire, l’action du gouvernement met l’accent sur les secteurs économiques les plus aptes à générer une croissance rapide notamment l’ agriculture , l’énergie et l’industrie. Elle accorde également une priorité à la protection sanitaire des populations.

La gouvernance en eau

La problématique de la gouvernance des ressources en eau au Bénin s’articule principalement autour d’un certain nombre de points clés à savoir:

  • L’inadéquation du cadre institutionnel par rapport à l’approche de bonne gouvernance des ressources en eau qui se traduit par une gestion sectorielle:
  1. multiplicité des centres de décision
  2. insuffisance de collaboration et de concertation entre les intervenants
  3. conflits entre les différents groupes d’acteurs du secteur,
  • l’inexistence d’une politique et/ou stratégie claire et bien documentée de gestion des potentialités en eau (absence d’instruments de gestion des ressources et d’outils d’aide à la décision)
  • l’inadaptation et difficultés d’application du Code de l’eau et autres textes de lois y afférant
  • une très faible vulgarisation et diffusion des lois, décrets et autres textes juridiques
  • le manque d’information et de connaissances sur les principes et orientations sectoriels et la protection des ressources en eau au niveau des collectivités locales et de la société civile
  • la faible implication des acteurs et des usagers dans les prises de décisions
  • la faible connaissance de la ressource eau
  • la faible capacité des structures publiques tant au niveau central que décentralisé
  • l’accès difficile des populations aux infrastructures adéquates d’alimentation en eau potable et d’assainissement, à cause des déficits d’investissements, etc.

Les axes d’intervention

Six actions s’avèrent indispensable pour s’affranchir des difficultés liées à la gestion de l’eau:

  • Facilitation du processus d’adoption de la loi portant gestion de l’eau. Les efforts déployés au Bénin dans cette direction ne doivent pas se limiter à la formulation et la validation du projet de loi portant gestion de l’eau au Bénin. Il faudra également mettre en place un mécanisme dynamique afin de
  1. faciliter l’adoption et la promulgation de la nouvelle loi
  2. appuyer l’élaboration et l’application de ses principaux textes d’application (décrets, arrêtés)
  3. concevoir une démarche participative de mise en place des institutions prévues dans la nouvelle loi sur l’eau
  4. organiser des ateliers locaux de concertation et d’échange sur les institutions prévues dans le nouveau cadre juridico-institutionnel
  5. mettre en place une stratégie d’application de mesures coercitives.
  • Appui aux communes en matière de gestion de la ressource eau

  1. décliner les compétences transférées aux communes, en activités à mettre en œuvre et en déduire les capacités requises pour les communes ainsi que les besoins d’assistance, et les implications pour les structures techniques de l’Etat et la société civile
  2. apporter un appui à la maîtrise par les communes, des compétences transférées
  3. aider les communes à tenir compte des principes de gestion rationnelle et équitable de la ressource eau dans leurs programmes de développement communal, etc.
  • Renforcement de capacités des acteurs du secteur eau

Dans le cadre spécifique du programme gouvernance de l’eau, il s’agira de:

  1. identifier les besoins de renforcement des capacités des acteurs (plus particulièrement, au niveau des collectivités locales et de la société civile) en matière de gouvernance de l’eau
  2. élaborer et mettre en œuvre un plan de communication et de formation à l’endroit des collectivités locales et de la société civile
  3. élaborer et mettre en œuvre des programmes de Communication pour un Changement de comportement (CCC) sur la gouvernance de l’eau au niveau des communes et de la société civile
  4. éditer et diffuser des éléments de politiques et cadres stratégiques (principalement : politique nationale de l’eau, stratégie nationale de gouvernance de l’eau, stratégies sous-sectorielles
  5. organiser des ateliers de vulgarisation, communication et information sur la stratégie nationale de gouvernance de l’eau
  6. préparer et diffuser une plaquette faisant la synthèse de la nouvelle loi portant gestion de l’eau, de la politique nationale et de la nouvelle stratégie
  7. animer des campagnes de dialogues locaux pour limiter les activités qui provoquent la dégradation des ressources en eau
  8. concevoir et diffuser des émissions télévisées et radiophoniques en français et langues locales
  9. réaliser des spots télé sur la nouvelle loi portant gestion de l’eau et des thématiques portant sur la gouvernance de l’eau
  10. introduire formellement la problématique de gouvernance de l’eau dans les programmes scolaires, etc.
  • Harmonisation des stratégies sous-sectorielles
gestion intégrée des ressources en eau (GIRE)

Les principaux ensembles d’activités inhérentes à cette action prioritaire sont:

  1. appui de la finalisation et de l’adoption du document de politique nationale de l’eau: les principales articulations d’une stratégie univoque de gouvernance de l’eau doivent découler des orientations de la politique nationale en la matière. Cela étant, l’adoption d’une politique nationale de l’eau, dans le contexte actuel du Bénin, est un préalable à la mise en cohérence des stratégies sectorielles existantes.
  2. appui de l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion des ressources en eau en cohérence avec la politique nationale du secteur et, qui constitue la base sur laquelle seront dégagées de façon consensuelle les réformes principales à envisager
  3. définition et réalisation des études spécifiques et les activités complémentaires liées à la conduite du processus d’élaboration d’une stratégie nationale de gestion des ressources en eau
  4. organisation des ateliers de concertation des acteurs sur le contenu des rapports de consultations et de l’Avant projet de la stratégie nationale de gestion des ressources en eau
  5. organisation de la validation et appui à l’adoption de la stratégie nationale de gestion des ressources en eau.
  • Création et/ou dynamisation de cadres de concertations

  1. renforcer la coordination et la concertation sur le plan institutionnel, entre partenaires nationaux, régionaux et internationaux
  2. fournir les éléments essentiels permettant de rationaliser l'allocation des ressources en eau
  3. créer et mettre en place des mécanismes de prévention et de règlement des conflits dans le cadre d'instances formelles telles que celles prévues par la nouvelle loi sur l’eau
  4. identifier, en collaboration avec les acteurs impliqués, les lacunes dans les domaines juridiques, institutionnels, administratifs et techniques
  5. la gestion d’un tel système se doit d'être souple et mobilisatrice. Elle doit également permettre d'assurer la cohérence et l'harmonisation des activités menées par les différents opérateurs.
  • Amélioration de la connaissance de la ressource

  1. faciliter sur le plan technique, l'accès, l'échange et la circulation de données et d'informations relatives à la gestion des ressources en eau, ainsi que les informations concernant les actions encours et l'état d'avancement de la mise en œuvre des projets et programmes
  2. améliorer les flux d'informations ainsi que les outils d'aide à la prise de décisions
  3. permettre à travers sa fonction d'archivage, une réduction des risques de perte et/ou de redondance des données
  4. renforcer la coordination et la concertation sur le plan institutionnel, entre partenaires nationaux, régionaux et internationaux
  5. développer un dialogue continu avec les utilisateurs en vue d'une adaptation des bases de données à leurs besoins.
gestion durable de l’eau

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